Honorable Bapot Lipot sur Radio Equinoxe: «La mise en place du Conseil constitutionnel n’est pas une solution finale par rapport aux joutes électorales»

Par Wiliam TCHANGO | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 08-Feb-2018 - 13h12   1963                      
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Selon le député de l’Union des Populations du Cameroun (UPC) du Nyong-Ekelle, les responsables nommés par le Chef de l’Etat au Conseils constitutionnel pourront avoir la hauteur nécessaire pour servir convenablement le Cameroun.

Vous êtes député de l’UPC dans le Nyong et Kelle, la faction de l’Union des Populations du Cameroun en alliance avec le RDPC. Quelle est votre réaction après le décret portant organisation du Conseil Constitutionnel ?

Je voudrai déjà vous remercier pour cet appel. Mais également profiter à travers votre introduction pour rappeler que je suis le secrétaire général de l’Union des Populations du Cameroun. Il ne s’agit pas d’une faction, il s’agit d’un parti politique. Maintenant, revenant à la réaction qui est la nôtre, il est certain que dans le cadre de l’alliance UPC-RDPC signée en 1997 par le très regretté  secrétaire général Augustin Frédéric Kodock, nous avions mis un accent particulier sur la restructuration du paysage politique camerounais, principalement, sur les grands axes  qui doivent consolider notre jeune démocratie. Nous sommes donc aujourd’hui  ravis de voir que malgré une très longue attente, le Chef de l’Etat a pu trouver une solution par rapport aux attentes des partis politiques et des organisations de la société civile, notamment la mise en place du Conseil constitutionnel.

Certains  remarquent que les membres de ce Conseil constitutionnel sont  proches du pouvoir. Jugez-vous cette remarque pertinente, alors que se pose le souci de neutralité de ce Conseil constitutionnel ?

Si on se place dans une perspective superficielle, on peut être amené à dire que ces hauts cadres de la magistrature qui ont été nommés  dans ce conseil, ont eu des affinités dans les engagements politiques. Mais il faut quand même partir d’ici avec une volonté certaine de leur accorder un crédit tout en sachant qu’ils pourront avoir la hauteur nécessaire pour servir convenablement le Cameroun. Il faut se l’avouer aujourd’hui, en Afrique, plusieurs conflits émanent de la gestion des institutions. Lorsqu’on ne donne pas un accent particulier sur l’engagement citoyen, voire un maximum de neutralité pour pouvoir être utile à son pays, on participe à la destruction de ce pays. Voila pourquoi à notre niveau, à l’Union des Populations du Cameroun, nous croyons que ces dignes fils, au regard de leur âge, auront un recul nécessaire pour faire de leur nomination une occasion pour rentrer dans l’histoire comme ces acteurs qui ont sécurisé la paix au Cameroun de par leur engagement citoyen.

Pour sortir de cet entretien, avec le Conseil constitutionnel, a-t-on là un atout majeur pour éviter les casse-têtes liés aux contentieux électoraux au Cameroun ?

Nous avons tout simplement un arbitre. Parce qu’il ne faut pas ici croire que c’est une solution finale par rapport aux joutes électorales, par rapport aux crises qu’on a généralement à gérer dans le cadre des élections. Il faut simplement voir dans cette mise en place de ce Conseil Constitutionnel, un autre argument républicain pour  renforcer la gestion, non pas seulement des élections mais également le cadre juridique. Parce que parfois, on se rend compte que certaines décisions ne cadrent pas avec les dispositions de notre constitution. Voila qu’aujourd’hui, on a un instrument qui peut discuter de la constitutionnalité de certaines textes. Certains citoyens ou alors certaines structures, notamment certains parti politiques pourront trouver qu’il y a un manquement grave quelque part par rapport à l’adéquation entre les textes votés et les dispositions de notre Constitution. Toujours est-il que la valeur des institutions ou alors l’applicabilité des textes découle également de l’esprit d’éveil  des citoyens. Voila pourquoi il m’arrive de dire pour le regretter au niveau de l’Union des Populations du Cameroun que le Cameroun a quand même une certaine disposition au niveau des textes mais le peuple camerounais doit savoir qu’il n’y a pas un Etat libre et souverain si les citoyens n’ont pas un esprit d’éveil très poussé. C’est pour cela que j’ai une admiration pour une pensée de Mboua Massock qui dit souvent que « les camerounais veulent avoir du miel mais ils ont peur d’être piqués par les abeilles ».

Merci l’honorables Bapot Lipot d’avoir accepté de nous accorder cet entretien ce matin.

C’est moi qui vous remercie. Et je salue tout le peuple camerounais et je demande à tous mes concitoyens de tout faire pour s’engager quel que soit le lieu où ils se trouvent. Ils peuvent s’engager en politique tout comme ils peuvent s’engager dans les organisations de  la société civile parce que la vie républicaine n’a aucun sens si les citoyens n’assument pas pleinement leur statut républicain.

Auteur:
Wiliam TCHANGO
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