Cameroun - Rentrée Scolaire 2020-2021: Des chefs d’établissements violent la politique du «Livre Unique» instaurée par le Premier Ministre

Par Béatrice KAZE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 22-Aug-2019 - 17h17   1905                      
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Manuel Scolaire archives
Certains responsables d’établissements scolaires retiennent les livres en fonction de l’argent reçu des éditeurs.

A quelques jours de la rentrée scolaire 2020-2021, les préparatifs s’intensifient. Les parents et les élèves affluent dans les librairies et espaces commerciaux à la recherche des manuels scolaires. La liste des livres est consultable  dans les établissements  et sur internet. Tous les livres ont été reconduits exceptés dans les classes de Seconde de l’enseignement général. Ceci à cause de l’introduction de nouveaux programmes notamment, ceux prescrits par le décret du 23 août 2018.

Cependant, «pour le Conseil national d’agrément des manuels scolaires et des matériels didactiques (CNAMSMD), le problème n’est pas la date à laquelle sont rendues publiques les listes mais les ajouts que font les chefs d’établissements», relève le quotidien Le Jour dans son édition du jeudi 22 août 2019.

«Les listes sont publiées cinq mois avant la rentrée quand les livres sont nouveaux dans les programmes. Cette année, les manuels sont inchangés sauf pour les classes de seconde», renseigne le Pr Marcellin Vounda Etoa, le  secrétaire permanent du Conseil National d’Agrément des Manuels Scolaires et des Matériels Didactiques.

D’après notre confrère,  le manuel scolaire a une durée de six ans dans les programmes. Rendus à la deuxième année, «les éditeurs retenus ne peuvent avoir aucune raison pour être à cours de stocks dans les productions. Le véritable problème relève des établissements scolaires. Les écoles ne respectent pas les listes instaurées par le conseil».

Les chefs d’établissements ne respectent pas les livres officiels. Ils se sont habitués à être monnayés par les éditeurs. Par conséquent, ils retenaient les livres en fonction de ce que leur payaient les éditeurs. Aujourd’hui, avec la politique du manuel scolaire du livre unique, «les éditeurs non-retenus veulent écouler les livres qui n’ont pas été retenus», explique le professeur Marcellin Vounda.

Cette pratique est pourtant passible de sanctions. «Toutes les écoles du primaire et du secondaire sont dépendantes du MINESEC et du MINEDUB. Ce qui fait que ces pratiques vont contre leurs tutelles et contre le décret du Premier ministre relatif à la politique du livre. Ils s’exposent donc à des sanctions prévues par la loi».  D’après le Pr Marcellin Vounda, «le conseil a demandé à tous les acteurs (parents et libraires) de faire remonter toutes les listes illégales».

Auteur:
Béatrice KAZE
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