Cameroun: Un collectif d’enseignants dresse un tableau récapitulatif des violences en milieu scolaire et annonce des manifestations d’indignation.

Par Adeline ATANGANA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 24-Jan-2020 - 13h12   3244                      
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Grève des enseignants indignés à Yaoundé - 27 mars 2017 Archives
L’agression d’un enseignant dans une salle de classe au Lycée bilingue d’Ayos par un Sous-préfet, est considéré par les instituteurs comme la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

 

Longtemps moqués pour leur apathie et le manque de solidarité dans leur corps de métier, les enseignants ont pris la résolution de sortir de leur torpeur.

Dans un Appel à mobilisation générale publié le jeudi 23 janvier 2020, Jean Bessala Ngono, le président du Collectif des enseignants indignés du Cameroun (CEIC), déclare « No Chalk day », la journée du mercredi 29 janvier 2020. « Ce jour-là, tous les collègues voudront bien arborer un T-Shirt rouge, couleur du sang versé, couleur de la torture, couleur du sacrifice » indique le président du CEIC. « La journée toute entière sera consacrée à des causeries éducatives, avec les élèves à propos des violences à l’école et l’urgence de sauver cette école » explique le responsable du CEIC.

Ensuite, il invite ses collègues enseignants à une mobilisation générale à Yaoundé le jeudi 30 janvier prochain lors des obsèques du professeur Njomi Tchakounte Boris Kevin, assassiné en plein cours par son élève au lycée classique de Nkolbisson.

Avant de lancer cet appel, le collectif d’enseignants a dressé un tableau récapitulatif des violences dont ont été victimes des collègues en milieu scolaire.

« La bastonnade en novembre 2018 d’un surveillant général par un commandant de brigade au lycée bilingue de Mayo-Oulo dans la Région de l’Extrême-Nord ; la bastonnade d’une enseignante par un militaire , parent d’élève, dans une salle de classe à l’école publique du Garage militaire de Bafoussam dans la Région de l’Ouest en septembre 2019 ; l’humiliation et la garde à vue non justifiée d’un enseignant du lycée bilingue d’Avebe Asse dans la Région du Sud par ordre d’un Sous-préfet en septembre 2019 ; la bastonnade d’un Censeur et d’un Surveillant général par un gendarme au lycée bilingue de Banassama dans la Région du Littoral en novembre 2019 ; l’humiliation, l’arrestation et la garde à vue non justifiée d’un enseignant du lycée bilingue d’Ayos, dans la Région du Centre par Madame le Sous-préfet d’Ayos le 22 janvier 2020 et l’assassinat du collègue Njomi Tchakounte par son élève au lycée classique de Nkolbisson dans la Région du Centre le 14 janvier 2020 ».

Face à ce tableau effrayant, le collectif des enseignants indignés du Cameroun condamne tous ces actes d’agression et « exige des sanctions lourdes à l’encontre de quiconque agresse un enseignant dans le cadre de l’exercice de ses fonctions ».

La réaction des pourvois publics, restés jusqu’ici muets, est toujours attendue.

Auteur:
Adeline ATANGANA
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