Cameroun - Médias: Un homme d'affaires indien menace le journal Ecomatin de représailles, après la publication d'une enquête dénonçant des conditions de travail exécrables en vigueur dans ses entreprises.

Par Claude Paul TJEG | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 15-Jul-2021 - 11h29   4118                      
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Logo du journal Ecomatin CIN/Archives
La nature de ces menaces est détaillée dans un communiqué publié le jeudi 15 juillet 2021.

Le Journal Ecomatin, qui traite spécifiquement  des questions d'économie se dit menacé. Ce média à capitaux privés a rendu public le jeudi 15 juillet 2021, un communiqué dans lequel il informe l'opinion nationale de ce qu'il fait l’objet d'intimidation et de menaces de la part d'un homme d'affaires indien de 65 ans, installé au Cameroun depuis plus  de 10 ans. Cette attitude hostile envers le journal que dirige Emile Fidjeck, est motivée par la publication dans ses colonnes le 7 juillet 2021, d'une enquête mettant en lumière les conditions de travail horribles auxquelles sont soumis les Hommes, la plupart indiens, qui travaillent dans les deux entreprises (SAMMYS CREATIONS et REVES VOYAGES) appartenant à Avinash Hingorani, l'homme d'affaires susmentionné. Les témoignages recueillis auprès de ses employés partis de l'Inde pour le Cameroun, après avoir été aguichés par des promesses de fortune et de prosperité sont glaçants.

 «le principe est le même. Avinash Hingorani recrute son personnel dans les populaires villes de l’Inde, leur promettant un contrat à durée déterminé (CDD) de deux ans minimum avec un salaire de base de 25.000 roupies (185 000 francs cfa). Le modèle de contrat dont Ecomatin a obtenu copie, stipule que l’entreprise s’occupe du transport, du logement, de l’alimentation des employés : des avantages non déductibles de leurs salaires qui leur sont reversés dans leur compte en Inde. Mais une fois au Cameroun, la réalité est toute autre. Avinash Hingorani confisque systématiquement les passeports de ses employés, impose des retenues non contractuelles sur les salaires, et n’hésite pas à priver ses employés de nourriture ou à les exclure de ses logements afin de les intimider. Dans une des plaintes, un employé d’Avinash Hingorani affirme n’avoir été payé que pendant trois des 16 derniers mois qu’il a passé au Cameroun à travailler.», peut-on lire dans les colonnes d'ECOMATIN.

D'après nos confrères, les employés qui sont assez téméraires pour reclamer ce qui leur dû, font face au courroux de leur employeur, qui n'hésite pas à employer des stratagèmes innomables pour les garder sous sa coupe.

« Lorsque j’ai voulu revendiquer mon dû, il a commencé à m’intimider (…) Plusieurs fois j’ai dormi sur les escaliers sans manger. Face à mon entêtement, ils ont fait un montage vidéo avec mes images et celle d’une fille nue et ont menacé de publier cela sur la toile », rapporte un employé. «Lorsque je suis arrivé au Cameroun après avoir signé mon contrat, j’ai été informé par M Avinash que chaque faute que je commettrai entrainerait une déduction de 500 roupies indiennes (environ 5000 fcfa) de mon salaire, relate un autre. J’ai appelé ma famille pour lui parler de la situation. Le lendemain, tous mes téléphones ont été confisqués et j’ai été mis à la porte sans aucun papier » indique un autre employé, interrogé par ECOMATIN.

Visiblement courroucé par les révélations contenues dans l'enquête sus-évoquée, Avinash Hingorani, multiplie les actes d'intimidation et les menaces à l'encontre du journal pour tenter de le museler. C'est Surtout que ce dernier a annoncé qu'il compte publier une série d'articles détaillant les conditions de travail exécrables en vigueur dans ses entreprises.

«Dès publication de l’article, il a cru bon d’envoyer des messages empreints de menaces et de chantage au Directeur de publication du journal, via l’application Whatsapp Messenger, feignant ainsi d’ignorer toutes les démarches que nous avons entreprises en direction de son entreprise depuis le début de cette enquête le 14 juin 2021 [...] Dans la foulée, la rédaction d’EcoMatin a reçu en ses bureaux une sommation d’huissier, aux fins de stopper la série d’articles à paraitre dans le cadre de cette enquête», indique ECOMATIN dans son communiqué.

 

Auteur:
Claude Paul TJEG
 @T_B_D
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