Cameroun - Réaction/Cyrille Kemmegne (ancien journaliste de la CRTV en exil en France): «La mort par tortures du confrère Samuel Wazizi est, de mon point de vue, la goutte d'eau qui fait déborder le vase et donne la preuve qu'au Cameroun, la presse est mutilée, bâillonnée et généralement aux ordres»

Par Béatrice KAZE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 08-Jun-2020 - 15h48   10774                      
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Cyrille Kemmegne archives
Dans une réaction publiée dans les colonnes du quotidien Le Messager édition du 8 juin 2020, l’ancien rédacteur en chef de la CRTV Sud dénonce la mort du journaliste de Chillen Media Television (CMTV) dans la ville de Buea, région du Sud-Ouest.

De nombreux confrères installés à l’étranger, notamment en France, ont exprimé leur indignation, quatre jours après l’annonce officielle de la mort du journaliste Samuel Wazizi en détention.

Pour l’ancien rédacteur en chef de la CRTV dans la région du Sud, Cyrille Kemmegne, «la mort par tortures du confrère Samuel Wazizi est, de mon point de vue, la goutte d'eau qui fait déborder le vase et donne la preuve qu'au Cameroun, la presse est mutilée, bâillonnée et généralement aux ordres».

Le journaliste aujourd'hui exilé en France estime que «les seuls journalistes qui, dans notre pays, n'encourent aucun risque dans l'exercice de cette noble profession, sont ceux qui chantent les louanges du pouvoir, font ses éloges ou le caressent dans le sens du poil». «Honte aux bourreaux de Samuel Wazizi !», lance-t-il.

Une émotion partagée par le journaliste Éric Golf Kouatchou. Le Correspondant de Canal 2 international en France avait été  arrêté par les forces de l'ordre camerounaises. Il avait été libéré  en avril 2020 sans la moindre charge contre lui, après onze jours au secret.

«Je mesure aujourd'hui à quel point j'ai été chanceux de m'en être sorti vivant. Je me demandais ce que je faisais en cellule et surtout combien de temps ça allait encore durer…La nouvelle de la mort en détention du confrère Samuel Wazizi est un véritable coup de massue pour tous ceux qui défendent la liberté d'informer au Cameroun. Comment expliquer qu'on ait laissé l'état de santé de Samuel Wazizi se détériorer sans rien faire ?», s'interroge-t-il dans les colonnes du quotidien Le Messager.

 

 

Auteur:
Béatrice KAZE
 @T_B_A
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