Cameroun - Main tendue aux combattants séparatistes/Fai Yengo Francis (coordonnateur du CNDDR): «Depuis que nous avons reçu le tout premier ex-combattant, le 28 janvier 2019, nous n’avons tué aucun; nous n’avons envoyé aucun en prison. Il faut que les autres sortent»

Par Béatrice KAZE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 20-Nov-2020 - 10h28   8544                      
4
Francis Fai Yengo Archives
Le Coordonnateur du Comité National de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration a fait le point des activités de la structure au cours de l’installation du Coordonnateur adjoint du CNDDR, le lieutenant-Colonel Ekosso Lysonge Francis, le 18 novembre 2020.

Le Coordonnateur adjoint du Comité National de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration (CNDDR), le lieutenant-colonel Ekosso Lysonge Francis, nommé le 2 septembre 2020 par le président de la République, Paul Biya, a été officiellement été installé dans ses fonctions le 18 novembre 2020. C’était au cours d’une cérémonie présidée à Yaoundé par le Coordonnateur national du CNDDR, Fai Yengo Francis.

Le patron du CNDDR a saisi l’occasion pour adresser un message aux ex-combattants séparatistes qui ont déposé les armes et rejoint les centres de démobilisation dans les villes de Bamenda (Nord-Ouest) et de Buea (Sud-Ouest). A ceux qui sont encore en "brousse", Fai Yengo Francis a également réitéré l’appel lancé par le chef de l’Etat.  

«Je demande d’abord aux ex-combattants qui sont avec nous d’être calmes. L’Etat a une vision pour qu’ils redeviennent des Camerounais comme tous les autres. A ceux qui sont encore en brousse, nous disons que la main tendue du chef de l’Etat est sincères et permanente. Depuis que nous avons reçu le tout premier ex-combattant, le 28 janvier 2019, nous n’avons tué aucun; nous n’avons envoyé aucun en prison. Il faut que les autres sortent. L’Etat a pris des mesures pour cela. Ils ont commis des erreurs, mais ce sont nos enfants», lance-t-il dans une interview accordée au quotidien Mutations édition du 19 novembre 2020.

«En les réintégrant dans la société après leur sortie de brousse, nous donnons un exemple de pardon à tous les Camerounais», ajoute l’ancien gouverneur de région, qui invite les camerounais qui ont d’autres sons de cloche «à se joindre à nous, à se joindre à tous les Camerounais de bonne foi pour qu’on continue à sensibiliser les enfants qui se cachent encore dans la forêt. Il faut que tout le monde parle le même langage», martèle-t-il.

D’après le Coordonnateur du CNDDR, les centres de Bamenda, Buea, et Mora (Extrême-Nord) comptent aujourd’hui 500 ex-combattants. «300 sont passés, dont 200 qui ont rejoint les centres DDR de certains pays voisins et 100 qui ont commencé leur processus de réintégration. Je suis fier de dire que depuis que le chef de l’Etat a tendu sa main de paix envers ces personnes qui étaient autrefois dans un projet pas du tout orthodoxe, nous avons accueilli 800 ex-combattants. Nous menons un certain nombre de petites activités dans les centres, notamment dans l’agropastoral. Nous offrons également des formations en maçonnerie, l’électricité, la conduite, et récemment la couture et l’informatique».

Auteur:
Béatrice KAZE
 @T_B_A
Tweet
Facebook




Dans la même Rubrique