Cameroun - Réclusion à perpétuité d’Ayuk Tabe et Cie : Le Redhac s’indigne contre une « plaisanterie judiciaire inique et cynique »

Par Frédéric NONOS | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 22-Aug-2019 - 11h50   2658                      
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Maximilienne Ngo Mbe Nkom, Directrice exécutif du REDHAC Archives
Sa directrice exécutive, Maximilienne Ngo Mbe, s’est exprimée au terme de cette condamnation intervenue le 20 août 2019.

Elle n’est pas allée de main morte. « Après un procès scandaleux en violation flagrante de toutes les règles et procédures judiciaires, au mépris total des directives et principes sur le droit à un procès équitable et à l'assistance judiciaire en Afrique au terme de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP) dont le Cameroun est membre signataire, dix des leaders poursuivis dans le cadre de la crise dite anglophone ont très lourdement été condamnés au petit matin de ce jour (20 août 2019) après une torture physique et psychologique sans précédent qui aura duré toute une nuit… ».

C’est la réaction de Maximilienne Ngo Mbe, à la suite de la condamnation à vie d’Ayuk Tabe et Cie par le tribunal militaire. Face à la presse le 20 août dernier à Douala, la directrice exécutive du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), juge d’« inquiétant et exaspérant » le verdict rendu par le tribunal militaire qu’elle qualifie par ailleurs de « plaisanterie judiciaire inique et cynique sans précédent dans un pays dit  de droit ».  

Plus grave, s’inquiète le Redhac, ce « déni de justice » rendu à l’endroit du leader de l’Ambazonie et de ses compères, risque davantage de semer le chaos dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. D’autant plus que « ce show judiciaire de très mauvais goût survient dans un contexte pourtant marqué par une campagne de retour à l'école dans cette partie en crise baptisée Back2School, initiée par Sisiku Ayuk Tabe et Mancho Bibixy. Mais aussi, rappelle Maximilienne Ngo Mbe, à la suite du tweet du président de la république qui prônait le pardon et la mise en place du dialogue ayant conduit à l'amorce d'un prétendu dialogue à Genève en Suisse pour trouver des voies et moyens d'un retour à la paix… ».

Tout en exigeant la libération  immédiate d’Ayuk Tabe et Cie, ainsi que toutes les personnes interpellées dans le cadre de la crise post-électorale, la directrice exécutive du Redhac pense que la résolution de la crise anglophone ne peut être amorcée que dans le cadre d’un dialogue inclusif qui se fait toujours attendre.

Auteur:
Frédéric NONOS
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