Le Zimbabwe veut pouvoir vendre ses défenses d'éléphants et cornes de rhinocéros

Par Agence France Presse | AFP
Harare - 25-Jun-2019 - 02h48   2201                      
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Des éléphants devant une voiture à Kasane, dans le nord du Botswana, le 28 mai 2019. AFP/Archives/MONIRUL BHUIYAN
Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a répété lundi qu'il souhaitait vendre le stock de défenses d'éléphants et de cornes de rhinocéros de son pays, d'une valeur estimée à 600 mill

Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a répété lundi qu'il souhaitait vendre le stock de défenses d'éléphants et de cornes de rhinocéros de son pays, d'une valeur estimée à 600 millions de dollars, pour financer ses parcs d'animaux.

"Nous continuons à demander le libre commerce des produits de la chasse car il pourrait avoir un impact important sur nos économies nationales et locales", a déclaré M. Mnangagwa en ouvrant les travaux d'une conférence sur la faune sauvage dans la ville touristique de Victoria Falls (sud).

Le chef de l'Etat a estimé à 600 millions de dollars le montant du stock d'ivoire et de cornes de rhinocéros.

"Si nous pouvions (les vendre) à des conditions acceptées par tous, le produit de cette vente suffirait à financer nos efforts de protection pour les deux décennies à venir", a-t-il plaidé.

Depuis des mois, plusieurs pays d'Afrique australe font pression pour obtenir la levée de l'interdiction totale du commerce de l'ivoire, instaurée en 1989 pour les protéger du braconnage.

Ils souhaitent que les éléphants soient inscrits sur la liste 2 de la Convention internationale sur le commerce des espèces menacées (CITES) qui autoriserait la vente de leurs défenses sous certaines conditions, notamment en trophées de chasse.

Certains pays comme le Botswana, qui vient de rétablir la chasse aux pachydermes, dénoncent la surpopulation et la cohabitation de plus en plus difficile entre animaux et humains.

D'autres comme le Zimbabwe, étranglé par une grave crise économique et financière, espèrent tirer de la vente de l'ivoire les moyens nécessaires à l'entretien de leurs parcs.

"Nous encourageons un système où les bénéfices croissants des ressources naturelles (...) améliorerait la qualité de la vie des communautés et des animaux", a plaidé M. Mnangagwa.

Leur demande suscite les vives critiques de nombreuses ONG de défense de la faune sauvage, qui jugent qu'un feu vert, même encadré, à la vente de l'ivoire menacerait les efforts de protection engagés depuis des décennies.

Ces dix dernières années, le nombre de pachydermes africains a chuté de 110.000 pour atteindre 415.000 spécimens, selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

Quelque 40.000 éléphants africains sont victimes chaque année du braconnage.

bgs-pa/bed/jlb



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