Santé - Innovation: Le cannabis n’est plus considéré comme un stupéfiant selon l’ONU

Par Peter KUM | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 04-Dec-2020 - 10h39   15294                      
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Les autorités tanzaniennes ont détruit en quelques jours 14 hectares de champs de cannabis dans un district de laLes a AFP/Archives/Lars Hagberg
La Commission des stupéfiants des Nations unies (CND) a approuvé mercredi 2 décembre 2020, la reclassification du cannabis et de sa résine dans les conventions internationales, reconnaissant de fait son utilité médicale.

«En examinant une série de recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur la marijuana et ses dérivés, la CND s'est concentrée sur la décision de retirer le cannabis du tableau IV de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961 - où il figurait aux côtés d'opioïdes mortels et toxicomanogènes, dont l'héroïne», a annoncé dans un communiqué, jeudi 3 décembre 2020, l’ONU.

Les 53 Etats membres de l’organe qui décide quelles substances sont considérées comme des drogues au vu du droit international ont effectué un vote très serré (27 pour, 25 contre, 1 abstention) lors de la 63e session de la CND tenue le 2 décembre 2020.

 Après avoir figuré pendant des longues années sur la liste d'opioïdes mortels et toxicomanogènes, le cannabis est aujourd'hui reconnu comme présentant un potentiel thérapeutique. Cette décision pourrait ainsi faire considérablement avancer la recherche sur l'usage médical de la marijuana. Ce changement de statut devrait permettre son utilisation dans l’élaboration de certains médicaments au même titre que la morphine ou l'opium.

«À l'heure actuelle, plus de 50 pays ont adopté des programmes relatifs au cannabis médicinal, tandis que le Canada, l'Uruguay et 15 États américains ont légalisé son usage récréatif, le Mexique et le Luxembourg étant sur le point de devenir les troisième et quatrième pays à le faire», a souligné l’ONU.

 Neuf pays africains pourraient prochainement légaliser le cannabis. L’Afrique du Sud, le Zimbabwe, le Lesotho, le Nigeria, le Maroc, le Malawi, le Ghana, l’Eswatini (ex-Swaziland) et la Zambie pourraient choisir cette option d’ici à 2023, si l’on en croit le dernier rapport de Prohibition Partners, un groupe de réflexion qui milite à coup d’études et de statistiques pour une large dépénalisation de cette drogue.

Le groupe de réflexion s’arrête largement sur le potentiel économique d’une telle plante pour un continent qui en produit déjà 38 000 tonnes par an, sans profiter de la plus-value de sa commercialisation. Pour le groupe de réflexion, la légalisation de son commerce, en créant une industrie, pourrait apporter une réponse au manque de travail à offrir à une jeunesse dont l’importance va encore augmenter largement dans les années à venir.

Auteur:
Peter KUM
 @mafanypet
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