Littérature: Vincent-Sosthène Fouda annonce la sortie d’un ouvrage consacré à Monseigneur Jean-Marie Benoît Bala

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 13-Jan-2018 - 09h36   3251                      
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Le Livre V. Fouda
Le livre intitulé «Monseigneur Jean-Marie Benoît Bala c’est le don de Dieu» sera édité par la maison française Gallimard. Il devrait paraître le 13 février 2018.

Depuis le 10 janvier 2018, l’image circule sur les réseaux sociaux Facebook et Instagram. Ce sont la première et la quatrième de couverture du dernier livre de l’homme politique Vincent Sosthène Fouda intitulé « Monseigneur Jean-Marie Benoît Bala c’est le don de Dieu ». L’œuvre est éditée chez Gallimard, une maison d’édition française. Sa sortie est annoncée pour le 13 février 2018. Le livre revient sur le décès de l’évêque de Bafia porté disparu puis retrouvé mort le 2 juin 2017 à Ebebda dans les eaux du fleuve Sanaga.

L’œuvre de 285 pages revient sur le parcours de celui que l’auteur présente comme « l’homme en sandales sans scandales ». Il écrit, au sujet de sa mort, que le prélat  a été « enlevé, torturé et assassiné » et sa dépouille « larguée du haut d’un hélicoptère de l’armée camerounaise ». Il présente Jean-Marie Benoît Bala à la fois comme un grand témoin de la foi mais surtout comme un « martyr » dont on a besoin du miracle pour être béatifié.  Selon Vincent-Sosthène Jean Marie Benoît Bala est « la voix des sans-voix » dans un pays où 76 % de jeunes sont au chômage, 65 % des terres sont contrôlées par moins de 3 % des familles au pouvoir au Cameroun.

 

Ci-dessous un extrait de cet ouvrage que beaucoup attendent certainement déjà avec impatience

 

« Devoir de mémoire donc d'histoire sans testament
Les camerounais sont des hommes et des femmes qui se trompent de colère
Dès les premières heures de la matinée, nous nous retrouvâmes ma jeune épouse, mon frère, ma sœur aînée et moi-même à Oveng pour les funérailles traditionnelles de Jean-Marie Benoît Bala. Ce n’était plus l’évêque, mais le fils du terroir, l’Etoudi, le petit fils des Tsinga, mais surtout le fils de ce carrefour de tribus où tout se mélange pour donner vie à un peuple, qui était pleuré. Assez rapidement, je découvris que rien n’avait été préparé mais tout avait été dicté depuis le palais de l’unité par le Directeur du Cabinet Civil de la présidence. Les Etoudi de Mballa II arrivèrent en grand nombre suivant la devise de ce peuple qui veut que bien que deux familles, il ne puisse pas avoir de ligne entre elle où un filet d’eau d’eau ne passe et repasse. Le ministre, le député. J’utilisai donc mon véhicule pour aller chercher les tam-tams devant servir à appeler l’âme du mort enterré à Bafia afin qu’il vienne rejoindre les siens.

Vers 14 heures nous nous retirâmes dans le bosquet comme il est de tradition pour interroger les ancêtres et les vivants. Nous devions nous asseoir pour creuser en profondeur pour savoir de quoi est décédé Mgr Bala. Rien ne fut possible, nous étions là debout, fuyant la mémoire, refusant la construction de notre propre identité. Deux camps se formèrent assez rapidement, celui ayant les consignes du ministre directeur du cabinet civil et celui des pauvres gens sans moyen financier donc sans parole. Les plus nantis et porteur du message de la République se mirent donc avec une dextérité sans faille à déconstruire la douleur, l’image et le souvenir de Jean-Marie Benoît Bala.

47 minutes après, quand nous décidâmes enfin de sortir de ce bois de la honte, tout était fini. La mémoire n’était plus un trésor mais un vaste trou aux émanations sépulcrales nauséabondes. Jean-Marie n’était plus un « Martyr de l’Amour » comme j’avais tenté de l’imposer (la vérité n'était pas autre),mais un suicidé, une arme contre lui-même, contre la mémoire, un visage hideux dont il fallait rapidement se séparer pour lire une lettre de remerciement adressée au Chef de l’État et permettre ainsi à Mgr Jean Mbarga petit fils Tsinga lui aussi de danser l’Essani, bref de triompher. Nous étions le 7 octobre 2017, une forte pluie s’abattit alors sur le village, dans l’hypocrisie nôtre, nous eûmes une double interprétation, malédiction pour les uns, bénédiction pour les autres ; les deux étaient rendues possible par la seule volonté de notre hypocrisie. »

 

 

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
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