Crise anglophone : Denis Emilien Atangana : « Si aujourd’hui, on prend Monsieur Paul Atanga Nji, on le place dans une rue à Bamenda, je vous assure que s’il est seul et qu’il n’est pas gardé, les nouvelles qui nous reviendront à Yaoundé ne seront pas bonnes et positives »

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 06-Mar-2018 - 00h23   20080                      
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Denis Émilien Atangana Denis Émilien Atangana
L’opposant assimile les nominations de Paul Atanga Nji et Nalova Lyongha à de la provocation envers les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

La présence de deux anglophones à des postes importants au sein du gouvernement aménagé le 2 mars 2018 ne réjouit nullement l’opposant Denis Emilien Atangana. Loin de là. L’ancien membre des partis d’opposition MRC et PAL a fustigé les nominations de Nalova Lyongha et Paul Atanga Nji le 4 Mars 2018 au cours du programme de débat de Canal 2 International « Canal Presse ».  « Quand bien même le président aurait voulu confier des postes aux anglophones ce n’est pas quand même à Paul Atanga Nji, ou à cette dame-là. Parce qu’on sait que ces deux visages ont contribué à alimenter la radicalisation du côté anglophone », a-t-il déclaré, rappelant  l’hostilité que certains dans la région du Nord-Ouest vouent à  Atanga Nji.

 « Si aujourd’hui, on prend Monsieur Paul Atanga Nji, on le place dans une rue à Bamenda, je vous assure s’il est seul et qu’il n’est pas gardé, les nouvelles qui nous reviendront à Yaoundé ne seront pas bonnes  et positives », a supposé le jeune homme politique ajoutant en guise de rappel d’incidents survenus au début de la crise anglophone  que « ce monsieur a failli perdre sa vie à Bamenda ».

Denis Emilien explique que ces promotions censées apaiser les anglophones en colère risquent plutôt de produire l’effet inverse.  « La création du  ministère de la décentralisation et du développement local est une provocation à l’endroit de nos compatriotes anglophones. En ce sens que nous avons aujourd’hui un débat qui est solide : celui de revoir la forme de l’Etat du Cameroun qui ne profite pas à tous les Camerounais. Il faut engager une gouvernance qui permette que le pouvoir soit au niveau de la base, au niveau local ».

Il croit que les anglophones n’ont plus envie de se réjouir  de la promotion d’un des leurs, préférant de vraies solutions aux problèmes qu’ils posent.  « Le problème des Camerounais aujourd’hui, ce n’est plus qu’on a   donné le poste à mon cousin, à notre famille, à notre village. Parce que figurez-vous l’article 2  n’est pas collectif, il est individuel. Le fait qu’on ait nommé  monsieur Atanga Nji ministre de l’administration territoriale, c’est son problème avec  ses enfants. Parce que lorsqu’il les mettra à l’ENAM, tous les anglophones ne seront pas concernés. La nomination de madame Nalova Lyongha ne concerne pas tous les anglophones ».

Denis Emilien Atangana dit que l’éclatement du  ministère de l’administration territoriale n’est pas un signal fort pour la décentralisation.  Il maintient qu’il faut un vrai débat sur la forme de l’Etat. Il pense que la situation actuelle aide seulement la bourgeoisie militaire, la bourgeoisie administrative.  Selon lui, ceux qui sérinent que pour le Cameroun est un et indivisible, veulent en réalité dire que c’est le « budget est un et indivisible ».  Ce serait d’après lui pour cette raison que « les gens bloquent la décentralisation et ont peur du fédéralisme ».  

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
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