Raoul Sumo Tayo (chercheur en défense et sécurité) : « Un drame se noue à huis clos dans la région de l’Adamaoua »

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 15-Jan-2019 - 22h34   6609                      
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L’universitaire explique la récurrence des prises d’otages dans cette région par le démantèlement du dispositif sécuritaire au profit des zones en conflit comme l’Extrême-Nord et les régions anglophones.

 

Le phénomène des prises d’otages dans la région de l’Adamaoua expliqué par le géostratège Raoul Sumo Tayo. C’était lundi soir 14 janvier 2019 sur l’antenne de Canal 2 international. L’invité du journal de 19 h50 a expliqué le fléau par plusieurs raisons. D’abord la faiblesse du dispositif sécuritaire en place dans l’Adamaoua. Le chercheur en défense et sécurité observe que son démantèlement pour les besoins de la guerre contre Boko Haram et les sécessionnistes dans les régions anglophones facilite la prolifération des groupes de preneurs d’otages. Il cite aussi  l’instabilité en Centrafrique qui rejaillit sur le Cameroun ainsi que les rivalités entre les aînés et les cadets sociaux comme les bergers mal payés, qui  se lient avec les preneurs d’otages.

Raoul Sumo Tayo préconise la mise en place d’un dispositif dynamique avec un déploiement éclaté des bataillons modulaires qui permettent d’occuper de manière optimale les bases pour éviter la prolifération des groupes de malfaiteurs. Il relève l’importance d’une synergie entre forces de défenses et populations en termes partage de renseignements. Cependant, prévient-il la situation dans la région château d’eau du Cameroun pourrait être la prochaine patate chaude du gouvernement après les deux autres fronts de guerre connus.

Le Docteur Sumo Tayo déplore le fait qu’on ne parle pas trop du fléau qui mine la région Château d’eau du Cameroun. « Malheureusement, sur le plan médiatique on s’appuie plus sur la crise anglophone, Boko Haram. En dehors de quelques-uns de vos confrères presque personne n’en parle littéralement. Un drame se noue à huis clos dans la région de l’Adamaoua », regrette-t-il.  

Les téléspectateurs auront aussi appris de l’expert que le seul département à n’avoir pas été touché par la spirale des enlèvements est la Mayo-Banyo. Là-bas le combat est mené sur le plan spirituel, à travers des prières incessantes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
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