Cameroun - Succession de Paul Biya/Christelle Fotso (Fille de Victor Fotso et avocate au Barreau de Washington) vole au secours de son père: «Le point de vue exprimé par Victor Fotso n’est pas le mien…Ce qui m’indigne est qu’une meute sans mémoire, lynche un vieux lion, sans que les autres fauves de la forêt ne le défendent»

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 11-Mar-2019 - 12h21   15947                      
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Christelle Nadia Fotso Archives
Dans une tribune libre publiée dans plusieurs parutions ce 11 mars 2019, Christelle Nadia Fotso, Docteur en droit et avocate aux Barreaux de Washington DC et de Bruxelles, réagit à la sortie de son père qui a récemment déclaré qu’un ressortissant de la communauté Bamiléké ne pouvait pas succéder à Paul Biya.

Au cours d’un meeting de remerciement à Paul Biya le 2 mars 2019 à Bayangam dans la région de l’Ouest, le milliardaire Victor Fotso a déclaré qu’un Bamiléké, communauté dont il est issu, ne pouvait pas succéder à l’actuel Président de la République.

«Si on vous dit qu’aujourd’hui, il y a quelqu’un qui peut sortir parmi vous et aller à Etoudi, je vous jure, on vous ment. Ce n’est pas votre temps […] Votre temps va venir et je ne serai plus là. Mais vous allez voir. Un jour, vous allez entrer. C’est Ahidjo (l’ancien Président) qui nous avait dit çà. […] Allez doucement», avait alors affirmé le puissant homme d’affaires, maire de la commune de Bandjoun.

Ces propos ont évidemment choqué une partie de l’opinion, qui estime que Victor Fotso tribalise le débat de l’alternance à la tête de l’Etat. Dans une tribune libre publiée dans plusieurs parutions ce lundi 11 mars 2019, la fille du milliardaire bandjounais réagit à ce débat. Elle défend son père bec et ongles.

«Le point de vue exprimé par Victor Fotso le 2 mars dernier, n’est pas le mien. Bien que partageant un ADN génétique, nous n’avons pas le même ADN politique. Le parcours, le vécu, sont différents, tout comme la formation. Cependant, l’ossature des fondamentaux sont identiques. Particulièrement, lorsque je suis en désaccord avec lui, je défends Victor Fotso. Une fille accepte volontiers d’être le bouclier de son papa, surtout lorsqu’elle porte le nom de sa maman», écrit Christelle Nadia Fotso.

L’avocate aux Barreaux de Washington DC et de Bruxelles, titulaire d’un Doctorat en droit, rappelle que son père a le droit de donner son point de vue, fut-il impopulaire. «En plus de 93 ans d’existence, le maire de Bandjoun a, au minimum, acquis le droit de ne pas plaire à tout le monde. Il est grand temps d’arrêter de lui demander d’être quotidiennement magistral. Il l’a été quasiment toute sa vie. De grâce, n’oublions pas que Fotso Victor, même chancelant, reste Fotso Victor !», s’exclame-t-elle.

«Ce qui m’indigne est qu’une meute sans mémoire, lynche avec couardise, un vieux lion, sans que les autres fauves de la forêt ne le défendent en rappelant que si à Bandjoun, à l’Ouest, et au Cameroun, tout est permis, notre histoire et nos valeurs communes interdisent au moins une chose: lapider un sage qui n’a pas à être un enfant de chœur parce qu’en plus d’être une bibliothèque, il est un monument», conclut l’avocate.

Fred BIHINA

Auteur:
Fred BIHINA
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