Enlèvement : Yaoundé doute de la qualité des ravisseurs

Par Léger Ntiga | Mutations
- 04-Nov-2008 - 08h30   50632                      
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Un communiqué du secrétaire général de la présidence de la République les assimile aux trafiquants.
L'affaire de la prise d'otage des employés du groupe Total dans la péninsule de Bakassi a connu hier, un nouveau rebondissement avec l'audience accordée par le chef de l'Etat camerounais, Paul Biya à l'ambassadeur de France au Cameroun, Georges Serre. Au cours de cet entretien, à en croire le chef de la mission diplomatique de France au Cameroun, il a été question de la prise d'otages de Bakassi. "Il était important que nous échangions des informations au sujet des compatriotes enlevés à Bakassi. Mais aussi des Camerounais et ressortissants d'autres nationalités", a-t-il indiqué aux confrères de la Crtv, au sortir de l'audience. Toujours est-il que certains milieux proches du pouvoir à Yaoundé voient à travers cette prise d'otage, "une manipulation de la France qui fait des pression sur le Cameroun au sujet du paiement trafiqué à Green Tree, des arriérés du groupe Total au Cameroun". Le doute émis dimanche, 02 novembre par le gouvernement camerounais à travers un communiqué de presse, sur l'identité et les motivations des ravisseurs des dix employés de Total enlevés à Bakassi vendredi dernier, s'est épaissi hier lundi. Selon des sources concordantes et indiscrétions de certains milieux français de la capitale camerounaise, le gouvernement camerounais parlant de l'identité et des motivations des ravisseurs des 10 personnes enlevées dans la région de Bakassi, estime qu'il s'agit de trafiquants et des bandits de grands chemin. "L'existence médiatique de ce fameux groupe des Bakassi Freedom Fighters (Bff) est avérée mais il faut maintenant vérifier son existence réelle et savoir ce qui se cache derrière: S'agit-il, par exemple, d'un groupe de trafiquants?" S'est interrogé, répondant aux questions de l'Afp un proche collaborateur du chef de l'Etat camerounais. Le haut commis de la présidence de la République camerounaise qui a requis l'anonymat adosse son propos sur le silence de ce groupe tout au long du processus qui a conduit à la rétrocession de la péninsule de Bakassi. "Beaucoup de missions de la commission des Nations unies (chargée du suivi du processus de rétrocession de la presqu'île de Bakassi) sont descendues sur le terrain, mais à aucun moment, on n'a relevé l'existence d'un groupe qui s'appellerait les Bff", a-t-il ajouté alors que dans ses éditions d'information, la Cameroon Radio And Television (Crtv) annonçait dans ses différents journaux que le gouvernement ne connaissait pas le mouvement. En face Ebi Dari fait savoir que les autorités de Yaoundé bluffent. "Elles disent ne pas me connaître? C'est de la diplomatie politique", a rétorqué le chef des Bff joint au téléphone par des confrères de l'Agence France presse (Afp). "Elles ne veulent pas admettre le fait qu'il y a une lutte à Bakassi. Il y a une lutte et elles le savent d'autant plus que nous avons déjà par le passé, tué des soldats camerounais", met-il en garde. Au cours des mois de juin et juillet derniers, les Bff avaient notamment revendiqué des attaques ayant causé la mort de sept militaires camerounais et un sous-préfet dans la péninsule. "Les autorités ne nous ont toujours pas contacté. J'ai été clair: Je garderai les otages tant que le gouvernement du Cameroun ne me contacte pas et ne parle pas avec moi", a-t-il conclu le commandant Ebi Dari. Dix otages ont été capturés dans la nuit du 30 au 31 octobre sur un navire du groupe français Bourbon, le Bourbon Sagitta, opérant sur un terminal pétrolier, au large de la péninsule de Bakassi. Sept des otages sont français, deux sont camerounais et le dernier est tunisien. Les ravisseurs ont déclaré à plusieurs reprises que ceux-ci étaient "en bonne santé".
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