Cameroun - Situation politique: Le pouvoir de Yaoundé est-il isolé sur la scène internationale?

Par Béatrice KAZE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 18-Apr-2019 - 13h21   4954                      
12
Paul BIYA Archives
Après les ONG Amnesty International, Human Right Watch et International Crisis Group, des Etats et Institutions internationales partenaires du Cameroun expriment leurs préoccupations au regard de la situation politique et sécuritaire qui prévaut dans le pays.

Des déclarations alarmées sur la dégradation de la situation politique et sécuritaire au Cameroun avec à la clé l'interpellation des autorités camerounaises sur l'urgence d'y remédier sont de plus en plus régulières.

La toute dernière est «un projet de résolution du Parlement européen sur le Cameroun dans une version disponible depuis mardi dernier exclusivement en anglais. Les députés européens dans ce projet de résolution "déplorent la violence et la discrimination subies par la communauté anglophone" appelant le gouvernement à des mesures pour cesser ces violences et l'impunité des auteurs», rapporte le quotidien le jour dans son édition en kiosque ce 18 avril 2019.

Bien avant cette sortie, «le Parlement européen condamne aussi l'arrestation puis la détention de Maurice Kamto et d'autres "manifestants pacifiques" et réitère que des civils ne peuvent pas être jugés devant un tribunal militaire. Le Parlement européen demande aux autorités camerounaises de "libérer immédiatement" Maurice Kamto et ses co-détenus. Mais aussi de cesser le harcèlement et l'intimidation des acteurs politiques et surtout de lever l'interdiction systématique des manifestations publiques au Cameroun des partis politiques de l'opposition et la société civile», précise le journal.

 Avant le Parlement européen, la haute représentante de la commission de l'Union européenne, Federica Mogherini avait déjà fait écho à la détérioration de la situation politique et sécuritaire au Cameroun. Les américains aussi multiplient des signes d'inquiétude et d'exaspération vis-à-vis des autorités camerounaises.  

Jeudi dernier, lors d'un point de presse, le Sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines, Tibor Nagy a déclaré, «dans une saillie dont il a le secret, qu’après le renversement du régime d’Omar el-Bechir par le peuple soudanais, la situation sécuritaire du Cameroun préoccupe le gouvernement américain», peut-on lire.  «Après le Soudan, ma prochaine préoccupation est le Cameroun. Vous êtes sans doute au courant des violences en cours dans ce pays», a souligné le diplomate.

En France, le président Emmanuel Macron dans son message de félicitations au président Paul Biya après la présidentielle d'octobre dernier, a exprimé son inquiétude par rapport à la situation dans les régions anglophones.

 Et puis, sur le continent, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a exprimé sa préoccupation après  les récentes arrestations et détentions de plus de 200 membres des partis d’opposition suite aux manifestations du 26 janvier 2019.  «Elle recommande au gouvernement d'œuvrer à la "stabilité du pays pour une jouissance effective des droits par tous les Camerounais».

Au Cameroun, il y’a eu les sorties de Chemuta Divine Banda, président de la Commission nationale des droits de l'homme et des libertés et récemment le sénateur RDPC, centenaire, Victor Mukete, pour déplorer la dégradation de la situation politique et sécuritaire. D’après le jour, «si le ton et le rythme de ces interpellations sont inhabituels, reste qu'il s'agit de simples déclarations. Jusqu’ici, aucune sanction prononcée contre Yaoundé».

                                                                           

Auteur:
Béatrice KAZE
 @T_B_A
  • E-mail 0
  • Google+
  • Tweet
  • Partagez
Dans la même Rubrique