Cameroun - Police municipale/Albert Dzongang: «Un civil, fut-il agent communal, n’a pas qualité pour contrôler les usagers de la voie publique»

Par Yannick A. KENNE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 09-Apr-2021 - 14h10   5150                      
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Albert Dzongang Archives
L’homme politique et affidé de Maurice Kamto, le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, a félicité le ministre de la Décentralisation et du Développement Local, Georges Elanga Obam, pour avoir interdit les uniformes estampillées «police municipale» aux agents communaux, mais l’invite à restreindre leurs compétences vis-à-vis des usagers.

Le ministre de la Décentralisation et du Développement Local, Georges Elanga Obam, a décidé de faire interdire le port des uniformes estampillées «police municipale» aux agents des communes et des communautés urbaines, pour mettre fin à la confusion qui se faisait prégnante d’avec les Forces de maintien de l’ordre. Cette mesure ministérielle est saluée à sa juste valeur par l’opposant Albert Dzongang, qui a adressé une lettre ouverte ce vendredi 9 avril 2021 au ministre pour le féliciter, mais davantage pour l’inviter à poursuivre sur cette lancée en leur déniant la compétence de procéder aux contrôles des usagers sur la voie publique.

«Un civil; fut-il agent communal n’a pas qualité pour contrôler les usagers de la voie publique. Si rien n’est fait pour arrêter ces abus, je me propose en tant que citoyen et non homme politique de prendre la tête d’une croisade contre toute personne autre que les agents de forces de maintien de l’ordre de l’Etat, qui tenterait de stopper par la force les mototaximen ou les automobilistes», argumente le leader de «La Dynamique» dans sa lettre.

Pour lui, les agents municipaux ne sauraient se substituer aux éléments des forces de l’ordre et la gendarmerie nationale. Et Même si les magistraux municipaux sont tenus dans l’exercice de leurs prérogatives, d’exercer la «police municipale», il précise que cela devrait davantage se faire avec le concours des Forces de l’ordre et de sécurité, et non avec des agents des communes.

«Les agents municipaux sont chargés de la vente des tickets de place de marché et non de contrôler les pièces professionnelles et des engins roulants sur la voie publique», précise-t-il.

On se souvient encore des affrontements violents en début mars dernier entre des agents de la mairie de la ville de Douala et les mototaximen, au sujet du contrôle du permis de conduire. Il avait fallu l’intervention des forces de maintien de l’ordre pour arriver à calmer le jeu.

 

Voici la lettre ouvert d’Albert Dzongang au ministre de la Décentralisation :

A MONSIEUR LE MINISTRE DE LA DECENTRALISATION ET DU DEVELOPPEMENT LOCAL A YAOUNDE

Objet votre message porté au préfet N0 00058/MF/MINDDEVEL/SG du 07 avril 2021 relatif au port de l’inscription « POLICE MUNICIPALE » par les agents des mairies.

Je me réjouis de constater que ma mise en garde contre cette usurpation de titre par les maires qui utilisent le nom de « Police Municipale » pour couvrir les voyous aux gros bras qu’ils déversent dans les rues pour arnaquer les usagers a été entendue par la haute autorité que vous êtes. Je voudrais en vous remerciant pour cette réaction, vous rappeler que vous avez oublié de préciser que lesdits agents communaux n’ont pas compétence pour contrôler les usagers sur la voie publique.

Je me propose de demander aux usagers si rien n’est fait, de s’opposer par tous les moyens à cette inégalité car obéir à un ordre illégal c’est faire acte de complicité. S’il est vrai que les maires exercent la police municipale dans leurs localités, ils le font avec le concours des forces de maintien de l’ordre, de la police et de la gendarmerie nationale. Un civil ; fut-il agent communal n’a pas qualité pour contrôler les usagers de la voie publique. Si rien n’est fait pour arrêter ces abus, je me propose en tant que citoyen et non homme politique de prendre la tête d’une croisade contre toute personne autre que les agents de force de maintien de l’ordre de l’état, qui tenterait de stopper par la force les mototaximen ou les automobilistes.

Les agents municipaux sont chargés de la vente des tickets de place de marché et non de contrôler les pièces professionnelles et des engins roulants sur la voie publique. Tout en espérant que vous réagirez promptement pour que force reste à la loi, je vous assure de ma disponibilité à chercher avec votre département, les voies et moyens pour régler cette situation.

En passant, je vous signale monsieur le Ministre que mon prochain combat portera sur l’abus des radars sur les routes sans tenir compte des dispositions du code de la route. Je vous le dis parce-que la loi a prévu que les amendes de la circulation appartiennent à la commune dans laquelle l’infraction a été commise. Vous êtes donc concernés par cette arnaque d’Etat.

Veuillez croire monsieur le ministre à mon engagement citoyen.

ALBERT DZONGANG, expert de la circulation routière

 

Auteur:
Yannick A. KENNE
 @yanickken39
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