Cameroun - Retrait de la CAN au Cameroun/Abdouraman Hamadou: «La seule chose à faire est d’aller devant le TAS»

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 03-Dec-2018 - 18h57   7001                      
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Abdouraman Abdouraman
Le président d’Etoile filante de Garoua habitué des recours auprès du TAS explore les voies d’un appel du Cameroun, dans une interview accordée au quotidien Le Jour ce 3 décembre 2018.

Question : Le Cameroun vient de se voir retirer l’organisation de la CAN

2019 par la CAF. Peut-on avoir votre réaction ?

Abdouraman Hamadou : Je me sens humilié, insulté, comme tout Camerounais conscient et amoureux de son pays. Autour de moi, j’ai vu beaucoup de désolation mais également beaucoup de détermination. La plupart des personnes que j’ai rencontrées avaient une seule préoccupation, celle de savoir ce qu’on peut faire. C’est 99% de personnes avec qui nous avons discutées. Il y a ce sentiment d’être victime d’injustice, d’abus de pouvoir, d’avoir un honneur bafoué.

Question : On se souvient que lorsque la CAF avait changé le format de cette compétition alors qu'elle avait déjà été attribuée au Cameroun, vous aviez saisi le Tribunal arbitral sur sport (TAS) d’une requête pour contester. Quel a été le sort de cette requête ?

Abdouraman Hamadou : Nous avons dû retirer cette requête, tout simplement parce qu’à un moment donné un choix avait été fait. Celle de trouver une solution négociée et d’aller dans les discussions pour trouver un terrain d’entente. C’est pour cela que nous avons retiré cette plainte qui avait été déposée au mois de juillet 2017. Tout ça est derrière nous. Aujourd’hui, tout le monde dit que j’avais raison, que j’ai vu les choses avant tout le monde. Mais ce n’est pas l’essentiel. Aujourd’hui on peut accorder un peu de crédit à ce qu’on dit et l’essentiel est qu’on prenne conscience qu’il s’agit de l’image, de la crédibilité de nos institutions, de la parole du président de la République, qui est la pure institution. Il s’agit de notre fierté, de notre amour propre en tant que Camerounais. Nous devons oublier tout ce qui s’est passé et regarder de l’avant et trouver des solutions. Ce qu’il faut faire, c’est comment y aller et avec qui y aller.

Question : Selon vous, n’y a-t-il pas lieu de contester cette décision de la CAF sur le plan juridique et quelles seraient nos chances dans ce cas ?

Abdouraman Hamadou : Avec un peu de recul, au regard du déroulement des choses, on se rend compte que c’est quelque chose qui a été planifié. La seule chose à faire, c’est de contester cette décision en s’appuyant sur les voies qu’offrent les dispositions statutaires et réglementaires de la CAF et/ou de la FIFA. La seule chose à faire pour laver notre honneur, c’est d’aller devant les juridictions compétentes. A mon humble avis, compte tenu de ce qu'on voit dans ce dossier et des évènements qui se sont enchaînés depuis l’annonce du changement du nombre d’équipes participantes à la CAN 2019, la seule chose à faire est d’aller devant le TAS. Nous aurons de sérieuses chances de l’emporter, si nous sommes sérieux et que nous parlons d’une même voix et que la volonté politique suit, je n’ai pas de doute que nous pourrons ramener la Caf à de meilleurs sentiments et organiser cette CAN dans de meilleures conditions possibles, que celles qu’on avait jusqu’à présent. Dans le cadre d’une procédure, beaucoup d’aménagements peuvent intervenir, surtout que quelque part, la Caf se rend compte quelle na pas raison. Elle nous a amenés dans une logique avec laquelle elle veut nous condamner aujourd’hui. La réalité est ailleurs. Mais, il ne faut pas se diviser ; il faut regarder les choses en face. Si nous allons en rangs serrés, je n’ai pas de doute, nos chances sont très bonnes d’avoir gain de cause et ce ne sera que justice pour le Cameroun et pour le peuple qui est dans une situation de désolation.

Fred BIHINA

Auteur:
Fred BIHINA
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