Cameroun: Le ministre Issa Tchiroma s’attaque à Jeune Afrique et déclare que Marafa Hamidou Yaya n’est pas un détenu politique «mais un prisonnier de droit commun qui a détourné les fonds publics»

Par Adeline ATANGANA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 20-Apr-2017 - 16h08   24700                      
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Issa Tchiroma Bakary, Ministre de la Communication Archives
Ci-dessous, l'intégralité du propos liminaire de la conférence de presse animée hier à Yaoundé par le porte-parole du gouvernement

Issa Tchiroma est très fâché contre l’hebdomadaire Jeune Afrique. Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement l’a fait savoir au cours d’une conférence de presse animée très tard dans la nuit d’hier mercredi 19 avril 2017 dans les locaux du ministère de la communication à Yaoundé. Issa Tchiroma estime que depuis six ans, le journal panafricain multiplie des articles contre le Cameroun. « Toute chose qui renseigne à suffisance sur le fait d’un acharnement délibéré, d’une volonté manifeste de détruire la stabilité de nos institutions, de saper nos valeurs et de travestir la perception que le monde entier peut avoir de notre nation » déclare le ministre de la communication. Le dernier article de Jeune Afrique qui a fait sortir de ses gonds Issa Tchiroma, est une interview de Marafa Hamidou Yaya, l’ancien baron du régime Biya, publiée  il y a deux semaines sous le titre « J’ai conseillé à Paul Biya de ne pas se représenter, j’en paie aujourd’hui le prix fort ». Durant son échange avec les hommes et femmes de médias, Issa Tchiroma a dénoncé ce qu’il a qualifié d’acharnement éditorial de l’hebdomadaire Jeune Afrique sur le Cameroun.

Le porte-parole du gouvernement a annoncé la couleur de son coup de gueule dans son propos liminaire que nous vous invitons à lire ci-dessous:

 

MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION

MINISTRY OF COMMUNICATION

 

DÉNONCIATION DE L’ACHARNEMENT ÉDITORIAL DE L’HEBDOMADAIRE JEUNE AFRIQUE SUR LE CAMEROUN

 

 

CONFÉRENCE DE PRESSE

PROPOS LIMINAIRE DE

S.E.M. ISSA TCHIROMA BAKARY

MINISTRE DE LA COMMUNICATION

 

 

 

Yaoundé, 19 avril 2017


Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Dans une de ses récentes éditions, l’hebdomadaire international Jeune Afrique a publié sous le titre, je le cite « J’ai conseillé à Paul Biya de ne pas se représenter, j’en paie aujourd’hui le prix fort », fin de citation, une interview de M. MARAFA HAMIDOU YAYA, dans laquelle l’intéressé remet une couche à sa ritournelle préférée sur le statut de sa condamnation et subséquemment, les conditions de sa détention.

Comme vous le savez, M. MARAFA HAMIDOU YAYA purge actuellement une peine d’emprisonnement de 20 ans pour complicité intellectuelle et détournement de deniers publics d’une valeur de 29 millions de dollars américains, soit environ 14,5 milliards de francs CFA, somme destinée à l’acquisition d’un avion de type Boeing Business Jet 2 pour les déplacements du Chef de l’État.

Comme vous le savez aussi, M. MARAFA HAMIDOU YAYA ne cesse de clamer à qui veut l’entendre qu’il est innocent des faits pour lesquels il a été condamné, qu’il est un prisonnier politique et sa détention est du reste arbitraire.

Fidèle à cette tradition, la dernière sortie médiatique de M. MARAFA n’échappe pas à cette rengaine.

Le Gouvernement par ma voix, a dans des adresses précédentes, établi en quoi M. MARAFA est un prisonnier de droit commun, détenu dans les conditions tout à fait conformes aux règles et aux procédures en vigueur dans le droit camerounais.

Je voudrais une fois de plus le rappeler ici :

Alors qu’il occupait les fonctions de Ministre, Secrétaire Général de la Présidence, M. MARAFA HAMIDOU YAYA avait reçu mission de diligenter la procédure d’acquisition d’un aéronef affecté aux déplacements du Chef de l’État. Il va, à cet effet, faire appel à l’Administrateur Directeur Général de la Compagnie nationale de transport aérien de l’époque, la CAMAIR, en la personne de M. FOTSO Yves Michel.

Pour les besoins de la cause et au lieu de s’adresser directement à la firme Boeing, le duo MARAFA-FOTSO va solliciter les services d’une entreprise dénommée GIA International, jusque-là inconnue sur l’échiquier de l’aviation civile.

GIA International va donc servir d’intermédiaire avec la firme Boeing. À ce titre, c’est GIA qui, sur ordre de M. MARAFA, reçoit le virement bancaire d’un montant de 31 millions de dollars américains, soit environ 15,5 milliards de francs CFA débloqués par le Gouvernement camerounais.

Alerté par la Banque Nationale de Paris – laquelle avait effectué le virement en question– sur le manque de sérieux, voire l’insolvabilité de GIA International, le Gouvernement avait alors dépêché une mission de contrôle auprès du constructeur Boeing. C’est cette mission qui a permis de constater que la société Boeing n’avait reçu que deux millions de dollars de la société GIA.

Les questions demeurées à ce jour sans réponses de la part des intéressés et qui auront amené les différentes juridictions ayant connu de cette affaire à conclure à la culpabilité de M. MARAFA HAMIDOU YAYA et de ses co-condamnés, sont celles-ci : où est l’avion qui devait être acheté et qui n’a jamais été livré ? Ou à défaut, où se trouvent les 29 millions de dollars confiés à M. MARAFA HAMIDOU YAYA pour l’acquisition dudit avion?

Voilà donc pour le statut de prisonnier de M. MARAFA, qui indique clairement qu’il s’agit d’un prisonnier de droit commun, puisque l’infraction du détournement de deniers publics dont il a dûment été reconnu coupable, est une infraction de droit commun au sens de la loi pénale camerounaise en tout cas.

S’agissant maintenant des allégations de détention arbitraire dont M. MARAFA  ne se lasse de se prévaloir, on se souvient que l’intéressé avait saisi le Groupe de Travail de l’Onu sur la détention arbitraire, en demandant sur la base de cette prétention, l’annulation de son procès et sa mise en liberté immédiate.

De toutes les raisons excipées par le Groupe de Travail de l’Onu et le requérant, aucune n’avait cependant résisté à l’analyse et aux réponses pertinentes apportées par le Gouvernement.  

Il en est donc ressorti que la détention de M. MARAFA ne souffrait d’aucune irrégularité, que ce soit du point de vue de la forme que de celui du fond.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Les faits sont donc clairement établis sur le sujet MARAFA que l’hebdomadaire Jeune Afrique  a pourtant choisi de remettre au goût du jour dans l’une de ses dernières éditions.

Mais l’on peut aussi s’interroger sur la récurrence de l’hostilité éditoriale dont ce journal fait montre dans le traitement qu’il fait de toute actualité concernant notre pays.

Je m’en vais vous en donner quelques morceaux choisis.

Sur l’année 2011, le 24 avril précisément, Jeune Afrique titre : « Comment va le Cameroun ? » Toujours en 2011, le 10 octobre, le même journal revient à la charge avec un titre encore plus provocateur : « Cameroun. Paul Biya, jusqu’à quand ? »

Encore en 2011 : « Cameroun : Marafa Hamidou Yaya sur la touche » et un autre titre non moins vindicatif « Cameroun, petit peuple, grand péril ».

Passons à présent en 2012.  Et c’est la Première Dame du Cameroun qui commence à faire les frais de cette cabale sous le titre : « Chantal Biya, femme invisible », avant que le 12 novembre de la même année, le Chef de l’État  n’en redevienne lui-même la cible : « Cameroun : 1982-2012, de Biya à Biya ».

L’année d’après, le 16 juillet 2013, le Chef de l’État est mis en accusation face aux régions septentrionales sous le titre « Cameroun: Biya face au Nord ».

Deux mois plus tard, c’est l’épouvantail militaire que l’on tente cette fois-ci d’agiter. Le titre à lui seul en dit long : « Cameroun, une armée inquiète ».

Dès le début de 2014, Franck Biya, le fils aîné du Chef de l’État est à son tour allumé sous le titre : « Franck Emmanuel Biya, fils d’influence ».

Viendront ensuite, la fable sur Guérandi Mbara sous le titre : « Guérandi Mbara : le fantôme d’Étoudi », puis pour clôturer l’année, l’appel de la jeunesse à la sédition titré « Cameroun : le péril jeune ».

2015 s’ouvre sur une interview exclusive d’Yves Michel FOTSO, co-condamné de MARAFA HAMIDOU YAYA, sous le titre : « Tout est fait pour me détruire ».

2016 : interview de l’activiste défenderesse des droits des homosexuels, Me Alice NKOM, sous le titre : « Au Cameroun, les tribunaux sont aux ordres »

Toujours en 2016, la crise des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest est mise à contribution sous le titre : « Cameroun : les Anglophones en ont marre des Francophones », puis « L’Intifada des Anglophones ».

L’année 2017 va s’ouvrir sur un véritable tir de barrage : d’abord la mise en accusation du Cameroun pour la suspension du réseau internet dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest sans considération aucune des raisons légitimes ayant motivé une telle mesure.

Vient ensuite l’agitation de la fibre tribalistique sous un titre incendiaire à la Une : « Cameroun, Les Bamilékés et le pouvoir », véritable ode à la haine et à la stigmatisation sociale.

Et tel que je l’évoquais tantôt, au cours de la même période, l’inévitable sujet MARAFA, une interview exclusive de l’intéressé titrée : « J’ai conseillé à Paul Biya de ne pas se représenter, j’en paie aujourd’hui le prix fort ».

Et dans tout ceci, rien sur le succès des Lions Indomptables à la Can 2017, le sixième du genre, sinon un titre polémique : « Comment les Lions Indomptables ont-ils pu remporter la Can ? »

Jeune Afrique n’en parle pas.

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Cette évocation du reste non-exhaustive des flèches décochées par l’hebdomadaire Jeune Afrique contre notre pays, et ceci de manière constante, renseigne à suffisance sur le fait d’un acharnement délibéré, d’une volonté manifeste de détruire la stabilité de nos Institutions, de saper nos valeurs et de travestir la perception que le monde entier peut avoir de notre Nation.

Quelles peuvent donc en être les mobiles et les raisons profondes ? Naturellement, comme dans tout dessein criminel, les motivations restent inavouées. Et dans ce cas précis, le journalisme a bon dos pour justifier une telle persécution.

Mais est-ce encore du journalisme qu’il s’agit ici, lorsque des faits sont ainsi tronqués et ceci de manière grossière ?

Sinon, comment comprendre qu’à aucun moment, aucun prétexte ait jamais été bon pour Jeune Afrique pour présenter l’actualité sur un même pays – le Cameroun – autrement que sous un angle apocalyptique ? Est-ce donc à croire que le Cameroun serait cette unique terre au monde où rien ne se passerait de manière positive ?

Et pourtant, la réalité est tout à l’opposé, que Jeune Afrique se garde toujours de voir et qu’il refuse de relater.

Le Cameroun demeure à l’évidence – et n’en déplaise à ses contempteurs – l’une des figures de premier plan en Afrique.

Dans la sous-région CEMAC, notre pays fait toujours figure de locomotive économique. À l’heure actuelle, notre économie présente la meilleure résilience à la crise à laquelle tous les pays membres de la CEMAC doivent faire face suite à l’effondrement des cours du pétrole et autres matières premières. Jeune Afrique n’en parle pas.

Alors que de nombreux pays et pas des moindres, sont aujourd’hui en récession, le Cameroun affiche un taux de croissance de 5%, avec une inflation contenue à un niveau parfaitement maîtrisable : Jeune Afrique n’en parle pas.

La politique des Grandes Réalisations initiée par le Chef de l’État se poursuit avec satisfaction.

Les infrastructures de transport connaissent un développement fulgurant avec parmi les projets les plus saillants, la construction des autoroutes Yaoundé-Nsimalen, Yaoundé-Douala et Kribi-Edéa, ainsi que celle du deuxième pont sur le Wouri à Douala, les pénétrantes Est et Ouest de la ville de Douala. Jeune Afrique n’en parle pas.

La première phase du complexe industrialo-portuaire de Kribi est aujourd’hui achevée et les financements en vue de sa deuxième phase sont déjà disponibles. Jeune Afrique n’en parle pas.

Au plan énergétique, les barrages hydroélectriques de Lom Pangar, de Mekin et de Memve’ele, sont tous parvenus à leur stade de finalisation.

Il faut ajouter à cela l’ambitieux projet d’adduction d’eau de Nachtigal, le boom des infrastructures sportives ou encore la réhabilitation technique de la CRTV, et j’en passe certainement. Ça n’intéresse pas Jeune Afrique.

Dans l’optique de l’accélération de la croissance économique de notre pays, le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, a décidé de la mise en place d’un plan d’urgence triennal financé à hauteur de près de mille milliards de francs CFA. Ce plan est aujourd’hui rentré dans sa phase d’exécution, de même que le plan d’urgence septentrional concernant les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-nord. Ça n’intéresse pas Jeune Afrique.

Quant au plan triennal « Spécial Jeunes » doté d’un montant de 102 milliards de francs CFA que le  Chef de l’État le 10 février 2016, en vue de favoriser l’insertion des jeunes dans les circuits de production et de faciliter leur opérationnalisation en tant qu’acteurs du développement, il est depuis lors rentré dans sa phase effective.

Au plan touristique, véritable indicateur de l’attraction que la destination Cameroun n’a de cesse d’exercer sur les visiteurs étrangers, les statistiques officielles font état d’une progression constante allant de 669 000 touristes en 2010, 817 000 en 2012, 910 000 en 2014 à plus d’un million touristes en 2015. Jeune Afrique demeure de marbre.

En matière de maintien de la paix, le Cameroun prend une part active aux opérations de l’Onu et de l’Union Africaine destinées à résorber les crises et les conflits armés à travers le monde ; ce qui lui vaut d’ailleurs, à chaque fois, les félicitations de l’ensemble de la communauté internationale. Jamais Jeune Afrique ne s’en est ému.

Dans le même registre, notre pays abrite à ce jour plus de 600 000 réfugiés sur son sol, à la satisfaction des organisations internationales et de nombreux pays amis. C’est sans importance aux yeux de Jeune Afrique.

Face à l’agression dont le Cameroun fait l’objet de la part du groupe terroriste Boko Haram, nos Forces de Défense et de Sécurité, après avoir mené à elles seules un combat victorieux contre l’ennemi, sont aujourd’hui aux avant-postes de la coalition constituée par les pays de la ligne de front, pour porter l’estocade définitive à cet autre démembrement de l’internationale du crime. Lorsque Jeune Afrique en parle, c’est pour fustiger l’action de nos Forces de Défense et de Sécurité, les vilipender et jeter l’opprobre sur elles.

Dans le concert des nations, le Cameroun et son Illustre Chef Son Excellence Paul BIYA, jouissent d’une respectabilité que personne ne peut leur contester, en raison des valeurs qu’ils promeuvent et du respect des grands principes de la démocratie et de l’État de droit.

Le Chef de l’État camerounais fait ainsi partie de ceux de ses homologues qui retiennent l’attention des grandes nations, comme en témoignent les visites croisées effectuées par les Chefs d’État et de Gouvernement étrangers sur notre sol, et celles que le Chef de l’État effectue à l’étranger avec un retentissement exceptionnel et des retombées économiques substantielles.

Tout récemment encore, ce sont les Chefs d’État des pays membres de la CEMAC qui tous, se sont retrouvés autour du Président de la République du Cameroun et à son invitation, pour plancher sur les incertitudes économiques auxquelles la sous-région fait face à l’heure actuelle.

Comment ne pas mentionner à ce sujet le succès éclatant de la visite d’État que le Président de la République vient également d’effectuer en Italie, à l’invitation de son homologue italien ? Jeune Afrique n’en dit mot.

Au plan interne et sous la houlette de Son Excellence Monsieur le Président de la République, les Camerounais ont su bâtir autour d’eux et entre eux une culture inébranlable de paix, d’unité et de solidarité, véritable socle de la stabilité qui caractérise notre nation.

De tout cet assortiment de mérites et de points positifs que nous venons d’évoquer, Jeune Afrique n’en a cure et jamais n’en fait cas.

Alors, nous disons ceci à l’adresse de l’hebdomadaire international Jeune Afrique, ainsi qu’à celle de ses mentors et autres commanditaires :

Aujourd’hui, le Cameroun vit sa grâce sous la vertu d’un homme : le Président Paul BIYA, que ses concitoyens ont librement choisi pour incarner leur souveraineté. Et il en sera ainsi tant que le peuple camerounais le voudra. 

Jeune Afrique et ceux pour le compte de qui il agit doivent le savoir. Ils doivent aussi savoir que le peuple camerounais est un peuple mature ; qu’aucune sirène d’instrumentalisation et de déstabilisation ne saura faire déchanter les idéaux de paix, d’unité et de stabilité de la nation qu’il a choisi de faire siens.

Loin de nous de prétendre que le Cameroun serait un Eldorado, un long fleuve tranquille, un monde sans aspérités. Et d’ailleurs, quel pays au monde pourrait se prévaloir de l’être ?

Le Cameroun est un pays jeune, qui vient à peine de franchir le cap de la soixantaine de son existence en tant qu’État. Il est  donc en train de se bâtir ; et ceci grâce à ce qu’il compte de plus cher en lui, à savoir la concorde et le vouloir vivre ensemble de ses populations.

Vouloir saper une telle aspiration, fruit d’un consensus opiniâtrement construit, ne peut laisser aucun Camerounais impassible.

Au nom du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, je demande donc au peuple camerounais de demeurer vigilants face à toutes ces entreprises de manipulation et d’instrumentalisation dont il est la cible.

À vous, femmes et hommes de médias au service de notre nation, je demande d’apporter les réponses les plus appropriées à ces tentatives perfides et malheureuses, par un engagement objectif de vos positions éditoriales, au service de la vérité des faits qui sous-tend votre noble métier.

Il s’agit en l’espèce d’un devoir de responsabilité sociale et de redevance citoyenne.

Voilà, Mesdames, Messieurs les journalistes, Distingués Invités, la lettre de la communication à laquelle je vous ai convié ce jour.

Je vous remercie de votre aimable attention.  

 

ENGLISH VERSION

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MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION

MINISTRY OF COMMUNICATION

 

 

DENOUNCING THE ONGOING BIASED PROCESSING OF CAMEROON-RELATED INFORMATION BY THE JEUNE AFRIQUE WEEKLY MAGAZINE

 

 

PRESS CONFERENCE

INTRODUCTORY STATEMENT BY

H.E. ISSA TCHIROMA BAKARY

MINISTER OF COMMUNICATION

 

 

 

Yaoundé, 19 April 2017


Distinguished Journalists

Ladies and Gentlemen,

 

In a recent issue, the Jeune Afrique weekly newspaper published the interview of Mr MARAFA HAMIDOU YAYA captioned, and I quote: “I advised Paul BIYA not to vie again for presidency, and I’m paying a high price for that”, end of quote. In this interview, Mr MARAFA was echoing his good old song on the status of his condemnation and, subsequently, his detention conditions.

As you are all aware, Mr MARAFA HAMIDOU YAYA is currently serving a 20-year jail term for intellectual complicity in the embezzlement of public funds to the tune of 29 million US dollars (about 14.5 billion CFA Francs), an amount which was meant for the purchase of a Boeing Business Jet 2 aircraft to be used for the Head of State’s travels.

This notwithstanding, Mr MARAFA HAMIDOU YAYA has kept on proclaiming to whoever wishes to hear him that he is innocent of the facts for which he was convicted, and that he is a political prisoner whose detention is merely arbitrary.

His last press outing goes along to support this same view.

In previous briefings with the press, I had, on behalf of the Government, explained the reason why Mr MARAFA is a prisoner under ordinary law, detained under the conditions that are fully in compliance with the rules and procedures in force under Cameroonian law.

Allow me to refresh your memory on the issue:

While serving as Minister, Secretary General at the Presidency of the Republic, Mr MARAFA HAMIDOU YAYA, was tasked to carry out the procedure for acquiring an aircraft for the Head of State's travels. To this end, he requested the services of the General Manager of the then National Air Transport Company, CAMAIR, in the person of Mr. FOTSO Yves Michel.

To carry out this mission, instead of directly contacting the BOEING company, the MARAFA-FOTSO pair, requested the services of a company named GIA International, which was till then unknown within the civil aviation world.

GIA International therefore acted as an intermediary with BOEING. As such, it was GIA that, on the order of Mr MARAFA, received the bank transfer of 31 million US dollars (about 15.5 billion CFA Francs) disbursed by the Cameroonian Government.

Alerted by the National Bank of Paris – which made the said transfer  – on the lack of seriousness or even the insolvency of GIA International, the Government sent a control mission to the Boeing company. Thanks to this mission, it was found out that Boeing had received only 2 million dollars from GIA.

The questions which to date remain unanswered by those concerned and which have led the different jurisdictions dealing with this case to conclude that Mr MARAFA HAMIDOU YAYA and his co-convicts are guilty, thereby raising issues as follows: Where is the plane that was to be purchased and that was never delivered? Or, better still, where are the 29 million dollars entrusted to Mr. MARAFA HAMIDOU YAYA for the purchase of the said aircraft?

The foregoing explanation on Mr MARAFA’s status of prisoner clearly indicates that he is a prisoner under ordinary law, since the offence of embezzlement of public funds of which he was duly convicted is an offence under ordinary law pursuant to Cameroon’s criminal law in any case.

With regard to the continuous claims of arbitrary detention by Mr MARAFA, it should be recalled that he had referred the matter to the UN Working Group on Arbitrary Detention, asking, on this alleged motive, for the rescission of his trial and his immediate release.

None of the reasons put forward by the UN Working Group and the requestor, however, resisted the analysis and responses provided by the Government.

It was therefore found out that Mr MARAFA's detention did not suffer any irregularity, both in terms of form and substance.

 

Distinguished Journalists,

The facts are therefore clearly established on the MARAFA issue that the Jeune Afrique weekly magazine decided to bring back to the limelight in one of its recent issues.

However, we can now ask ourselves questions on what could be the real motives behind the recurrent editorial hostility of this media in its processing of any topic relating to our country.

Allow me to present to you a few illustrations:

During the year 2011, on April 24 to be precise, the headline of the Jeune Afrique's front-page was captioned: “How is Cameroon Doing?” Still in 2011, on October 10, the same newspaper made another attempt with another not less vindictive title: “Cameroon: Paul BIYA, for How Long?”

Still in 2011: “Cameroon: MARAFA HAMIDOU YAYA out of the race, Cameroon, a minor people, a great danger”.

Let's move on to 2012. It all started with Cameroon’s First Lady under the title: “Chantal BIYA, an Invisible Woman”, then on November 12 in the same year, the Head of State was targeted again: “Cameroon: 1982-2012, from BIYA to BIYA”.

The following year, on 16 July 2013, the Head of State was indicted against the northern regions under the title: “Cameroon: BIYA against the North”.

Two months later, this time, the magazine agitated the military scarecrow. The title alone spoke volumes: “Cameroon, a Worried Army”.

As of early 2014, Franck BIYA, the eldest son of the Head of State, was in turn targeted under the title: “Franck Emmanuel BIYA, an Influential Son”.

Then came the story on Guérandi Mbara captioned: “Guérandi Mbara: The Ghost of Etoudi”, then to end the year, a call to an uprising of youth under the title: “Cameroon: the Danger of the Youth”.

The year 2015 was the turn of an exclusive interview of Yves Michel FOTSO, Mr MARAFA HAMIDOU YAYA’s co-convict, under the title: “Everything is Done to Destroy me”.

Then came in 2016, the interview of the activist defendant of the rights of homosexuals, Barrister Alice NKOM, captioned: “In Cameroon, the Courts are Under Orders.”

Still in 2016, the crisis in the North-West and South-West regions was gave way to another caption: “Cameroon: Anglophones are Sick of Francophones”, in addition to that of “The Intifada of Anglophones”.

The year 2017 begun with a barrage: first of all, Cameroon was accused of suspending the Internet network in the North-West and South-West regions without considering the legitimate reasons that led to this decision.

Subsequently, they waved the tribalistic sentiment under an incendiary title as headline: “Cameroon, the Bamiléké and Power”, a genuine call for hatred and social stigmatization.

And as I mentioned earlier, during the same period, the inevitable MARAFA issue resurfaced with an exclusive interview of Mr MARAFA under the headline: “I advised Paul BIYA not to vie again for presidency, and I’m paying a high price for that.”

Amid all this, nothing was said on the success of the Indomitable Lions at the 2017 Africa Cup of Nations, the sixth of its kind, but a polemic headline: “How could the Indomitable Lions win the AFCON?”

Jeune Afrique makes no mention of it.

Distinguished Journalists,

The foregoing non-exhaustive account of Jeune Afrique’s constant criticism levelled at our country is sufficient testimony that we are facing a genuine case of obstinacy, a deliberate will to undermine the stability of our institutions and our values and to misrepresent our country on the world stage.

What, therefore, may be the motivations and underlying reasons of such obstinacy?

Obviously, as it is the case with any criminal deed, the motivations remain covert. And in this specific case, journalism is a good excuse for such persecution. But then, are we still dealing with journalism when facts are gruesomely distorted?

If that is not the case, how then can we understand that at no given time this newspaper has thought it necessary to present events relating to Cameroon in a perspective other than apolyptical? Should we therefore understand that Cameroon is that lone country in the world where nothing positive ever happens?

Yet, the reality is the opposite, which Jeune Afrique always refrains from seeing and refuses to relate.

Cameroon obviously remains – and whether they like it or not – one of the leading countries in Africa.

In the CEMAC sub-region, our country always stands as the economic driver. At the time being, our economy is the most resilient to the crisis facing all CEMAC countries as a result of the collapse of oil prices and other raw materials. Jeune Afrique makes no mention of it.

Whereas several countries – and not the least – are today in recession, Cameroon’s growth rate stands at 5%, with a perfectly controlled level of inflation.

Jeune Afrique makes no mention of it.

The Major Accomplishments policy launched by the Head of State is going on satisfactorily.

Transport infrastructure are undergoing a remarkable development, some of the most notable projects being the construction of the Yaoundé-Nsimalen, Yaoundé-Douala and Kribi-Edéa motorways, as well as the construction of the second bridge over the Wouri River in Douala, the East and West access roads to Douala. Jeune Afrique makes no mention of it.

The first phase of the Kribi Industrial and port complex has now been completed, and funding for the second phase is already available. Jeune Afrique makes no mention of it.

In the energy sector, the Lom Pangar, Mekin and Memve’ele dams are all in their final phase.

To these, we must add the ambitious Nachtigal Water Supply project, the boom of sports infrastructure, the technical rehabilitation of the CRTV, just to name a few. This is of no interest to Jeune Afrique.

To speed up economic growth in our country, the President of the Republic, His Excellency PAUL BIYA, has decided to set up a three-year emergency plan funded to the tune of nearly a trillion CFA Francs. This plan is today being executed, as well as the northern emergency plan which covers the Adamawa, North and Far-North regions. This is of no interest to Jeune Afrique.

 

On February 10, the Head of State further announced a special three-year plan for the youths, worth 102 billion CFA Francs, to promote the insertion of youths in the production channels and ease their operationalisation as development actors. The plan is currently in its implementation phase.

With regard to tourism, a true indicator of Cameroon’s attractiveness on foreign visitors, official statistics report a steady progress from over 669,000 tourists in 2010, 817,000 in 2012, 910,000 in 2014, to over one million tourists in 2015. Jeune Afrique remains unmoved.

In the area of peacekeeping, Cameroon is actively involved in the United Nations and African Union operations aimed at resolving crises and armed conflicts throughout the world. This has, in each case, earned our country the congratulations of the entire international community. Jeune Afrique remains unmoved.

In the same vein, our country is home to more than 600,000 refugees, to the satisfaction of international organizations and many friendly countries. This is of no importance to Jeune Afrique.

Faced with the aggression against Cameroon by the Boko Haram terrorist group, our Defense and Security Forces, after having led a victorious battle against the enemy, are today at the forefront of the coalition built by the front line countries to definitively boot out this other embodiment of international crime. When Jeune Afrique talks about it, it is just to blame the action of our Defense and Security Forces, to vilify them and cast the shame on them.

In the concert of nations, Cameroon and its illustrious head, His Excellency Paul BIYA, enjoy some respectability that no one could challenge, mindful of the values that they promote and of the respect of the leading principles of democracy and the rule of law.

It is clear that the Head of State of Cameroon is one of those leaders who are attracting the attention of the great nations, as testified by the visits paid by foreign Heads of State and Government to our country, and those paid by our Head of State to other countries, with exceptional echoes and substantial economic spin-offs.

Most recently, all Heads of State of the CEMAC member countries gathered around the President of the Republic of Cameroon at his invitation to discuss the economic uncertainties now facing the subregion.

We cannot fail to mention the striking success of the recent State visit of the President of the Republic to Italy at the invitation of his Italian counterpart. Not a word from Jeune Afrique.

Internally, and under the leadership of His Excellency the President of the Republic, Cameroonians have been able to build, around them and among themselves, an unshakeable culture of peace, unity and solidarity, which is a genuine bedrock of the stability of our nation.

Of this array of merits and positive points that we have just mentioned, Jeune Afrique does not care and makes no mention.

Therefore, we are telling the Jeune Afrique international weekly magazine that Cameroon stands tall, under the esteemed leadership of a man: President Paul BIYA, who was freely chosen by his fellow citizens as an embodiment of their sovereignty. It shall so remain as long as the Cameroonian people will so desire.

Jeune Afrique and those on behalf of whom it is acting must know that the Cameroonian people is a mature people. No mermaid of instrumentalisation and destabilization may make them depart from the ideals of peace, unity and stability of the nation which they have made their core values.

We do not pretend that our country is an Eldorado, a long calm river, a world without hardships. Anyway, is there any such country in the world?

Cameroon is a young country, which has just reached its sixty years of existence as a State. It is therefore being built thanks to its dearest assets, namely harmony and the will to live together of its populations.

No Cameroonian therefore can remain silent faced with such obstinacy to undermine this aspiration, which is the fruit of a hard-earned consensus.

On behalf of the President of the Republic, His Excellency Paul BIYA, therefore, I once again call on the Cameroonian people to remain vigilant in the face of all these maneuvers of manipulation and instrumentalization targeting them.

To you, Media men and women at the service of our nation, I invite you to respond to these perfidious and unhappy attempts with an objective commitment in the way you process information, sticking to the truth of the facts which is a principle of your noble profession.

In the present case, this is a duty of social responsibility and citizenship.

That was, Distinguished Journalists, Ladies and Gentlemen, the substance of the communication for which I invited you today.

Thank you for your kind attention.

 

Auteur:
Adeline ATANGANA
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