Cameroun - Manifestations anti-Biya/Mathias Eric Owona Nguini (politologue): «On veut ambazoniser tout le Cameroun»

Par Yannick A. KENNE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 20-Sep-2020 - 08h30   16589                      
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Mathias Eric Owona Nguini archives
Le vice-Recteur en charge de la recherche, de la coopération et des relations avec le monde des entreprises à l’Université de Yaoundé II, croit que la date du 22 septembre 2020 choisie par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun pour ses manifestations correspond à celle marquant le début de la crise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Les manifestations projetées par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), le mardi 22 septembre 2020, pourraient conduire à une guerre généralisée du Cameroun, déjà trituré par une crise sociopolitique dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Cette analyse est faite par le politologue Mathias Eric Owona Nguini, qui est fermement opposé à cette initiative du parti de Maurice Kamto.

Il pense que la date choisie pour ces « manifestations pacifiques » n’est pas fortuite, et renvoie au début de la guerre dans les régions anglophones. « La date n’a pas été choisie au hasard. Le 22 septembre 2016, c’est là où ça commencé. Nous sommes le 22 septembre 2020, on veut ambazoniser tout le Cameroun. C’est de ça qu’il s’agit. C’est une démarche de guerre », a-t-il déclaré lors de l’émission « Verbatim », le samedi 19 septembre 2020, sur les antennes de la radio Royal FM basée à Yaoundé. Le 22 septembre 2016 marque en effet le début des revendications corporatistes des avocats et des enseignants, qui ont dégénéré plus tard en conflit.

Il ne cautionne pas qu’une manifestation, fut-elle pacifique, appelle au départ du président de la République, lequel incarne les institutions de la République.

« Vous ne pouvez pas parler de marches pacifiques en disant que le but de la marche est de faire partir un pouvoir constitué, une autorité constituée, un personnage institutionnel, qui a acquis un mandat constitutionnel, un mandat électif, qui est l’expression souveraine du peuple camerounais. Laquelle élection a été sanctionnée par l’instance compétente en la matière, le Conseil Constitutionnel », ajoute-t-il.

Mathias Eric Owona Nguini pense que le MRC opère en marge des prérogatives dévolues à un parti politique de l’opposition, en appelant au départ systématique de Paul Biya. « Si la marche, c’était de dire que le code électoral soit révisé, moi je n’y verrai aucun inconvénient, si c’était de dire que nous sommes pour la paix –encore que ça c’est de la démagogie-, je n’y verrai aucun inconvénient. Mais à partir du moment où ils disent que Biya doit partir, ce n’est plus pacifique, parce que le président Paul Biya est un pouvoir constitué… Le rôle de l’opposant dans une démocratie représentative, n’est pas subvertir les institutions, c’est d’avoir une ligne politique qui met en question la ligne gouvernante, mais dans le respect du système institutionnel ».

Pour lui, l’ordre doit régner, et les pouvoirs publics doivent prendre leur responsabilité car, dit-il, la liberté ne doit être au-dessus de la souveraineté.

Auteur:
Yannick A. KENNE
 @yanickken39
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