Cameroun - Traque des "ennemis du Cameroun" sur les réseaux sociaux: Le journaliste Abdelaziz Mounde Njimbam répond a Ernest Obama,  "journaliste-mbéré" de Vision 4

Par | Correspondance
YAOUNDE - 25-Jul-2017 - 22h10   10794                      
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Abdelaziz Mounde Facebook
La sortie de l’employé de Vision 4 dans laquelle il demande au Délégué général à la Sureté nationale (DGSN) de traquer et  neutraliser tous ceux qui « dénigrent » le Cameroun et ses personnalités sur les réseaux sociaux a indigné une grande partie des camerounais connectés. Le journaliste  Abdelaziz Mounde résidant en France n'a pas souhaité laisser passer "les hallucinations dangereuses" de ce "Tonton Macoute de la télévision".

Le commentaire d’Abdelaziz Mounde:

Zamba ! s'exclame t-on, affligé par les dérives et les tourments du monde, chez les Mvelé, grande composante du valeureux peuple Beti. Nos opticiens et ophtalmologues savent traiter les troubles de la vue ; des affections normales. Il faut juste parfois appliquer quelques gouttes de collyre ou chausser des lunettes adaptées. Mais, que peut-on face aux troubles de la " Vision " ? Quelle potion, application, nos ancêtres d'Egypte, pères de la médecine, auraient-ils, dans leurs papyrus consacrés, prescrit pour un présentateur télé qui appelle à la traque impitoyable de renégats désignés sur la toile ? Un quidam étourdi, grisé par la couleur de sa cravate et illusionné par l'audience boursouflée de son média, qui se prend au mieux pour une annexe du Commissariat de Nsam et au pire pour un bourreau en quête de gloire. Passer à la télé, trôner à la tête d'une émission, depuis la libéralisation du paysage audiovisuel, est devenu le blanc-seing à toutes les impostures, aux délires les plus doucereux et aux dangereuses hallucinations.

C'est un supplice, pire que celui d'un homme jeté dans la fosse aux charognards, que de parler, deux jours après l'inhumation d'un preux chevalier du journalisme comme Dieudonné Tiné Pigui, d'une sorte de Tonton Macoute de la télévision. Diantre ! Peut-être est-ce faire honneur à l'insignifiance, dérouler le tapis rouge à la veulerie, tresser une couronne à Ibliss, le diable chez les musulmans, Lucifer chez les chrétiens ou Ahriman chez les zarahoustriens, le culte des anciens perses que de commenter ce sermon du pire, entendu sur les antennes d'une chaîne de télé locale.

On connaissait les appels au meurtre. Ceux des amateurs de crimes d'honneur. Tout aussi, les fatwas des mollahs ou les injonctions de Shekau et Al Baghdadi à leurs disciples de Boko Haram et de Daesh contre les impies et les infidèles : châtiments, traque, brisures en chaîne. Exactement comme ce que l'on entend au sujet de " l'interpellation des amis de ces gens..." On pensait, en Afrique centrale, après le rôle trouble de la radio des mille collines dans le génocide des Tutsis au Rwanda, que les journalistes avaient appris à chasser les mauvaises ondes. Douces illusions ? Au petit séminaire, on croyait révolue l'époque des autodafés, des Croisades et de l'Inquisition. Optimisme de la volonté au lieu du pessimisme de la raison ?

Triste réalité, à Yaoundé, au pied des douces collines, la ville où Engelbert Mveng ou Jean Marc Ela ont fait l'éloge de l'humanisme, prolifère, hélas, une faune de malfaisants, prêts à toutes les danses du ventre et au larbinisme le plus étincelant pour plaire, sous prétexte de défendre une prétendue image du Cameroun, outre à la cohue, mais plus cyniquement à des maîtres, des roitelets et des monarques de la politique locale. Chassant en meute, ils sont prêts, comme des tueurs à gage du Texas et du temps de la conquête des Amérindiens par les flibustiers espagnols, à fournir aux grands loups, de la chair fraîche, des proies idéales et des mollets de durs à cuire. Il n'y a aucun honneur à être un bébé-charognard cloné !

Si l'odyssée de ces hérétiques du patriotisme n'était qu'un voyage en eaux troubles, cela resterait de sympathiques anecdotes ou une esquisse de conte autour de Ze la panthère. Quels que soient ces Camerounais indexés par le journaliste-mbéré de Vision 4, ceux qui tiennent le gouvernail de ce bateau ivre, chargé dans ses soutes de poudre de perlimpinpin, de décoctions âcres et de fumigènes hallucinatoires, sont encore plus coupables que ces dyslexiques du journalisme. Plaire, oui il faut, à coups de démonstration aux grands de chez nous, montrer patte blanche à l'entrée des monastères du culte de l'absurdité ; ces temples en préfabriqué où, dès que l'on évoque la déstabilisation, l'image ou le rayonnement du Cameroun, l'on arrête de réfléchir, de penser et de faire appel à toute logique. Où est Lapiro pour trousser une chanson sur ces " Boutman " qui se prennent pour des " Niés " ? En tout cas, parmi les Obama, au Cameroun, au Kenya ou aux Etats-Unis, on a connu moins veule, creux, bien plus sain d'esprit et intelligent !

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