Cameroun - Révélation: Blessé au front de la guerre contre les sécessionnistes, le journaliste Grégoire Djarmaila raconte l’enfer vécu dans le convoi du ministre de la défense au Sud-Ouest.

Par Adeline ATANGANA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 13-Jul-2018 - 05h36   19387                      
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Gregoire Djarmaila Facebook
«Les vitres de notre véhicule ont volé en éclats par les balles ennemies. Les débris sont venus me frapper à la joue droite. J'ai commencé à saigner pendant que le colonel Badjeck et notre Nira (garde du corps du Mindef) ripostaient de manière plus vigoureuse » extrait du témoignage du journaliste de Cameroon-Tribune

Le ministre de la défense a effectué hier jeudi 12 juillet 2018, une visite de travail au Sud-Ouest, l’une des deux Régions en proie à une guerre de sécession.

Pendant un déplacement en aller et retour entre Kumba et Small Ekombe, deux localités du département de la MEME, le convoi du ministre de la défense a été la cible d’une attaque des rebelles sécessionnistes.

Grégoire Djarmaila, notre confrère du journal gouvernemental Cameroon-Tribune, est l’un des membres de la suite du ministre qui s’en sont tirés avec des blessures.

Transféré d’urgence à l’hôpital militaire de Douala, Grégoire Djarmaila a immédiatement pensé aux siens quand il a repris ses esprits.  

« Merci beaucoup pour vos nombreux messages de réconfort. Je viens de sortir de l'hôpital militaire. Rien de grave. Les blessures légères que j'ai eu résultent des débris des vitres de notre véhicule qui a été criblé de balles comme tout le reste des véhicules du convoi. Un pansement express a été fait sur le champ parce que j'avais des saignements sur ma joue droite. C'est ce qui a justifié le gros bandage que vous avez vu sur mon visage. Le colonel médecin Abeng Mbozoo, chef de la division de la santé opérationnelle m'a fait tous les soins (antibiotiques et antitétanique). La radio de la face et de la tête (crâne) ne signale rien. Le trauma de cette scène d'horreur est plus grave que les blessures légères. Dieu était vraiment là au contrôle » rassure le journaliste.

Quelques minutes après, il a publié le nouveau texte ci-dessous pour raconter ses  

«40 minutes d’enfer » au front de la guerre entre l’armée et les insurgés qui réclament l’indépendance des deux Régions anglophones du Cameroun.

 

Témoignage de Grégoire Djarmaila

Je reviens de loin mais je viens de vivre une expérience inoubliable après plusieurs années de journalisme.

Nous avons été désigné pour accompagner le Mindef en visite de travail dans les régions du sud-ouest et du nord-ouest.

Parti de Yaoundé très tôt ce jeudi, 12 juillet à bord du MA60 de l'armée, notre délégation qui compte outre le Mindef, six généraux ( le chef d'état-major des armées, le chef d'état-major de l'armée de l'air, le chef d'état-major des sapeurs-pompiers, le comrmia2, le comrg2, le général Elokobi, le com 21eme brim), les journalistes de la Crtv, Cameroon Tribune et Canal2, avons atterri à la base aérienne 201 de douala peu avant 7h. Des éléments bien armés assurent notre protection. A bord de trois hélicoptères, nous mettons le cap sur Kumba dans le Sud-Ouest.

Après une séance de travail au camp du détachement du Bir, le Mindef décide d'aller visiter un poste avancé à Small Ekombe à 7 km de Kumba, sur l'axe Kumba-Ekondo Titi. Le convoi est composé d'une trentaine de véhicules dont un blindé dans lequel le Mindef et les officiers généreux sont embarqués.

A peine 4 km parcourus, le convoi est stoppé par une barricade érigée par des sécessionnistes. Au même moment, nos véhicules sont criblés des balles venant des maisons abandonnées par les populations ayant fui la guerre. Nos militaires ripostent de manière adéquate. Nous avançons sous cette puissance du feu jusqu'au camp du détachement de la 21eme Brim. Pour les civils que nous sommes, il fallait se coucher sous les sièges des véhicules. 

Au retour, les Ambazoniens se montrent plus déterminés. A peine sortis du camp, nous sommes attaqués. Cette fois, ils donnent l'impression d'être plus nombreux et déterminés. Au départ, ils ont concentré leurs tirs sur le blindé qui transportait le Mindef. Puis ils mitraillaient tous les véhicules du cortège. Notre chance est qu'ils utilisent les armes de chasse (de fabrication artisanale). C'est dans cette foulée que les vitres de notre véhicule ont volé en éclat par les balles ennemies. Les débris sont venus me frapper à la joue droite. J'ai commencé à saigner pendant que le colonel Badjeck et notre Nira (garde du corps du Mindef) ripostaient de manière plus vigoureuse. Nira a eu des blessures légères à la main gauche ainsi que trois autres militaires.

Ces 40 minutes d'enfer m'enseignent quatre choses :

1-Nos militaires sont hyper professionnels et bien formés

 2- Cette sale guerre est plus sérieuse qu'on ne le croit. Les Ambazozo sont déterminés à nous déstabiliser.

3-Par rapport à Boko haram, les Ambazozo sont moins armés mais plus intelligents

4- Si on veut gagner cette guerre sur le plan militaire, il faut miser sur les effectifs.

Grégoire

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Auteur:
Adeline ATANGANA
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