Cameroun - Litige foncier: Des chefs traditionnels de la Vallée du Ntem (Sud) dénoncent «l’expropriation sauvage» de leurs terres au profit de NEO Industry, une société de droit privé

Par Béatrice KAZE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 28-Jul-2020 - 20h14   7837                      
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Forêt camerounaise archives
Pour se faire entendre, ils ont saisi le Premier ministre, Joseph Dion Ngute.

Les  gardiens des terres coutumières des populations Ntoumou et Mvae dans le département de la vallée du Ntem, dans la région du Sud, sont en colère. Ils dénoncent «l’expropriation sauvage» de leurs terres au profit d’une société de droit privé sous les noms Néo-industry, Pac et BetItis.

selon le quotidien Le Messager qui rapporte cette information dans  son édition du 28 juillet 2020, en juin 2020, ces populations ont été surprises de voir leur terrain borné, alors qu’elles n’ont pas été consultées mais plus grave n’ont jamais été indemnisées.

Pour cause, peut-on lire, «l’arrêté N°000258/Mindcaf/Sg/D141 du 03 juillet 2012 signé par l’ancien Premier ministre, Philémon Yang sous l’ère de l’ancien MINDCAF, Jacqueline Koung à Bessiké déclarant d’utilité publique les terres, d’une superficie de 66 430 hectares 20 ares, 10 centiares relatif aux travaux de construction des réserves foncières pour l’agro-industrie et les logements sociaux dans les départements de la Mvila, Océan et de la vallée du Ntem région du Sud, est caduc depuis juillet 2014».

Mais, poursuit le journal, «l’actuel MINDCAF, Henri Eyebe Ayissi, faisant fi de cela, a signé le 16 août 2016 un décret d’accord d’exploitation des baux emphytéotiques à la société Néo industry à hauteur de 26.000 hectares». Un décret qui, selon la législation camerounaise, est en violation flagrante de l’article 7 du décret No 76/766 du 27 avril 1976 fixant les modalités de gestion du domaine national. Et qui viole également la circulaire No 000009/Y.18/Mindcaf/D300 du 29 décembre 2005 qui prévoit que seul le président de la République peut signer les concessions supérieures à 100 hectares, relève notre confrère.

Au sein du département, le malaise est perceptible. «En ma qualité de président des chefs traditionnels de l’arrondissement d’Ambam où les travaux ont effectivement commencé par l’implémentation des bornes, je vous confirme que ce projet auquel vous faites allusion est inconnu non seulement des populations, mais aussi de la quasi-totalité des chefs traditionnels», avoue François Moneze, président du conseil communal des chefs traditionnels d’Ambam, dans les colonnes du journal.

«Je n’ai jamais reçu une commission présidée par une autorité quelconque à l’objet d’identifier et inventorier les biens de nos populations qui seront détruite dans le cadre de ce projet», renchérit Gabriel Ze Ndongo, représentant du chef de canton Assandjik.

Pour se faire entendre, ces autorités traditionnelles ont saisi le Premier ministre «par un recours gracieux en annulation dudit décret pour fraude et violation de la loi».

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Auteur:
Béatrice KAZE
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