Commerce de l'ivoire: la France dénonce les "résistances" de l'Europe

Par Agence France Presse | AFP
Paris - 09-Jul-2019 - 19h31   1664                      
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Une photo prise le 3 janvier 2017 distribuée par la Omo Forest Initiative montre des éléphants dans la forêt Omo, o Omo Forest Initiative/AFP/Handout
La France dénonce les "résistances" de l'Union européenne à interdire totalement le commerce de l'ivoire lors de la prochaine Conférence des Nations unies sur les espèces menacées en août

La France dénonce les "résistances" de l'Union européenne à interdire totalement le commerce de l'ivoire lors de la prochaine Conférence des Nations unies sur les espèces menacées en août à Genève, a dénoncé mardi son délégué.

Selon Yann Wehrling, ambassadeur de France à l'Environnement, qui conduira la délégation française à la réunion de la Convention de l'ONU sur le commerce des espèces menacées (Cites), "l'Europe votera contre les motions déposées par les pays africains pour réclamer un retour à l'interdiction totale de ce commerce".

Malgré des opinions publiques favorables à la protection des éléphants, massivement ciblés par le braconnage, "il y a de vraies résistances en Europe à fermer le marché de l'ivoire", a-t-il affirmé.

La position communautaire a été adoptée à huis clos en conseil des ministres de l'Environnement des 28. Le Parlement européen n'est ni consulté ni appelé à s'exprimer sur le sujet.

Seuls cinq des 28 Etats membres prohibent ce commerce, précise-t-il: la France (depuis 2016), le Luxembourg, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Belgique.

Les Etats-Unis, en juin 2016 et la Chine (fin 2017), principal marché pour l'or blanc des éléphants, ont pourtant également fermé leur marché à l'ivoire.

M. Wehrling rappelle qu'un "quart des éléphants d'Afrique ont été abattus au cours de la décennie écoulée": environ 30.000 têtes, chassées pour leurs défenses, ont été tuées durant cette période sur une population totale estimée à moins d'un demi-million.

Le trafic, évalué à 20 milliards de dollars par an, selon la Cites, est le quatrième commerce illégal le plus lucratif après les armes, la contrefaçon et les êtres humains. Les éléphants, avec les rhinocéros, sont les premiers visés.

"Au-delà des éléphants et de l'ivoire, on sait que la contrebande profite aux réseaux criminels et à certains réseaux terroristes", martèle M. Wehrling qui regrette les "réticences" de l'UE sur le sujet.

Quatre motions, déposées par une trentaine de pays d'Afrique, seront présentées lors de la Cites (17-25 août) visant à réinscrire les éléphants à l'Annexe 1 de la Convention, qui signifie "interdiction totale" de commerce.

Les pachydermes qui s'y trouvaient en 1989 ont été en partie repassés en 1997 à l'Annexe 2 (commerce encadré) pour ceux d'Afrique australe dont les populations étaient jugées suffisamment robustes. "Mais depuis le braconnage a repris à grande échelle: il n'y a pire situation que de répartir une même espèce entre deux annexes", sous deux régimes différents, insiste Yann Wehrling pour qui, la seule urgence, est de "maintenir un engagement très fort de protection".



| AFP

Auteur:
Agence France Presse
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