Cameroun - Sanction: Six policiers de l’ESIR radiés pour recel d’objets issus d’un cambriolage

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 22-Oct-2019 - 14h30   4722                      
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Des policiers à Douala archives
Ils avaient vendu des ordinateurs et téléphones portables pris entre les mains d’un gang de bandits.

L’un des six policiers, l’inspecteur Essoumbo Philippe, avait saisi le Tribunal Administratif de Douala pour être réintégré. Il estimait leur radiation entachée d’irrégularités. Il a été débouté par la justice le 15 octobre 2019, informe l’hebdomadaire Kalara en kiosque le 21 octobre.

Selon le récit de notre confrère, six policiers, dont Essoumbo Philippe, appartenant aux ESIR (Equipes Spéciales d’Intervention Rapides), une unité de la police camerounaise, sont tombés sur un gang de bandits dans la nuit du 20 au 21 mai 2012 à Douala alors qu’ils étaient en patrouille.

A la vue des hommes en tenue, les malfaiteurs ont pris la poudre d’escampette, abandonnant sur place les objets qu’ils transportaient, dont deux ordinateurs et des téléphones portables.

Les policiers récupèrent les objets et les revendent le lendemain à 160 000 FCFA. Ils sont aidés dans cette entreprise par un septième policier qui facilite l’écoulement de la ‘‘marchandise’’.

L’affaire se complique lorsqu’un autre policier se plaint d’avoir été victime d’un cambriolage à son domicile. C’est alors que l’enquête permet de mettre la main sur les sept policiers impliqués dans l’affaire. Parmi eux, cite le journal, figurent Alain Engono Engono, Jonathan Esaka Mothna, Félix Olinga Tina, Paul Ndjom, Essoumbo Philippe et deux autres dont les noms n’apparaissent pas dans l’article.

Ils sont arrêtés et écroués à la prison centrale de Douala. Ils seront condamnés le 2 août 2016 pour des faits de recel et complicité de recel, par le Tribunal de Grande Instance du Wouri. Ils écopent d’une peine de dix ans de prison assortie d’un sursis sur une période de trois ans.

Mais avant, la Délégation Générale à la Sûreté Nationale (DGSN) avait ouvert une procédure disciplinaire à leur encontre pour indélicatesse et compromission. Ils sont révoqués le 28 avril 2017.

L’inspecteur Essoumbo estime que leur radiation était prématurée parce que la décision de justice rendue n’était pas encore définitive. En saisissant le Tribunal Administratif de Douala, il sollicitait sa réintégration et voulait percevoir une enveloppe de 20 millions de FCFA.

Il dénonçait aussi le fait que sur les sept policiers incriminés, six seulement avaient été radiés. Le septième ayant juste été sanctionné d’un retard d’avancement d’un an.

En réponse la DGSN a indiqué le policier non révoqué ne faisait pas partie de la patrouille et qu’il avait aidé ses complices à écouler les objets. Ce dernier a d’ailleurs été jugé et condamné pour complicité de recel alors que les six autres policiers étaient sanctionnés pour recel.

Fred BIHINA

Auteur:
Fred BIHINA
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