Cameroun - Montée du tribalisme: Pour le GICAM «ces dérives constituent un pas dangereux et hasardeux de plus vers la dislocation de notre socle social» (communiqué)

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 07-Feb-2019 - 13h21   2746                      
1
Célestin Tawamba, nouveau président du GICAM GICAM
Le Groupement Inter-Patronal du Cameroun (GICAM) exhorte les chefs d’entreprise à ne pas céder aux appels à la division.

Les acteurs de la société civile commencent à réagir face à la montée dangereuse du discours tribal au Cameroun. Dans un communiqué rendu public le 6 février 2019, le conseil d’administration du Groupement Inter-Patronal du Cameroun (GICAM), exprime «ses vives préoccupations face à la dégradation du climat social».

«Les dérives observées ces derniers jours dans les médias et les réseaux sociaux prennent la forme d’appels incessants à opposer les uns aux autres, et à dresser les communautés ethniques nationales les unes contre les autres. Elles viennent ajouter aux graves difficultés nées du climat d’insécurité qui règne dans le pays», constate le groupe patronal.  

Pour le GICAM, «ces appels multiples à la violence heurtent notre appartenance à la nation. Ils sont une entorse à notre idéal républicain. C’est un coup porté à nos consciences. Ils constituent une violation de l’attachement que notre pays porte aux valeurs travail, effort et solidarité, sur fond de communautarismes instrumentalisés par des stigmatisations d’une ou plusieurs communautés ethniques»

L’institution que dirige Célestin Tawanba ajoute que «ces dérives constituent un pas dangereux et hasardeux de plus vers la dislocation de notre socle social indispensable pour le développement de l’activité économique». Aussi, le GICAM lance-t-il un appel en direction des «chefs d’entreprise, afin qu’ils ne cèdent pas aux appels à la division, et qu’ils soient garants de la diversité et de la cohésion au sein de leurs entreprises».  

Ci-après, le communiqué intégral:

Les dérives observées ces derniers jours dans les médias et les réseaux sociaux prennent la forme d’appels incessants à opposer les uns aux autres, et à dresser les communautés ethniques nationales les unes contre les autres. Elles viennent ajouter aux graves difficultés nées du climat d’insécurité qui règne dans le pays. 

 

Le Cameroun n’a pas besoin de nouvelles crises. Bien au contraire, nous sommes attachés à la nécessité de participer à la création d’un espace propice au bon déroulement des affaires.

Ces appels multiples à la violence heurtent notre appartenance à la nation. Ils sont une entorse à notre idéal républicain. C’est un coup porté à nos consciences. Ils constituent une violation de l’attachement que notre pays porte aux valeurs travail, effort et solidarité, sur fond de communautarismes instrumentalisés par des stigmatisations d’une ou plusieurs communautés ethniques. 

Ces dérives constituent un pas dangereux et hasardeux de plus vers la dislocation de notre socle social indispensable pour le développement de l’activité économique. 

Nous ne saurions l’accepter ! 

L’entreprise est l’ancrage de notre engagement économique et social. A ce titre, elle est le creuset de l’intégration nationale. Elle est aujourd’hui sujette au péril que représente la multiplication de ces crises. Celles-ci érodent ses capacités commerciales, de production et découragent l’élan des investisseurs envers notre pays.

L’entreprise est le reflet de la diversité du peuple camerounais. C’est pourquoi, l’entreprise doit, par la création soutenue et durable de richesses et des emplois, continuer à servir de rempart aux velléités de divisions et de rupture de notre lien national. Elle ne survivrait pas à une dégradation continue de l’environnement des affaires. 

Nous lançons un appel aux chefs d’entreprise, afin qu’ils ne cèdent pas aux appels à la division, et qu’ils soient garants de la diversité et de la cohésion au sein de leurs entreprises.  

Au final, face à la montée vertigineuse de tous ces périls, le Conseil d’administration du GICAM lance également un appel à tous, afin que tout soit mis en œuvre dans le but de préserver notre environnement économique et social, pour que l’entreprise continue de refléter cette diversité. Cet atout et cette spécificité camerounaise que les investisseurs considèrent comme une composante majeure du dynamisme et de la résilience de l’économie de notre pays.

Fred BIHINA

Auteur:
Fred BIHINA
 @t_b_d
  • E-mail 0
  • Google+
  • Tweet
  • Partagez
Dans la même Rubrique