Cameroun - Massacres de Kumba: Un mois après l’attaque des écoliers, le maire Gregory Mewanu rassure du retour à la sérénité dans la ville

Par Yannick A. KENNE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 25-Nov-2020 - 12h18   3116                      
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Gregory Mewanu.jpg Drioits réservés
L’édile de cette ville du Sud-Ouest exalte la mobilisation sans relâche des forces de défense et de sécurité, qui ont permis aux populations de reprendre le cours normal de leur vie, en dépit des plaies laissées par cette tragédie, et qui mettront du temps pour cicatriser.

Au mardi 24 novembre 2020, cela faisait exactement un mois que des rebelles sécessionnistes ont attaqué le samedi 24 octobre 2020, le complexe Mother Francisca International Bilingual Academuy de Kumba, dans la région du Sud-Ouest. Au cours de cette tuerie, ils avaient lâchement ôté la vie à sept écoliers, avec à la clé une dizaine d’autres grièvement blessés. Cette horrible scène suscita alors l’émoi de la communauté nationale et internationale, qui condamna à l’unisson cette odieuse attaque survenue, deux jours seulement après l’élection du maire de la ville, Gregory Ntemoyok Mewanu.

A peine le nouvel édile de Kumba savourait sa victoire, à la faveur de la reprise de l’élection préalablement annulée par la chambre administrative de la Cour suprême du Cameroun, qu’il fut horriblement refroidi par cette attentat contre l’école. Et un moins après, Gregory Ntemoyok Mewanu, qui n’a pas encore été officiellement installé dans ses fonctions, a encore vivace à l’esprit le film de cette triste journée.

«On appelle ça en anglais *baptism of fire*. Deux jours après mon élection, cette triste nouvelle que nous continuons de condamner survient. J’étais présent en face de l’hôpital de Kumba après ma séance de sport. Et subitement j’aperçois des femmes qui arrivent à l’hôpital en criant. Les victimes étaient transportées à l’hôpital, transportées par des motos. Il y avait des enfants qui étaient déjà morts, d’autres étaient blessés. J’ai couru aussi vers l’hôpital pour savoir exactement ce qui s’était passé. L’histoire était vraiment choquante», ressasse-t-il, au cours de l’émission «Ici la République», diffusée sur les antennes de Soleil FM, une radio urbaine basée à Yaoundé.

Même n’ayant pas encore pris fonction à l’avènement de cette tragédie, le nouveau patron de communauté urbaine de Kumba s’est mué en secouriste, et a aidé, avec ses futurs collaborateurs, au transfèrement de certains blessés vers les hôpitaux de Mutengené, de Buea et de Limbé, pour une meilleure prise en charge. Il s’est par ailleurs investi aux côtés des membres du gouvernement dépêchés dare-dare dans la ville, pour assurer le réconfort aux familles des enfants tués dans cette attaque.

«Depuis le 24 octobre, notre programme prévoit chaque semaine de voir comment réduire la douleur des parents directement concernés par le massacre. Et j’en profite pour remercier le chef de l’Etat Paul Biya, car cette affaire n’est pas restée celle de Kumba simplement, mais plutôt une affaire du pays tout entier […] Il a décrété un jour de deuil national par la suite, et a financé le deuil. Ses autres enfants hospitalisés ont été pris en charge par le gouvernement. Nous remercions le président de la République Paul Biya pour sa générosité», se réjouit relativement Gregory Mewanu, qui se veut rassurant et très optimiste sur le retour à la sérénité dans la ville, un mois après.

«Nous travaillons pour la paix, pour que ce type de triste événement ne puisse plus se répéter, parce que ce n’est pas ça l’identité de Kumba. Avec l’aide des forces armées, nous nous assurerons que ces séparatistes ne puissent plus jamais s’attaquer aux enfants dans les écoles, qui ont pour seul but, d’acquérir le savoir. J’en appelle aux populations d’accepter d’œuvrer pour la paix, et de rejeter la peur car, les gens sont appelés à prendre leurs responsabilités pour pouvoir protéger la ville et leurs propres vies», indique le maire de la ville de Kumba.

Il réitère avec conviction le retour au calme dans la ville, et lance un appel à l’endroit des habitants qui ont fui les combats de rebrousser chemin pour contribuer à l’édification de leur cité. «Les forces armées assurent un retour à la stabilité des activités dans la ville», martèle-t-il, non sans regretter que les populations de se plier au «Ghost town» imposé tous les lundis par les groupes armés séparatistes.

 

Auteur:
Yannick A. KENNE
 @yanickken39
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