Santé : Des tampons périmés vendus aux Cameroun

Par Monique Ngo Mayag | Mutations
- 06-Nov-2008 - 08h30   51333                      
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Une association dénonce la vente de produits hygiéniques de marque Playtex fabriqués depuis… 1981.
Devant la presse réunie hier, mercredi 05 novembre à Douala, les conférenciers ont tenu à faire une précision : "Notre dénonciation est dénuée de tout intérêt personnel. Notre préoccupation est d'ordre public. Nous avons marre que l'Afrique continue de servir de dépotoir", lance Achille Kotto, dès l'entame de son exposé. Responsable du Comité citoyen pour la transparence et l'exercice des libertés (Cocitel), ce dernier insiste sur le fait que des tampons hygiéniques avariés sont actuellement vendus dans une boulangerie située au Rond point Deido et dans une célèbre boutique de vente de tissus à Akwa. Le tampon est une matière souple en forme de cylindre que la femme introduit dans son orifice vaginal, et qui permet l'absorption des menstrues. "C'est donc un article relevant de l'hygiène intime de la femme et dont la fiabilité doit être garantie", explique Dr Bakang ba Tonje, médecin généraliste exerçant à Bali. Mais dans le cas des tampons de marque Playtex, ni la date de fabrication, ni la date de péremption ne sont mentionnées sur les paquets dont le prix unitaire est de 500 Fcfa pour 30 tampons, apprend-on. Ce qui conforte les dénonciateurs quant à qualité douteuse de ce produit, c'est que "des sortes de cachets apparaissent sur l'emballage et mentionnent la date de1981, on a jamais vu une matière hygiénique d'une durée de vie de plus de 20 ans ! Par ailleurs, la coloration jaunâtre et la fragilité de l'enveloppe du tampon, laissent à croire que ce produit a une activité chimique inexistante et peut être à l'origine d'une toxi-infection", estime Dr Bakang. Les conférenciers soutiennent qu'ils ont recouru à l'expertise des biologistes pour déterminer les risques encourus après utilisation de ce produit. D'autre part, d'après leurs recherches, deux Américaines auraient perdu la vie suite à l'utilisation des tampons de marque Playtex. "Pour la petite histoire, c'est une des membres de Cocitel qui, après achat du produit mis en cause, a constaté qu'il n'était pas fiable et a alerté le reste de l'association. Fort du constat de Marcelle Ekindi, huissier de justice près la cour d'appel du Littoral, le Cocitel a jugé bon de signaler qu'il y a péril en la demeure", relate M. Kotto. Ce dernier affirme également qu'une note a été adressée aux délégations provinciales de la Santé publique et du Commerce du Littoral, pour information ; avec ampliation à l'ambassade des Usa et au représentant de l'Union Européenne au Cameroun. Selon les déclarants, aucune des autorités interpellées n'a encore réagit.
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