Cameroun/France – Réaction aux marches du 22 Septembre: Le journaliste Abdelaziz Mounde contredit Célestin Djamen

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 23-Sep-2020 - 16h00   8167                      
5
Abdelaziz Mounde Facebook
Le journaliste camerounais installé en France reproche au cadre du MRC de contester à son parti des méthodes dont il a lui-même usé lorsqu’il vivait en France.

Les toutes  dernières sorties médiatiques de Célestin Djamen ne plaisent pas à Abdelaziz Moundé Njimbam. Le journaliste camerounais établi en France a réagi ce 23 Septembre sur Facebook aux propos dans lesquels le cadre du MRC fustige les manifestations du MRC de la veille tour à  tour qualifiées d’inopérantes et de « flop ».

Abdelaziz Mounde rappelle à l’ancien conseiller municipal SDF de Douala 1er qu’à partir de 2010, il organisait des manifestations  contre Paul Biya   sans se soucier du nombre de participants qu’il y avait.  « Tu justifiais ton engagement et ces actions par la nécessité de diversifier les formes d'action politique et de participation citoyenne en ne se limitant pas à l'élection », illustre l’ancien du journal Mutations.  Cela, explique –t-il, « pour faire pression. Pour forcer la nature du politique, réticent aux changements »

De Djamen Moundé dit savoir qu’il s’est toujours battu pour libérer le citoyen de ses carcans. Il pense que comme Djamen à partir de 2010  en France chacun doit être en mesure de dire oui ou non au sein d'un parti ou à l'échelle d'un pays, de dénoncer sans craindre la foudre des sbires , d'appeler à la démission d'un élu ( maire, député, sénateur, président ) quand  il s’agit de s'offusquer, critiquer ou s'opposer  à la gestion, aux fautes, aux manquements, aux trahisons, à la malgouvernance.

Voici le texte intégral de la réaction d’Abdelaziz Moundé

CHER CELESTIN DJAMEN,

QUAND TU MANIFESTAIS A PARIS, TU NE TE SOUCIAIS PAS DU NOMBRE, MAIS DES DROITS ET DE LA PORTEE DU MESSAGE...

Le parquet de Paris avait ouvert, en novembre 2010, une enquête préliminaire, suite à la plainte déposée à ton initiative par l’UDA – l’Union pour une Diaspora Active, une association de ressortissants camerounais en France et en Belgique – pour "recel de détournement de fonds publics". La plainte visait le président Biya, que l’UDA accusait d’enrichissement personnel. En marge de cette initiative, tu étais à l'origine de manifestations, régulières - sans te soucier du nombre de participants, une poignée très souvent -devant l'ambassade du Cameroun à Paris, aux cotés du regretté Kapet de Bana, de Robert Waffo Wanto, de René Emeh Elong, autre regretté, de Moise Essoh, Tene Sop et bien, d'autres.

A cette époque, et quelques années avant, couvrant pour Mutations, ces différentes manifestations et initiatives dont tu étais un des leaders, tu justifiais ton engagement et ces actions par la nécessité de diversifier les formes d'action politique et de participation citoyenne en ne se limitant pas à l'élection. Pour faire pression. Pour forcer la nature du politique, réticent aux changements. Pour pousser à l'action et aux transformations. " Pour contraindre le régime de Yaoundé "...

Mieux, à aucun moment, cinglant et vitupérant contre la France et l'abject système de la Françafrique, à aucun moment, tu n'avais été interpellé pour des mots durs et fermes sur les chefs d'Etat français de l'époque, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Pour une raison simple que le juriste que tu es, je crois, maitrise : la critique d'un président de la République, la demande de sa démission ne sont nullement un délit ; le droit de manifester est un acquis fondamental et constitutionnel. Le droit de pétitionner et de se pourvoir en justice contre les abus des dirigeants, de diversifier aussi, outre l'élection, les formes d'engagement politique.

C'est fort de tout cela qu'il est important, dans un pays qui fait le choix de la démocratie, que chaque citoyen ait le droit de dire OUI ou NON. Qu'il est fondamental qu'on se batte pour protéger et valoriser ton droit de dire Non au sein de ton parti et pour chacun de nous au sein de la République.

Il ne faut jamais perdre la mémoire de son chemin, même si l'on bifurque, même si l'on prend un raccourci, même si l'on est éreinté par un col. Et ce chemin, il me semble, en revenant sur ses linéaments de ton parcours politique et citoyen, c'est celui de la lutte pour libérer le citoyen de ses carcans : être en mesure de dire Oui ou non au sein d'un parti ou à l'échelle d'un pays, de dénoncer sans craindre la foudre des sbires , d'appeler à la démission d'un élu ( maire, député, sénateur, président ) quand comme toi, en 2010, on s'offusque, critique ou s'oppose à la gestion, aux fautes, aux manquements, aux trahisons, à la malgouvernance.

Oui, à avoir le droit sans être inquiété de dire, d'analyser et de prétendre, qu'une manifestation d'un parti ou de son parti est " un flop " et que la gouvernance en 38 ans d'un président et de son parti l'est aussi...

* Tout commentaire, sans esprit citoyen, à caractère injurieux, sous ce post, sera supprimé. Et ceux incitant à la haine, signalés. Vive le débat d'idées, contradictoire et dans le respect !

  1. Mounde Njimbam

Citoyen Africain-Camerounais

Journaliste/Consultant-chercheur en géopolitique, relations internationales et histoire globale. Spécialiste des politiques et du droit de l'espace.

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
 @t_b_d
Tweet
Facebook




Dans la même Rubrique