Insécurité: Yaoundé, peur sur la ville

Par F. W. BATCHOU & H. M. TCHOUA | Le Messager
- 11-Dec-2007 - 08h30   10431                      
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Les phénomènes d’arnaque et d’agression se multiplient dans la capitale du Cameroun en cette veille de fêtes de fin d’année.
Décembre est un mois tout à fait particulier. C’est la période des fêtes de fin d’année, période par excellence des réjouissances. Mais, elle est aussi redoutée à cause de la montée de l’insécurité. Arnaqueurs, pickpockets, agresseurs et toutes sortes de brigands côtoient de paisibles citoyens qu’ils écument et dépouillent. Le long des artères de la ville, ils sont positionnés en attendant une éventuelle victime. Mercredi 5 décembre, au lieu dit “ Immeuble de la mort ”, une dame, la trentaine à peine, pleure à chaudes larmes. Il est environ 10 heures 30. Elle vient de se faire arnaquer. “ Ils m’ont remis un bout de papier sur lequel était mentionnés des lots. Ils m’ont dit qu’en jouant, je pouvais gagner de nombreux lots [des jeux d’assiettes, appareils électroniques, bouteilles d’huiles de table… Ndlr] qu’ils détiennent. Je ne sais pas comment ils ont fait pour emporter mes 125.000 Fcfa ”, raconte Sonia, inconsolable. Dans la même journée, Atangana T. étudiant à l’Institut Siantou supérieur est tombé dans l’escarcelle d’une autre bande. Ces derniers usent d’un autre stratagème. “ L’un de ces gars m’a dit que j’ai traversé un remède qui était destiné aux Biafrais. De ce fait, il fallait prier pour que l’argent et mes bijoux ne disparaissent pas quand je serai à la maison. C’est ainsi que celui qu’ils ont appelé “ le patron ” m’a demandé d’aller ramasser un caillou sous un poteau électrique à une dizaine de mètres de là. Grande était ma surprise qu’à mon arrivée, ces bandits avaient pris la poudre d’escampette ”, raconte-t-il, désespéré. Il poursuit: “ mon téléphone portable, mes bijoux (une montre, des colliers) et mon porte feuille contenant une somme de 45.000 Fcfa [l’argent de sa pension, Ndlr] ont été emportés ”. Pour Cyrille Eyoum, éclaireur au service de ces escrocs, “ ce n’est pas le vol qui est pratiqué ici. Mais, le grattage. C’est ça qui nous permet de vivre, compte tenu de la conjoncture économique dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui ”. La ruelle, rebaptisée “ Dubaï ” sur l’Avenue Kennedy est devenue le lieu par excellence pour éventrer les sacs à main des femmes. En cette période d’avant fête, plusieurs femmes ont perdu de l’argent en ce lieu. C’est le cas de Marguerite Belinga. “ J’ai perdu une somme de 30.000 Fcfa ici. Ce jour là, j’ai eu le pressentiment que j’étais suivi juste au moment où j’ai quitté le supermarché. Quelques minutes plus tard, celui qui venait derrière moi avait disparu. C’est au carrefour de l’Intendance qu’une dame m’a dit que mon sac est déchiré. Il était environ 18 heures ”, affirme-t-elle. Les passagers des taxis de ville ne sont pas épargnés. “ Récemment, j’ai perdu mon porte feuille dans un taxi. Nous étions trois à l’avant. Arrivé au niveau de la gare ferroviaire, le chauffeur m’a demandé de monter les vitres comme toujours. Car il y a beaucoup de pickpockets. Je ne m’imaginais pas que le danger était plutôt à l’intérieur du véhicule. Pendant que je le faisais, mon voisin soutirait mon porte feuille. Arrivé à destination, je me suis rendu compte que mon portefeuille manquait avec mes pièces personnelles et une somme de 15 000 Fcfa ”, se souvient Gaskogne Garcia. Ils usent de toutes les astuces pour faire asseoir leur victime entre deux personnes. Dès que la première étape est réussie, ils passent à la fouille des poches. “ Les plus gentils vous demandent de remettre votre téléphone et votre argent. Ensuite, ils vous envoient balader ”, témoigne Mireille Y., victime d’agression dans un taxi. D’autres brandissent armes blanches et armes à feu avant de dépouiller les victimes. Pour pallier ce phénomène, des éléments de la police et de la gendarmerie, en civil, investissent parfois ces endroits “ chauds ”. Dans le cadre des opérations baptisées “ Dragon noir ” et “ Guépard ”. Une présence qui s’est souvent avérée salutaire pour de pauvres passagers. C’était le cas ce jeudi 6 décembre à 19 heures devant le supermarché Score. Un jeune homme, la vingtaine sonnée, a arraché le collier d’une dame. Alerté par ses cris, un antigang en civil a mis le grappin sur le malfrat. Ce dernier a été conduit manu militari dans un commissariat de police.
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