Cameroun - Réflexion: Raoul Simplice Minlo (ancien journaliste de la CRTV) tance la CRTV et Cameroon Tribune, selon lui, extrêmement inféodés au gouvernement et au RDPC

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 23-Apr-2020 - 06h43   3840                      
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Raoul Simplice Minlo Raoul Simplice Minlo
Le journaliste, aujourd’hui en service au Port de Douala, regrette le traitement fait par les deux médias d’Etat de l’actualité relative aux évènements tragiques de Ngarbuh.

S’appuyant essentiellement sur les déclarations des membres du gouvernement, la CRTV et Cameroon Tribune, les deux médias d’Etat au Cameroun, avaient soutenu mordicus le bilan de 5 personnes tuées (du fait des séparatistes) dans le massacre survenu à Ngarbuh le 14 février 2020.

Bien plus, les deux organes tançaient, à grands renforts d’éditoriaux, ceux des médias privés, les organisations de la société civile et toute autre personne qui présentaient un bilan plus important en pointant la responsabilité de l’armée.

Les conclusions du rapport d’enquête du Chef de l’Etat constituent donc un terrible désaveu pour ces deux médias qui, pour l’occasion, n’avaient pris aucune distance critique vis-à-vis de la version des faits du gouvernement, ou au minimum fait entendre un son de cloche différent.

Un comportement professionnel que stigmatise Raoul Simplice Minlo, dans un message publié le 22 avril 2020 sur sa page Facebook.

L’ancien journaliste en service à la CRTV, aujourd’hui chef du département communication du Port Autonome de Douala, estime qu’«avec l'affaire de Ngarbuh, la caporalisation des journalistes des médias prétendument de service public vient mettre au goût du jour le rôle des médias de service public au Cameroun».

«Leur extrême inféodation au gouvernement et au parti au pouvoir, le dogme des journalistes, les journalistes eux-mêmes, leur statut, le management, l'environnement juridique et réglementaire, l'outil de production, les programmes, sont autant de maladies qui empêchent ces médias de faire un aggiornamento et de jouer véritablement leurs rôles», soutient notre confrère qui sait que pour le coup, il ne se fera pas que des amis chez son ancien employeur.

Voici son texte:

"LE DROIT D'INFORMER POUR LA PRESSE PUBLIQUE AUSSI"


C'est un post d'Haman Mana qui m'inspire cette sortie.
Avec l'affaire de Ngarbuh, la caporalisation des journalistes des médias prétendument de service public vient mettre au goût du jour le rôle des médias de service public au Cameroun.

Je faisais remarquer dans un livre "la CRTV un Grand Malade? " Diagnostic fonctionnel de l'audiovisuel public" que, si les logiciels liés à la gestion des éléments d'une démocratie avaient été changés dans notre pays, celui des médias à capitaux publics ne l'a pas été. La CRTV, et j'ajouterais Cameroon Tribune, dans le traitement de l'information fonctionnent avec un logiciel qui date du parti unique (À l'époque où le ministre de l'information Vroumsia Tchinaye rappelait aux journalistes du Poste National qu'ils sont les "haut-parleurs" du gouvernement).

Leur extrême inféodation au gouvernement et au parti au pouvoir, le dogme des journalistes, les journalistes eux-mêmes, leur statut, le management, l'environnement juridique et réglementaire, l'outil de production, les programmes, sont autant de maladies qui empêchent ces médias de faire un aggiornamento et de jouer véritablement leurs rôles.

"Ngarbuh" vient mettre au goût du jour, la lettre historique des aînés Zacharie Ngniman et Antoine Marie Ngono qui, en 1990, réclamaient courageusement "le droit d'informer pour la presse publique aussi".

Auteur:
Fred BIHINA
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