Cameroun - Riposte: Les notables Bamendjou exigent des excuses de la part du préfet des Hauts-Plateaux suite aux menaces proférées à leur chef, le roi Sokoudjou

Par Frédéric NONOS | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 31-Jul-2020 - 08h51   6315                      
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S.M. Jean Rameau Sokoudjou, roi bamendjou capture d'écran
Ils ont exprimé leur désapprobation dans une correspondance publiée le 30 juillet 2020.

Les notables Bamendjou (Ouest) sont remontés contre le préfet des Hauts-Plateaux, Yampen Ousmanou. Dans une correspondance publiée le 30 juillet 2020, ils exigent des excuses officielles de la part de l'autorité administrative à leur chef supérieur, Sa majesté Jean Rameau Sokoudjou, roi des Bamendjou.

Dans une lettre de mise en garde le 21 juillet 2020, Yampen Ousmanou accusait le chef supérieur Bamendjou de «rébellion», après que ce dernier a tenu le 18 juillet 2020 dans sa chefferie, une réunion du Cadre Citoyen de Concertation dénommé C3, regroupant plusieurs leaders politiques et de la société civile, au sujet du devenir du Cameroun. Le préfet avait reproché à l'influent chef traditionnel d'avoir organisé cette manifestation sans l'accord préalable de l'administration.

 « …Aussi, ai-je l'honneur de vous mettre fermement en garde qu'en cas de récidive, je prendrai toutes mes responsabilités… », avait menacé Yampen Ousmanou. Une menace jugée comme un affront par une quarantaine de notables de cette chefferie. En rappelant les combats menés pour la liberté et le progrès de leur chef, il rappelle au préfet des Hauts-Plateaux que le roi Sokoudjou est une autorité respectée de tous bords. Ses notables ont donc décidé de le défendre de toutes les menaces d’où qu’elles viennent.

Voici du reste l’intégralité de la lettre des notables au préfet des Hauts-Plateaux

  

Nous exigeons les excuses du préfet des haut-plateaux et du sous-préfet de Bamendjou. S’attaquer à Fo’o Sokoudjou c’est s’attaquer à nous et même si c’est la mort que nous porte tous!!!! »

En raison de l’humiliation de notre Naatchemah (l’animal qu’on n’attaque pas) Fo’o Sokoudjou et pour rien, nous, Notables serviteurs Bamendjou, exigeons les excuses du Préfet des hauts plateaux et de Ndergouillot Marigot Elvis, sous-préfet de l’Arrondissement de Bamendjou. Que chacun en mentant sur un innocent comme fo’o Sokoudjou cogne bien la main sur sa tête car ce sont les ancêtres qui vont vous répondre. Fo’o Soh meurt comme ça parce qu’il est soucieux de la paix et cherche toujours des solutions pour arranger. C’est quoi qu’il n’a pas encore vu?

En revisitant l’histoire, nous réalisons qu’en 1959, pour son nationalisme et son amour pour son pays, l’administration coloniale avait décidé de destituer le jeune Sokoudjou de son trône, il n’a alors que 23 ans. Tous les notables Bamendjou qui avaient participé à la réunion au palais de la chefferie Bamendjou pour donner l’onction à l’administration coloniale avaient vu leurs concessions incendiés par le peuple pour témoigner sa fidélité au fo’o bien qu’il était en prison pour délit d’opinion (son franc parler et sa vérité pour l’amour de son pays)

61 ans après, l’histoire se réecrit et cette fois, la main qui livre le Fo’o de Bamendjou ce sont les » Élites du 26 juillet » et donc la liste est désormais bien rangée dans les mémoires et les consciences. Chacun porte comme ça sa part de malchance sur la tête de cet homme Que chacun parte sur la place du marché boire sa part de cadi. Fo’o Sokoudjou, un homme qui a sacrifié toute sa vie pour ce pays, qui a mangé les cacas pour ce pays, qui a choisi d’être du côté du peuple et de porter ses souffrances.

La mise en garde du Préfet des hauts plateaux à l’endroit de notre Naatchemah FO’O soh, FO’O de Bamendjou, dont nous avons pris acte depuis sa sortie est un acte d’une extrême gravité placé en dehors de tout processus de paix, du vivre ensemble et tout ça pour rien, nous disons bien pour rien!!! Même si fo’o soh avait tué et devait être conduit à un arbre de pendaison c’est comme ça qu’on parle à un Naatchemah ? Sacrilège !!!

De tels propos suscite au plus haut point l’indignation de toute la communauté et des meutcbeufo’o que nous sommes. Le laisser-aller qui s’en dégage est fort indicateur du pourrissement moral et civique de la conscience professionnelle de cet administrateur plus orienté par ses sentiments et son bord politique que par le besoin de servir et de se rendre utile à tous les camerounais.

Connaissant que ce préfet vient d’une région ou la chefferie traditionnelle est bien ancré, nous nous demandons s’il peut adresser une telle lettre à son chef traditionnel le Sultan Roi des Bamoun ? Cet acte, comme les interdictions coloniales d’antan, vient nuire gravement à la stabilité de la conscience culturelle et traditionnelle des Bamendjou et même de toute personne ayant encore un lien avec sa culture. Il interdit les prérogatives d’un chef dans son propre domicile et d’un citoyen sans sa propre maison.

Pourtant, devant nous, notre FO’O à plusieurs reprises a reçu les militants et des cadres du RDPC, des cadres d’autres partis politiques, des religieux, des étrangers venus prendre de ses conseils et nous l’avons toujours entendu dire. » La paix n’a pas de prix et on peut bien arranger sans utiliser la force ou la violence. » Sans que cela ne fasse l’objet de mise en garde.

La chefferie, la vraie, n’a pas de barrière et chacun à accès quand et comme il veut. Le fo’o doit recevoir les fous, les infirmes, les vampires, les sorciers, les voleurs, il reçoit tous ses enfants indépendamment de leur chapelle politique, de religion ou de rang social. il écoute tout le monde et se fait alors une idée pour la bonne gestion de son village et dans l’intérêt de son peuple et non de quelques individus.

Bamendjou est une terre d’accueil et de paix, notre structuration traditionnelle nous a toujours permis de participer à la construction d’une société de paix, de justice et d’harmonie, et la seule magie que nous utilisons est l’écoute des autres, le Dialogue et l’apathie. On ne refuse jamais la visite a la chefferie, on refuse plutôt l’objet de la visite.

De ce fait, nous, Notables serviteurs du fo’o de Bamendjou, exigeons que ces autorités d’un autre genre présentent leurs excuses au FOO de Bamendjou, SM Chendjou II Sokoudjou, et a tout le peuple indigné. Car l’affront est adressée indirectement à la communauté Bamendjou toute entière qui n’entend pas laisser qu’on instrumentalise les institutions pour nuire à ses valeurs et humilier son FOO.

Ont signés cette déclaration

Les meutcbeufo’o Sokoudjou dont les noms suivent.

Sadeuh koagueng

Sadeuh kengne

Mbo tefokam

Wutbe defotsing

Wutbe djouche

Wutbe defo po’onbo

Mbah tetsing ken

Wutbe defo kamebong

mbah takougang

MBAh satchouang

MBAh tewoua

MBAh nzongang

MBAh nzomubang

Wutbe defo ntu

Wutbe defo boukam

mbo’o pikouop

MBAh takoudoum tsimegne

Auteur:
Frédéric NONOS
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