Cameroun - Mouvement d’humeur: Une dizaine d’avocats se désolidarisent de la grève lancée par le Barreau

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 01-Dec-2020 - 14h39   9011                      
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Avocats du Cameroun Archives
Les signataires estiment que cette grève est inopportune et consacre une discrimination entre les avocats.

Depuis hier, 30 novembre 2020, les avocats inscrits au Barreau du Cameroun observent une suspension du port de la Robe sur toute l’étendue du territoire national.

Ce mouvement d’humeur, a annoncé le Conseil de l’Ordre des Avocats, sera aussi marqué par  la suspension, jusqu’à nouvel avis, de toute intervention devant les juridictions statuant en matière criminelle, à tous les degrés de juridiction, y compris la Cour Suprême et le TCS, et les juridictions statuant en matière de contentieux électoral, dont le Conseil Constitutionnel.

Les avocats, à travers cette grève, attendent dénoncer les entraves récurrentes à l’exercice de leur profession dans notre pays.

Cette décision n’est cependant pas du goût de tous les hommes en robe noire. Dix d’entre eux ont en effet saisi le Bâtonnier par intérim, via une correspondance datant du 26 novembre, pour marquer leur désolidarisation par rapport à cette grève.

Les signataires, parmi lesquels on retrouve les conseils du RDPC, le parti présidentiel, estiment que ce mouvement consacre la discrimination entre les avocats.

«Sinon, Madame le Bâtonnier, comment expliquez-vous à un avocat qui ne pratique que le contentieux criminel, qu’il ne puisse pas travailler pour subvenir à ses besoins, pendant qu’en face son confrère qui s’est spécialisé au civil et autres matières non concernées par l’article 3 ci-dessus visé, vaquera normalement à ses occupations et gagnera et gagnera noblement sa vie ?»

«Comment expliquez-vous aux avocats qui ont fait du contentieux électoral une spécialité, qu’ils ne pourront saisir l’opportunité qui s’offre à eux tous les cinq ans et pratiquer lors du contentieux électoral qui s’ouvrira à l’occasion des conseillers régionaux du 06 décembre 2020, pendant qu’en face leurs confrères non concernés par ce contentieux et ceux visés par l fameux article 3 exerceront normalement la profession et continueront de gagner noblement leur vie ?», interrogent notamment les rédacteurs.

Lettre de 10 avocats (c) capture d'écran
Auteur:
Fred BIHINA
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