CAMEROON-INFO.NET

Le Portail du Cameroun - The Cameroon Portal
It is currently 09 Sep 2010 3:35

All times are UTC - 5 hours [ DST ]




Post new topic Reply to topic  [ 16 posts ]  Go to page 1, 2  Next
Author Message
 Post subject: Robert Mugabe,victime de fausses propagandes ou despote?
New postPosted: 10 Jan 2009 0:52 
Offline
Senior Member

Joined: 23 Jan 2005 16:27
Posts: 3615
Source: http://www.radiocemac.com/index.php/Afr ... ugabe.html


Ecrit par Aminata Traoré/ Biaka Zasséli/ Leader Africa
20-12-2008

Robert Mugabe, un exemple à suivre par la jeunesse africaine
Entretien avec le professeur Biaka Zasséli qui affirme que la révolte de la jeunesse africaine passe par une éducation au patriotisme et la maitrise de l'information.

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a remis à leur place les va-t-en-guerre Occcidentaux (et leurs relais sur le continent africain)qui appellent vainement à sa démission : "Jamais, au grand jamais je ne vendrai mon pays. Jamais, jamais, je ne me rendrai, jamais", a affirmé M. Mugabe. "Vous ne m'intimiderez pas", a-t-il lancé aux pays, occidentaux qui réclament son départ. "Vous pouvez menacer de me décapiter, je crois ceci, et rien ne m'en fera démordre : le Zimbabwe nous appartient, il n'appartient pas aux Britanniques."

Devant le congrès de son parti, l'Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (Zanu-PF), dans la petite ville minière de Bindura, le Président Robert Mugabe reprenait son antienne contre la recolonisation du pays qui menace selon lui le Zimbabwe en son absence.

Dans le quotidien d'Etat The Herald vendredi, il avait déjà fait fi des pays occidentaux qui tentent de le pousser à démissionner ou à accepter un gouvernement d'union avec son rival Morgan Tsvangirai totalement monté par les britanniques pour destabiliser le Zimbabwe et pousser Mugabe à quitter le pouvoir. Peine perdue car les africains font bloc avec le président légalement elu de Zimbabwe. Et le Président sud-africain a bien répété que les occidentaux ne devaient pas compté sur l'Afrique du sud pour destituer un président démocratiquement élu.


Zimbabwe, ces verités que l'Occident tente de cacher

Les médias occidentaux et leurs mandants ont dit tout ou presque sur la crise au Zimbabwe. Sauf qu'ils n'ont même pas effleuré l'essentiel : l'origine de la crise qui secoue cet important pays de l'Afrique australe.

Le professeur Biaka Zasséli, professeur de philosophie, doyen de l'URF des Sciences de l’homme et de la société de l'Université d'Abidjan, lui, ne se fait pas tirer les oreilles pour rappeler ces faits, têtus, dont les confrères étrangers se gardent de parler.
La guerre de libération, la proclamation de l'indépendance, la prise des armes par le MDC (parti des Blancs), les accords signés entre Mugabe, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour le rachat des terres et qui n'ont jamais été respectés... le professeur Biaka passe tous ces sujets au peigne fin.
Des révélations à vous couper le souffle mais qui vous aideront à comprendre le bien-fondé des pressions diverses exercées sur le vétéran Mugabe.


Professeur, vous êtes un spécialiste des conflits et vous connaissez bien le Zimbabwe. Que se passe-t-il exactement dans ce pays ?

Pr. Biaka Zasséli: Il se passe que les forces internationales ont décidé de liquider ce pays. Voilà un pays qui était parmi les plus occidentalisés de l’Afrique. Le Zimbabwe, c’est la Rhodésie. C’était un pays dirigé par des Européens, à l’image de l’Afrique du sud. Le mouvement de libération arrive à terme. Mugabe prend le pouvoir, il refuse de le céder aux Européens et d’être un homme de paille. Conséquence, il doit faire face à une rébellion armée conduite par le MDC, le parti des Blancs, pendant 10 ans. Puis, on signe des accords. Mugabe ne voulait pas arracher les terres aux Blancs, il voulait les racheter, ce qui est moralement juste. Le MDC revient comme parti politique après avoir abandonné la rébellion. Il se donne un dirigeant noir, Morgan Tswangirai, pour partir à l’assaut du pouvoir après avoir, par les ajustements structurels, affaibli complètement le pays et le gouvernement. C’est comme ça qu’on va aux élections et que des problèmes se posent.

Vous ne parlez pas de cette affaire de choléra qui tue les populations sans que le gouvernement ne semble ému…

B.Z. : Le choléra est une autre dimension de la crise du Zimbabwe. C’est une autre arme utilisée contre le Zimbabwe pour dégrader son image du Zimbabwe et l’affaiblir. Le choléra, en tant que tel, est-il un problème ? C’est une maladie ! Cette épidémie, la Côte d’Ivoire l’a connue, le Burkina l’a connue ! Et au Zimbabwe, on proclame que c’est un homme qui en serait responsable parce qu’il est le président. C’est l’amplification d’un événement pour discréditer un peu plus le président des Zimbabwéens. L’objectif est de faire croire qu’il y a péril en la demeure pour justifier l’assaut, afin que le Zimbabwe soit pris par le bloc qui dirige le monde. C’est tout !

Vous avez dit que le MDC s’est donné un dirigeant noir. Parlez-nous un peu de ce parti.

Le MDC est un parti de Blancs. Il a été créé au lendemain de l’indépendance en 1980. De 1980 à 1990, le MDC a mené une rébellion armée contre Mugabe, avec l’appui de l’Afrique du sud de l’Apartheid et des Etats-Unis. A l’indépendance, le MDC qui ne représente que 10% de la population accepte de rentrer dans la République et utilise son pouvoir financier pour recruter des militants. Mais comme la politique européenne est toujours basée sur la division ethno-tribale, ils se sont appuyés sur les groupes ethniques opposés à l’ethnie de Mugabe pour arriver à faire du MDC, un parti politique. Aujourd’hui, pour la campagne électorale, ils ont reçu de l’argent des Etats-Unis. Résultat : Tswangirai a pensé qu’il a gagné. Le MDC est un parti de Blancs, un parti rebelle, un parti de connivence avec les intérêts internationaux. Le MDC est un parti qui utilise un Noir pour se donner une couleur locale, autochtone, une couleur de la majorité avec laquelle il lui devient possible de prendre le pouvoir.
Le MDC est comme tous ces partis qui sont nés à partir de 1990, en Afrique, et dont le but était de remplacer les partis uniques. Des partis dirigés la plupart du temps par des technocrates venus de la Banque mondiale, du FMI, de la jet set économique. Ceux qui ont créé de nouveaux partis partout dans le tiers monde, ont créé des problèmes socio politiques. Même la Côte d’Ivoire se trouve dans ce cas. Ces nouveaux partis sont nés avec une seule visée : s’emparer du pouvoir pour permettre la mise en application d’un No man’s land économique qui irait de l’Asie à l’Amérique du sud, où il n’y aurait ni loi, ni règle et où les investisseurs occidentaux pourraient investir tous les capitaux sales de la mafia. Voilà !

Vous semblez dédouaner Mugabe sur toute la ligne. N’y a-t-il rien à lui reprocher ?

Si ! C’est d’avoir cru que les Européens pouvaient œuvrer à l’indépendance réelle d’un Etat africain. Cela a été sa grande erreur. C’est l’erreur innocente de tous les leaders africains d’avoir cru en l’Europe, et de n’avoir pas compris que les Occidentaux, par les indépendances, mettaient en place de nouvelles stratégies de domination qui leur revenaient moins chères. Parce que dominer avec des hommes sur le terrain coûte plus cher que dominer par des structures internationales. La preuve, lorsqu’en Côte d’Ivoire, le président Houphouët que tout le monde sait pro occidental, dit que le prix des matières premières n’est pas bon, la Côte d’Ivoire est immédiatement asphyxiée, vous comprenez !
Moi, je ne parle pas des hommes. J’ai à faire à un système qui fonctionne et dont le but est de maintenir toute l’Afrique, toute l’Amérique du sud, toute l’Asie, sous le contrôle de l’Occident (…)
Ce sont des techniques politiques mises en œuvre comme celle qui commence en 2003 en Côte d’Ivoire. Ici, c’est le lieu d’expérimentation du «power share», c'est-à-dire un gouvernement qui ne bouge pas, qui ne marche pas, qui ne fait rien, qui laisse le pays tel qu’il est et qui permet son exploitation à moindre coût. Ce qu’on a appliqué en Côte d’Ivoire, on a voulu l’appliquer au Cameroun, en Guinée. Qu’a-t-on demandé au Zimbabwe ? On a demandé au Zimbabwe d’appliquer la même politique qu’en Côte d’Ivoire. Un gouvernement de transition qui serait un gouvernement d’union et dont le seul but est de ne pas fonctionner. Voilà !

Vous êtes excessif contre les gouvernements d’union…

Non, pas du tout. Le gouvernement d’union est un gouvernement non gouvernemental. Son but est d’empêcher le fonctionnement de l’Etat. Et quand l’Etat ne fonctionne pas, chacun peut faire ce qu’il veut puisqu’il appartient à un parti. Et tous les vols, toutes les escroqueries deviennent possibles. Le gouvernement d’union nationale est la foire à la dislocation de l’Etat. C’est la braderie comme il y en a à Belleville, à Kouté, à Koumassi. On vend ce qu’on veut comme on peut, à moindre coût, parce que le pays est considéré comme étant en fin de cycle.

Vous comparez la Côte d’Ivoire au Zimbabwe.

Oui ! Pour comprendre la crise du Zimbabwe, prenez le schéma ivoirien et vous verrez que, point par point, étape par étape, c’est le même. Ils sont là où nous étions en 2003. Premier point, le “power share”, le gouvernement d’union. Deuxième point, nous avions la crise des enfants qui travaillent dans les plantations, eux, ils ont le choléra. Nous avons eu la crise du président qui n’avait que des partisans traités de voyous et de délinquants. Là-bas, il a ses vétérans eux aussi traités de voyous et de délinquants.

Vous parlez de gouvernement d’union que vous maudissez. Mais il y a quand même la réforme agraire qui est le point de départ de la crise !

La réforme agraire, c’est ce qu’il ne fallait pas faire. Pour la simple raison qu’elle mettait en péril les grandes sociétés agro-alimentaires d’Angleterre. Toutes ces terres appartiennent aux Anglais, aux grandes sociétés anglaises. Engager la réforme agraire, c’est leur arracher les terres, les mettre en valeur pour les nationaux, les Zimbabwéens eux-mêmes.

Il y a quand même eu des accords passés entre Mugabe, la Grande Bretagne et les Etats-Unis…

Oui, il y a eu les accords de Lancaster house. Pendant la signature de ces accords, il a été dit que les Etats-Unis et l’Angleterre accompagneraient la réforme agraire en prêtant de l’argent au Zimbabwe pour que le président Mugabe qui, sur ce point, a été un homme très moral, fasse bien son travail. Il a dit : “On ne peut pas arracher des terres qui ont appartenu à des pères et à des grands pères, à leurs descendants. On ne peut que les racheter pour que nous puissions aboutir à un pays vraiment libre, pour ne pas accumuler les rancœurs”. Ce qui a été accepté. Mais lorsqu’on arrive à la période de financement et que le Zimbabwe demande que les Etats-Unis tiennent leur engagement, la Secrétaire d’Etat américaine qui était d’origine irlandaise dit qu’elle n’avait pas à gérer des affaires de colonisation. Et ils n’ont jamais donné cet argent.
La réforme agraire n’a jamais pu avoir lieu alors que les programmes d’ajustement structurel avaient déjà épuisé le pays. Des programmes imposés pour que l’accompagnement ait lieu. Partout où vous mettez un programme d’ajustement structurel, vous créez une crise sociale. Et lorsque le pays est affaibli, alors tout devient possible. C’est comme ça que le MDC a pu sortir de la minorité en recrutant les fermiers, les pauvres, avec l’argent donné par les Américains. Comme je le dis toujours, quand vous êtes trop pauvre et que vous n’avez plus que la survie comme objectif majeur, alors vous n’êtes plus un homme. La pensée vient lorsque l’homme a l’intelligence de comprendre. Mais il n’a l’intelligence de comprendre que lorsque toute son intelligence n’est pas tournée vers la survie. Les Zimbabwéens, réduits à la misère, étaient la proie facile du MDC.

C’est dans ces conditions que le MDC a remporté le premier tour de la présidentielle devant la Zanu-PF de Mugabe…

Oui, mais au fond, il s’agit de ce même Mugabe, celui qui a permis les législatives. C’est lui qui a organisé le premier tour de la présidentielle. Alors, pourquoi veut-on que celui-ci devienne un monstre ? Il a pu perdre le premier tour. On peut considérer que ses troupes ont reculé. Mais on l’a vu en France, Jospin était en tête des sondages. Par conséquent, les militants socialistes ne sont pas allés voter. Et il n’a même pas été au second tour. C’est ce qui s’est passé aux législatives du Zimbabwe. Beaucoup de vétérans ont été récupérés par le MDC comme des troupes de sécurité, mais en fait ce sont des troupes d’assaut pour embrigader les villages en vue de provoquer des réactions violentes. Mais cela, personne n’en parle. Le MDC a récupéré une grande partie des vétérans en leur donnant de l’argent, des terres cédées par les militants du MDC. C’est cela que les gens ne veulent pas qu’on dise. Mugabe est victime comme bien des présidents africains d’une machine économique internationale qui a ses hommes et qui n’accepte pas qu’on modifie les règles du jeu.
On l’a vu en Amérique latine. Donnez-moi un seul leader qui a transformé son pays sans qu’il ne soit lui-même transformé en monstre. Dites-moi !
Chavez apparaît, tout le monde crie au scandale ! Le Cuba de Castro qui a créé l’un des pays les plus puissants intellectuellement, tant sur le plan médical que sur le plan de la production littéraire, qui a réussi à équilibrer la balance économique, que n’a-t-on pas dit de lui ? Pour le bloc occidental, c’est un monstre ! C’est simple. Celui qui a été en occident peut comprendre ce que je dis, quand il est dans le bus et qu’une mère dit à son enfant : “Si tu ne te tiens pas tranquille, le Noir que tu vois-là, va te bouffer”, c’est la même image que l’Occident renvoie toujours de tous les dirigeants africains qui veulent changer les données du problème qui les lie et qui demandent, même pas l’égalité, mais une amélioration.

A vous entendre, nous avons affaire à une secte politico-économique. La situation du Zimbabwe n’est-elle pas désespérée ?

Je pense que Mugabe est très fort. Comme il l’a lui-même dit, ils veulent aujourd’hui, prendre par la politique ce qu’ils n’ont pu avoir par les armes. Dans la complexité du problème zimbabwéen, se joue le même schéma international. En Côte d’Ivoire, ce que la rébellion n’a pas pu avoir par les armes, elle a cherché à l’avoir par la politique. On a demandé la suspension de la Constitution, la démission du président de la République, la suppression de l’Assemblée nationale afin de neutraliser son président qu’on jugeait trop virulent. Ce sont les mêmes techniques. A moins qu’on le tue, je ne pense pas que Mugabe laissera de son vivant le Zimbabwe entre les mains du MDC.

Qu’est-ce qui explique donc que des chefs d’Etat voisins qui sont sensés en savoir quelque chose, exigent le départ de Mugabe ?

Je vous ai dit que le problème du Zimbabwe, c’est celui de la Côte d’Ivoire, et de tant d’autres pays. C’est un schéma qu’on adapte. Quand la Côte d’Ivoire est entrée en crise, les gens que nous avons eu à affronter, c’étaient nos voisins. Ceux qui ont oublié, c’étaient nos voisins. Ceux qui nous ont rejetés, c’étaient nos voisins. C’étaient nos voisins du point de vue spatial et du point de vue idéologique, c'est-à-dire ceux avec qui nous partageons la même histoire comme le Sénégal, pour citer des noms. Ces hommes n’ont de conscience politique que la conscience des intérêts immédiats de leurs Etats ou d’eux mêmes. Quand les hommes demandent la démission de Mugabe , c’est pour pouvoir bénéficier des retombées économiques, des prêts, etc. Quand vous voyez aujourd’hui le Sénégal qui récupère pratiquement 80% de ce qui aurait dû se faire en Côte d’Ivoire, cela est dû à la position qu’il a prise durant la crise ivoirienne. C’est la même chose qui se passe au Zimbabwe.
Je pense que nous ne devons pas nous offusquer de tout cela. Nous avons un devoir de soutien envers le Zimbabwe. Tous les Etats africains devraient soutenir le Zimbabwe.

Ne craignez-vous pas d’appeler au soutien à Mugabe ? On pourrait vous traiter de tous les noms et même de vendu ?

Vendu à qui ? Nous sommes dans la même situation qu’en 1958 où Sékou Touré décide de dire Non à la France ! Tous les vrais vendus ont considéré comme vendus, tous ceux qui, comme Harris Fotê Mémel, Fiankan, ont soutenu Sékou Touré. Comme je l’ai dit une fois à la télé, qui nous parle du Zimbabwe ? Ce sont les agences internationales qui, à 99%, sont des agences occidentales. Elles sont dirigées par qui ? Par les mêmes qui tiennent l’économie mondiale ! Au fond, comment peuvent-ils parler autrement du Zimbabwe qui menace leurs intérêts ?
Moi, je pense qu’il est du devoir de l’intellectuel africain de soutenir la justice. Je n’ai pas dit que Mugabe était un ange. Je dis que le procès qui lui est fait est un mauvais procès. Ce procès a été fait à la Côte d’Ivoire, il est fait partout où des hommes décident de refaire le monde, où des gens ont un idéal qui n’est plus d’être au service de la jet set internationale, là où on se fait manger en mangeant. Et dans ce système-là, il y a les Etats occidentaux, il y a les structures internationales comme l’ONU et les forces locales exploitées et intégrées. C’est tellement simple à comprendre.
Il y a ceux qui se sentent forts et qui ne veulent pas que cette force soit remise en cause. Et il y a ceux qui se sentent faibles et qui se disent qu’il faut qu’ils se révoltent à un moment, sinon ils vont mourir. Et nous sommes placés dans la situation où l’Afrique va mourir, parce que si nous ne nous révoltons pas comme l’Amérique du sud, comme l’Asie, pour construire nos pays, pour commencer à penser autrement, nous allons être exclus du monde.

Quelle forme doit prendre cette révolte que vous appelez de tous vos voeux ?

Evidemment, cette révolte ne peut pas être militaire parce que l’Occident et ses alliés détiennent la puissance militaire. Elle doit être, avant tout, une éducation au patriotisme. Il faut que les hommes aiment leur pays comme eux-mêmes. Il faut ensuite mettre en place un programme de communication internationale pour expliciter nos positions, pour permettre à tout le monde de suivre la révolution que nous voulons engager. C’est sur ces deux points que nous pouvons affronter l’Europe.

Vous avez dit communication. Mais elle coûte cher…

Oui !La communication, c’est pour les riches. Ils l’ont créée pour eux-mêmes, pour être en contact et savoir comment étouffer tous les autres pays. Malheureusement, pour eux, la communication est toujours ouverte. Les pauvres peuvent donc aussi l’utiliser pour dire que les riches sont en train de les étouffer. Mettre en place des structures capables de relayer le message, remettre en place dans tous les pays, la culture civique et patriotique. Non pas les petits cours de moral, non. Mais le rituel du patriotisme, c'est-à-dire le retour du salut au drapeau, à l’hymne national et à tous les rites de fin d’année où les hommes rendaient hommage à leur pays. Il nous faut retourner aux nations en montrant que la seule chose qui donne un sens à la vie d’un homme sur terre, c’est la nation après les parents.
Le mot nation vient d’un mot latin qui veut dire naissance. Ceux qui sont nés ensemble. Donc, la nationalité, c’est le fait de devenir frères et sœurs avec ceux avec qui nous ne sommes pas nés ensemble. Le citoyen est le frère de l’autre citoyen. La seule différence est que la fraternité est fondée sur le sang et la citoyenneté est fondée sur la loi, la possibilité qu’offre la loi à des hommes de devenir frères. Nous devons cultiver ce sens. C’est par là que nous trouverons notre salut.
Que nos dirigeants se donnent une vision. La vision permet de croire. Vous ne pouvez pas diriger si vous ne croyez pas, si vous croyez en rien. Un chef a un idéal à partir duquel il fait les sacrifices utiles.

L’Afrique a-t-elle encore le temps de mettre en œuvre cette stratégie de résistance dont vous parlez ? N’est-il pas trop tard pour le Zimbabwe et pour beaucoup d’autres pays ?

Il se peut que la crise emporte le Zimbabwe, mais cela sera temporaire. Le problème de la domination, c’est qu’elle a toujours une limite. Cela s’appelle la limite du mur. Quand vous dominez un homme, il recule, cède, jusqu’à ce qu’il arrive au mur. Et là, il ne peut plus reculer, il est obligé d’avancer pour se libérer. C’est pour cela qu’aucune domination ne peut être éternelle.
Si le Zimbabwe est emporté, si la Côte d’Ivoire est emportée, cela ne mettra pas fin au fait que tous les hommes du tiers monde ont compris qu’ils doivent affronter l’Europe pour reconquérir leur liberté. Je pense que, plus que jamais, le moment est propice parce que l’Occident est en crise. Nous devons en profiter pour trouver les moyens de sauver nos Etats, parce que plus les pays riches sont en crise, plus ils sont dangereux pour les pays vassaux. Et pour nous, la première chose à faire, c’est de ne plus avoir peur. Au fond, nos hommes politiques ont tellement intégré leur condition de dominé, qu’ils n’osent pas. Ils doivent oser, ils doivent prendre des initiatives et ils doivent accepter les sacrifices qui vont avec.

Cette vision des choses ne va-t-elle pas au-delà de la simple action politique ?

Vous savez, il faut toujours des leaders pour que quelque chose se fasse. Les hommes peuvent se lever tous, mais à un moment donné, on dira : qui va parler en notre nom ? Il y a toujours quelqu’un qui parle au nom des autres. Et c’est lui qui permet à tous les autres d’intégrer le projet. C’est certes leur projet, mais il est obligé de le leur retourner pour qu’ils l’acceptent comme tel. Nous devons accepter qu’il y ait des leaders qui lancent le message pour que nous puissions nous organiser. Afin que ces leaders avancent dans le sens attendu par les populations qui ne demandent qu’une seule chose : manger, se soigner et vivre décemment. Un homme se révolte quand ces trois conditions ne sont plus respectées. S’il y a de plus en plus de crises sociales en Afrique, c’est que ces trois conditions ne sont plus respectées. Pourquoi ? Comment un pays comme la Côte d’Ivoire peut-il produire 45 000 barils de pétrole par jour et n’en recevoir que 6 000 ? Alors que quand tu investis dans le pétrole, tu récupères toute ta mise en un an. Tout le reste, ce sont des bénéfices. Or, nous continuons de souffrir parce que le pétrole coûte cher.
Quand certains hommes parlent, ils oublient l’histoire. Comme si leur cas était original. Mais le Zimbabwe, ce n’est pas un cas original ! La Côte d’Ivoire, ce n’est pas un cas original ! Le Niger a voulu revoir son contrat sur l’uranium, vous savez ce qui s’y est passé ? Des 4X4 ont disparu dans le désert et quelques jours après, des rebelles sont venus dans ces 4X4. Le Niger était au bord de la crise totale lorsque le président Mamadou Tanja a décidé de reconduire le contrat tel qu’il était. Et comme par miracle, les rebelles ont disparu.

Mugabe devrait-il faire la même chose pour que la crise zimbabwéenne prenne fin ?

Mugabe, c’est un soldat ! C’est un homme qui est prêt pour la mort. Dans cet esprit, je ne crois pas qu’il cède. Je ne sais pas si cela va mettre fin à la crise, mais je pense qu’il luttera jusqu’à la mort. C’est un soldat, il voit les choses en soldat. Il a combattu pendant longtemps, il a combattu l’apartheid. Ce n’est pas une guerre simple, ce n’est pas une guerre de deux personnes qui ne sont pas d’accord et qui se tirent dessus. C’est une machine des grandes industries agro alimentaires du monde. Politiquement, ils peuvent le vaincre. Mais tant qu’il n’est pas mort, il se battra contre eux.

Dans cette lutte, des structures comme l’Union africaine et même la CEDEAO peuvent-telles servir ?

L’Union africaine ne peut servir que si elle est vraiment l’union de l’Afrique. Or, elle est la désunion africaine. Les Etats y vont pour dire qu’ils ne sont pas unis. Mais si l’Union africaine devient vraiment l’union de l’Afrique, si elle arrive, ne serait-ce qu’à se désengager du FMI, l’économie mondiale va basculer. Si les 14 pays de la zone CFA décident de se retirer de leur arrimage à la France, la France s’écroule. Ce sont des vérités simples. Si nous décidons, ici en Afrique, d’économiser, ne serait-ce que 5 F ou un dollar, nous serons une puissance. Mais personne ne sera d’accord avec ça. Si l’Union africaine marche dans ce sens, c’en est fini pour l’état actuel du monde.

Pourrons-nous y arriver un jour ?

Mais pourquoi posez-vous cette question ? Vous la posez comme les leaders noirs aux Etats-Unis. Jamais, en dehors des films de fiction, on n’avait imaginé un président américain noir. Et même lorsque dans ces films le président était noir, c’était un mauvais président. Mais nous sommes en 2008 et les Etats-Unis, la première puissance mondiale, ont un président noir. Chez eux, il n’y a pas de métis. Si tu as du sang noir, tu es noir. Obama a été élu, non pas parce qu’il est noir, mais parce qu’il a convaincu les Américains qu’il n’y a ni Noir, ni Blanc mais qu’il y a plutôt l’Amérique, et l’Amérique doit être la première puissance. Voilà son message.
Je pense que, parce que cela a été possible dans le pays qui a connu l’esclavage pendant des siècles, parce que cela a été possible dans le pays qui a connu la ségrégation raciale, donc le pays qui a été le plus dur avec sa minorité noire, rien n’est impossible ailleurs dans le monde. Si les gens n’ont pas encore compris ça, c’est qu’ils n’ont rien tiré de ce qui s’est passé aux Etats-Unis. Les larmes de Jessie Jackson, n’étaient pas des larmes d’actualité. C’était les larmes sur l’histoire. Il pleurait parce qu’il était au deuil de l’histoire. On enterrait l’Amérique esclavagiste, l’Amérique de la ségrégation. Il pleurait sur cette Amérique en train de mourir, parce qu’il était le témoin de ce que personne ne pouvait imaginer.

Dans l’état de pauvreté où vivent les Africains, n’est-ce pas leur en demander un peu trop ?

Non ! Nous pouvons, nous aussi, enterrer notre histoire. Nous avons le droit, le devoir et l’obligation devant l’histoire, d’enterrer notre histoire, l’histoire des pauvres, l’histoire des hommes soumis, l’histoire de ceux qui ne peuvent pas penser par eux-mêmes, cette histoire qui met l’Afrique au bord du gouffre et qui ne lui laisse pas de choix parce qu’il est le dominé du mur. Nous devons avancer pour construire une nouvelle histoire. Cela demande beaucoup d’efforts, mais il faut faire ces efforts.

Interview réalisée par Abdoulaye Villard Sanogo et Paul D. Tayoro (Notre Voie)

_________________
I'm the one .....


Top
 Profile  
 
 Post subject:
New postPosted: 13 Jan 2009 7:29 
Offline
Member

Joined: 31 Jan 2002 20:00
Posts: 825
Cette sortie du professeur de philo pourrait faire peur. Les accents emportés de son propos changent, il est vrai, de l'habituelle lourdeur des universitaires. On a l'impression de le comprendre plus facilement, et mieux. L'impression donne froid au dos, si l'on désire vraiment y comprendre quelque chose.

Monsieur Zasséli, spécialiste des conflits selon le journal, a peut-être très bien fait de ne pas se présenter comme autre chose. Professeur de philosophie, assez déjà pour susciter l'inquiétude. Pour lui, l'essentiel de la situation actuelle du Zimbabwé le doit aux Blancs: blancs zimbabwéens et blancs détenteurs de la force internationale. On peine à suivre le professeur de philosophie lorsqu'il manque de nuance entre plusieurs situations dont celles-ci:

- S'"enrôler" dans une formation créée par des Blancs dans un pays multiracial est-il en soi être vendu à des intérêts racistes?

- Quelle place le choléra a-t-il dans le plan d'élimination du Zimbabwé par les forces internationales?

- Existe-t-il une contradiction entre le fait de vouloir que le pays soit liquidé et les connivences alléguées entre le MDC et les forces internationales?

Cet article pourrait enseigner la méfiance envers la manipulation inconsidérée de certaine histoire par les hommes.


Top
 Profile  
 
 Post subject:
New postPosted: 27 Jan 2009 3:56 
Offline
Member

Joined: 30 Jul 2002 20:00
Posts: 182
Location: Nkomo (Yaoundé)
Edzimbi,

Ta réponse me va 100 %

_________________
Le Kamerun est notre patrie. L'Afrique est notre avenir. (Devise du Manidem)


Top
 Profile  
 
 Post subject:
New postPosted: 27 Jan 2009 7:48 
Offline
Member

Joined: 31 Jan 2002 20:00
Posts: 825
A Bekolo, ovuma,
pourrais-tu me donner ton sentiment sur cette sordide manie de lire encore et toujours le monde avec les lunettes de nos souffrances, de l'esclavage passé et actuel dont ne savons pas toujours nous garder?

Mugabé reconduit la même logique d'espoirs nés devant l'indépendance, formelle ou réelle d'un pays africain, suivis, très vite, de la conviction que le leader de la lutte pour l'indépendance est un chef de village et en tant que tel au-dessus de toute contradiction. Viendront après lui des bébés dirigeants, autant buveurs de sang nègre que leur Père de la Nation précédent. Un auteur zimbabwéen, depuis dix ans aujourd'hui, noir s'il faut le préciser, féru des cultures shona, ndébélé et même zoulou, n'arrête pas de mettre le monde en garde contre Mugabe. Passons: que vaut la parole d'un prétendu manieur de mots, quand c'est l'inculture assumée qui conquiert les meilleures parts de marché, sous les dehors du pragmatisme et du modernisme?

Voici donc un exemple de ce qui pourrit un peu partout la terre, dont celle de nos ancêtres avec des conséquences plus alarmantes: confondre le diplômé avec l'homme d'engagement qui mettrait sa notoriété, acquise ailleurs par l'affirmation de qualités ou de compétences reconnues indiscutables, au service d'autres causes plus sociales, plus politiques, au point d'en perdre de son crédit initial. C'est la définition, à peu près potable, je crois, de l'intellectuel. Or, il suffit de s'asseoir dix minutes dans un bar à Emana, à Etoug Ebé, pour que le premier manieur de français ou d'anglais s'imposent à ta vue avec le substantif intellectuel. Quelle fascination ce statut opère-t-il dans les esprits de ceux des nôtres qui se croient appelés de manière quasi scientifique vers la modernité, et le pouvoir sur les autres à partir du savoir?

En Côte d'ivoire, des gars se sont employés à fabriquer une grenade qui explose depuis dans leurs âmes et leurs chairs: l'ivoirité. Il leur faut depuis recycler les chairs explosées dans l'air du temps, entends ici l'authenticité


Last edited by Edzimbi on 27 Jan 2009 16:56, edited 1 time in total.

Top
 Profile  
 
 Post subject:
New postPosted: 27 Jan 2009 11:06 
Offline
Member

Joined: 30 Jul 2002 20:00
Posts: 182
Location: Nkomo (Yaoundé)
Nti Edzimbi,

A toi le lettré et le philosophe, je ne vais pas rappeler l’existence de manières successives de voir le monde dans l’histoire de l’humanité. Ces manières ont eu cours même dans le domaine des sciences pures – c’est te dire combien l’homme peut porter des œillères !

La vision déductive du monde part d’un canevas préétabli, qui est conçu comme parfait, et qui ne peut pas être remis en question, même par la réalité pratique. C’est de cette manière que le monde était conçu (avant Giordano Bruni et Galilée) comme une entité immuable, une série de sphères parfaites ayant la terre en leur centre.

Pour en revenir au sujet qui nous occupe, le canevas sacré est que le Nègre est la victime « ontologique » du Blanc et qu’un Mugabé, par exemple, ne peut être un misérable tyran. Sa posture de « libérateur du peuple zimbabwéen » lui est attribuée une fois pour toutes, et si les Zimbabwéens se révoltent contre lui, c’est parce qu’ils sont des i.diots et n’ont rien compris à la divinité dudit demiurge.

Ici. comme, dans toutes les visions déductives du monde, c’est aux faits de se conformer à la théorie parfaite qu’on s’est élaboré et, en ce sens, tu n’as pas le droit de te demander « Quelle place le choléra a dans le plan d'élimination du Zimbabwé par les forces internationales » sans qu’on te soupçonne d’être un agent de l’impérialisme occidental.

La deuxième vision du monde, celle que toi et moi partageons, est inductive. Elle advient de manière radicale, dans l’histoire de la science, avec des gens comme Roger et Francis Bacon (et plus tard des savants comme Newton), qui ne veulent tirer de vérité que de l’expérience, et pour qui aucune théorie ne peut contredire les faits pratiques. Elle part donc des faits particuliers pour élaborer la vision d’ensemble.

Par exemple, si l’on met ensemble tous les errements de Mugabe dès sa sortie de prison, ses assauts ethnicistes contre la Zapu originelle de Joshua Nkomo, les massacres dans le Ndébélé land, sa gestion népotique du pouvoir, sa réforme agraire catastrophiques, ses choix de politiques économiques qui ont fait migrer la moitié de la population de son pays, son illusion qu’il a été choisi par Dieu himself, etc. , l’image globale que tout cela donne de Mugabe n’est pas celle du héros que certaine ancienne ministre malienne de la culture veut donner.

Question pour toi, nti Edzimbi : dans quelle catégorie places-tu les intellectuels kamerunais ? Déductifs ou inductifs ?

Note que les masses populaires kamerunaises sont loin de ressembler à nos intellectuels et je ne connais pas beaucoup de sauveteurs et de vendeuses du marché Ekounou qui apprécient Mugabe et ses frasques.

Bonne soirée à toi. C’est dommage que je sois trop occupé maintenant pour venir plus souvent sur CIN. Je viens de temps en temps jeter un coup d'oeil par la fenêtre. Mais je dois dire que ma déception est souvent grande, et que le bon vieux CIN d'antant, avec ses débats élevés et passionés, me manque énormément.

_________________
Le Kamerun est notre patrie. L'Afrique est notre avenir. (Devise du Manidem)


Top
 Profile  
 
 Post subject:
New postPosted: 27 Jan 2009 11:49 
Offline
Member

Joined: 30 Jul 2002 20:00
Posts: 182
Location: Nkomo (Yaoundé)
Edzimbi,

Puisque je suis toujours dans les parages, je vais passer en revue quelques âneries de notre Professeur Docteur Doyen de Faculté, conflictologue émerite, etc.

Il (le MDR) se donne un dirigeant noir, Morgan Tswangirai, pour partir à l’assaut du pouvoir après avoir, par les ajustements structurels, affaibli complètement le pays et le gouvernement.

Je croyais que c’est Mugabé qui avait inscrit le Zimbabwe aux plans d’ajustement structurel. Banzaî !

Le choléra est une autre arme utilisée contre le Zimbabwe pour dégrader son image du Zimbabwe et l’affaiblir.

Le professeur docteur doyen conflictologue a oublié de faire des études de médecine pour étoffer son CV. Il aurait su d'où vient le choléra (véritable maladie honteuse qui indique le niveau de mal être d'un peuple)

Le MDC est un parti de Blancs, un parti rebelle, un parti de connivence avec les intérêts internationaux. Le MDC est un parti qui utilise un Noir pour se donner une couleur locale, autochtone, une couleur de la majorité avec laquelle il lui devient possible de prendre le pouvoir.

Quand un prof fait fonctionner la mitraillette rhétorique ! Et l’on voit qu’un parti de Blancs est nécessairement satanique (ce qu'il faudrait démontrer) Joe Slovo, secrétaire général du parti communiste sud-africain et éminent dirigeant de l'ANC était certainement un Noir peint en Blanc. On voir avec ce prof comment un racisme primaire insidieux, qu'on juge presque normal chez le Noir, sert à justifier sa propre médiocrité.

Le gouvernement d’union est un gouvernement non gouvernemental. Son but est d’empêcher le fonctionnement de l’Etat.

Mais non mais non, prof ! Le gouvernement d’union intervient quand le rapports de forces entre des entité politiques contradictoires est à somme égale et qu’on veut éviter l’explosion d’un pays ou d'un Etat. Mais d’où sort ce prof mboutoukou ? Or la situation actuelle au Zimbabwe requiert, pour peu qu'on ait un peu de patriotisme, l'acceptation d'un gouvernemnt d'union nationale.

Ce type me fatigue mal mal ! Je m’arrête là pour ne pas exploser.

Bonne soirée again, nti Edzimbi.

_________________
Le Kamerun est notre patrie. L'Afrique est notre avenir. (Devise du Manidem)


Top
 Profile  
 
 Post subject:
New postPosted: 27 Jan 2009 18:39 
Offline
Member

Joined: 31 Jan 2002 20:00
Posts: 825
A mwé Bekolo, je reviens vers toi, parce que certains partages me manquent aussi. Ironique: je t'écris depuis un drôle de promontoire qui me fait perdre partie du texte auquel tu as commencé de donner suite. Tant pis. J'en ai ri.
Les intellectuels kamerunais donc. Akié! Jeune garçon, je fus bouleversé à vie par une image de bande dessinée. '' Il était une fois le Cameroun''. Un homme dans une taie de sang. Ils m'ont trahi, disait-il. C'est ainsi que j'ai connu Ossendé Afana. La bouche dans la boue, Bekolo. J'avais huit ans. Aucun recul je crois.
Ossendé Afana. Plus tard, savoir que l'on pouvait dire de ce patriote mort en trahi qu'il était un intellectuel achevait de m'édifier sur le chapitre des intellectuels camerounais.
Ils se reconnaîtraient aux risques encourus par leur engagement auprès des causes qui leur auraient importé. Vois-tu, je tente de planter les bornes de reconnaissance de l'intellectuel camerounais:une ou un qui aurait rencontré le renom ailleurs qu'en politique par exemple, par ses talents d'artiste, d'homme ou de femme de culture, de lettres ou de sciences. Il, elle mettrait ensuite ce crédit au service d'une cause, quitte à en voir son aura dissipée dans ces brumes-là.
D'où le fait que les premiers intellectuels kamerunais soient morts au champ d'honneur, au champ du Cameroun-Kamerun à mon sens. Ils avaient à tel point mal à leur Cameroun ( référence aux Espagnols pleurant la grandeur injuriée de leur patrie) qu'ils en sont morts.
Ossendé Afana. Economiste de haut vol embourbé dans les joutes idéologiques et l'action armée. Mort. Félix Moumié. Homme de sciences, tenant de visions identiques à Ossendé. Bernard Nanga. Homme de culture,universitaire, mort comme chien. Eborzel, le symbole, pour Nanga, de la gestion du Cameroun. Jean-Marc Ela, Engelbert Mveng, le désir de concilier l'Afrique ancienne au christianisme. Morts humiliés aussi. Cervelle à l'air et exil, afin de les humilier de parler langue étrangère au catéchisme des pouvoirs légaux. Mongo Beti, la face contraire de Ferdinand Oyono.


Last edited by Edzimbi on 27 Jan 2009 20:55, edited 1 time in total.

Top
 Profile  
 
 Post subject:
New postPosted: 27 Jan 2009 20:10 
Offline
Member

Joined: 31 Jan 2002 20:00
Posts: 825
Je ne voudrais pas paraître discriminer parmi elles selon que la figure intellectuelle s'oppose ou compose avec le pouvoir en place. Simplement, il me semble nécessaire de noter souvent l'absence d'un des deux critères cumulatifs d'élection de l'intellectuel énoncés plus loin.
Soit la notoriété, la légitimité conquise loin du champ d'engagement ultérieur, soit ledit engagement manqueraient pour accréditer le statut d'intellectuel. Ferdinand Oyono passera à la postérité pour avoir été un grand romancier. Jamais il n'a défendu de cause en dehors de ses écrits littéraires. Il n'a jamais usé des qualités littéraires que l'on lui prêterait pour défendre même le régime de Biya qu'il sert. L'intellectuel supposé aurait laissé,auquel cas,les plus belles pages de l'engagement politique en portant la contradiction à Mongo Beti par exemple, pourfendeur impénitent du camp d'Oyono. Je cherche encore la défense d'Oyono, son plaidoyer pour le régime Biya. En vain. Voilà qui me mène droit à la génération qui suit celle des anciens colonisés. Emerge un nom devant moi: Mbembé. Reconnu par l'Université, il appose le crédit du chercheur jusqu'à des thèmes tels que ceux d'Eto'o footballeur atypique, citoyen typique d'un pays mangé par les ruines et la peste des esprits.
A cette génération manque, je crois, de s'être imposée à leurs compatriotes par leurs qualités. Beyala, par exemple, a bien trop indiqué le Nord de sa boussole: les réalités de la société qui l'a sacrée reine: la France.
Le cas d'un prétendant déclaré mérite le détour. Bassek.


Top
 Profile  
 
 Post subject:
New postPosted: 28 Jan 2009 16:16 
Offline
Member

Joined: 13 Sep 2004 6:59
Posts: 17
Location: Nowhere
Le Edzimbi et l'autre cabral

Que vous etes lourdingues!!!
Au lieu de blablatter sur la consistance intellectuelle des uns et des autres donnez votre point de vue sur le probleme souleve par le post! Votre contribution quoi! Epargnez nous votre bavardage desuet et incongru.

Ahhh vous êtes l 'exemple (edzimbi plus encore) même du noir pseudo savant mais bigrement inutile!! aligner des mots ne fait pas forcement de vous une personne intelligente.

Pathetique.


Top
 Profile  
 
 Post subject:
New postPosted: 28 Jan 2009 19:58 
Offline
Member

Joined: 31 Jan 2002 20:00
Posts: 825
Observateur, Observateur, tu sembles plus léger que nous. Plus authentique que nous: nous nous amusons et cela te nourrit l'urticaire. Plus autochtone même: comme moi tu as donné ton avis sur notre monde. J'ai jugé les autres. Cela tu le trouves pathétique. Ce faisant tu nous juges toi-même, la morgue en prime. Tu voudrais nous voir serrer de près le post. Ce que tu te gardes de faire, rendant notre théâtre plus absurde, plus lourdingue qu'il ne l'aurait été avant ton entrée en scène.

Tu as donc compris que nous serions très contents de lire ta contribution sur Mugabe, Zasséli, Aminata Traoré, le Zimbabwé.Ta 15è, la plus légère souhaitons-le, intelligence oblige. Parce que même si tu ne le croyais pas, c'est à partager que nous étions. Sauras-tu ne pas polluer davantage les intentions fraternelles de tous les posts qui ont précédé le tien? Vais-je encore être le masque qui t'empêchera de voir que ta contribution seule manque d'appétit de vivre?
Ta 15è contribution soit-elle ainsi la moins lourdingue des trois sur le sujet qui nous réunit, sujet auquel tu fais si bien de rappeler nos lourdeurs et légéretés.

Quelque chose d'utile enfin, selon l'entendement que tu t'en ferais. Un blabla sans pathos, sur le post. Que nous partagions vraiment tes observations par l'exemple.

Ne fuis pas,hein? On ne faisait que ce qu'on pouvait,nous. Pardonne le hors sujet. Et à toi de montrer par ta contribution prochaine que tu es le noir pas savant, utile comme léger. Partager ta contribution au fond sur ce post honorera mes abeilles. Et épargne-nous de te voir tomber plus bas que nous dans ta prochaine sortie. En faisant plus salement la besogne que tu voudrais décrier. En persistant sur l'épithète savoureux, nu, gratuit.

Au fond donc, en tout léger sur le Zimbabwé!
A nos postes d'observateur, cette fois, ne vous en déplaise.

De l'intelligence noire et pas fardée, enfin à l'oeuvre!


Top
 Profile  
 
 Post subject:
New postPosted: 03 Feb 2009 14:47 
Offline
Member

Joined: 31 Jan 2002 20:00
Posts: 825
Au voyageur qui passe, apporte le lit et l'écuelle d'eau. La lune brille pour tous. Il est heureux qu'elle apaise les âmes qu'elle veille.
Je reviens à notre sujet, Bekolo, si tu veux bien. Après offert tout ce temps l'espace d'expression et de partage plus apaisé, plus fraternel, plus humilié, à l'Observateur. Hangana hangana mëbè a nga hanga abè ongëm. Ma crainte de ne pas écouter suffisamment ce que les attitudes malaisées, les mots pris pour valets d'onanisme disent sur eux-mêmes.
Les mots de l'Observateur éclairent bien le sujet que tu m'as posé. Qui suis-je donc? Mod, un être, man dzom kala, pour préciser, surtout une personne nourrie des cultures de sa terre natale, de celles qui se seront ajoutées à ces dernières, au gré de ses séductions diverses,incluant l'homme d'Asie, la femme d'Amérique, l'arbre d'Europe? Ou, tout au contraire, serais-je un Noir, c'est-à-dire un dont la couleur de peau supporterait l'essentiel de ce qu'il voudrait être?
Vois-tu, je trouve que les intellectuels camerounais sont des exemples éminents à citer à nos frères et soeurs plus jeunes. Pourrais-je redire cette notion d'intellectuel bien distincte de celle d'universitaire, d'homme, de femme de lettres, de culture, de sciences,etc.?
Bernard Nanga mériterait tant d'être plus connu des Camerounais! Sur le chapitre ''Noir'', Nanga met en garde contre ce qu'il appelle '' le piège de la peau'', si je ne m'abuse.
Pourtant, l'intellectuel, camerounais ou pas, pourrait-très peu objectif-, se reconnaître à ce qu'il ne se dit jamais, ou à peine, intellectuel.
Bassek Ba Kobhio revendiquait ce statut un dimanche de notre enfance, sur CTV. Il existerait moins de dix intellos camer au sens serré du terme. Il en était, ''bien sûr''. Une morgue!Bassek me semble montrer, de sa réclamation, toutes les charges d'hypnose du statut d'intello. Le père de'' L'homme blanc de Lambaréné'' serait au mieux un homme de l'art: écrivain, cinéaste. Cela n'en fait pas, tant s'en faut, l'intellectuel. Achille Mbembé, si, Elenga Mbuyinga, si. Humble avis.


Top
 Profile  
 
 Post subject:
New postPosted: 03 Feb 2009 19:36 
Offline
Senior Member

Joined: 23 Jan 2005 16:27
Posts: 3615
Milles excuses de vous interrompre dans vos tirades interminable et si poétiques mais je pense avoir posté un sujet qui me turlupine quand à me demander si Mugabe est un martyr mal compris ou encore un fou illuminé comme l'était certains malades qui ont dirigé notre continent dans le passée ou encore présentement?
Je voudrai comprendre comment un homme qui pourtant d'âpres certaines personnes (l’article) veut sauver l’Afrique du joug des colonisateurs.
Je constate juste qu’il y a des millions de mort au Zimb..., et que le cholera tue par milliers chaque jour.
Que la misère gagne du terrain si pas général.
Je pose alors la question :
Au nom de l'africanisation doit-on laisser mourir des millions d'innocents?
Pour le maintien au pouvoir d'un individu quelle est le prix à payer?
Parce que depuis qu'il est la mm si machination il y a de la part des pays occidentaux comment se fait t'il qu'il n'ai pas le soutiens de ces frères Africains?
Si j'ai bien compris il le condamne mm ?
S’il voulait le bien de son pays pourquoi ne pas se dire que je ne suis pas capable je laisse le relaie ?
Toujours cette soif du pouvoir au mépris de la vie ?
Donc quelle sont vos pensés les plus profondes par rapport à ce mal que nos pays subissent depuis si longtemps ?
Des despotes qui refusent de lâcher le pouvoir mm au détriment et la destruction total de tout un peuple.
Pour combien de temps encore pour que notre cher continent puissent enfin se lever et dire non a ce genre de génocide ?
Pouvons-nous répondre précisément à ces questions et débattre autour de cela comme dans le bon vieux temps s.v.p.
Merci

_________________
I'm the one .....


Top
 Profile  
 
 Post subject:
New postPosted: 04 Feb 2009 12:08 
Offline
Member

Joined: 31 Jan 2002 20:00
Posts: 825
Faustin Cabral Bekolo wrote:
Edzimbi,

Puisque je suis toujours dans les parages, je vais passer en revue quelques âneries de notre Professeur Docteur Doyen de Faculté, conflictologue émerite, etc.

Il (le MDR) se donne un dirigeant noir, Morgan Tswangirai, pour partir à l’assaut du pouvoir après avoir, par les ajustements structurels, affaibli complètement le pays et le gouvernement.

Je croyais que c’est Mugabé qui avait inscrit le Zimbabwe aux plans d’ajustement structurel. Banzaî !

Le choléra est une autre arme utilisée contre le Zimbabwe pour dégrader son image du Zimbabwe et l’affaiblir.

Le professeur docteur doyen conflictologue a oublié de faire des études de médecine pour étoffer son CV. Il aurait su d'où vient le choléra (véritable maladie honteuse qui indique le niveau de mal être d'un peuple)

Le MDC est un parti de Blancs, un parti rebelle, un parti de connivence avec les intérêts internationaux. Le MDC est un parti qui utilise un Noir pour se donner une couleur locale, autochtone, une couleur de la majorité avec laquelle il lui devient possible de prendre le pouvoir.

Quand un prof fait fonctionner la mitraillette rhétorique ! Et l’on voit qu’un parti de Blancs est nécessairement satanique (ce qu'il faudrait démontrer) Joe Slovo, secrétaire général du parti communiste sud-africain et éminent dirigeant de l'ANC était certainement un Noir peint en Blanc. On voir avec ce prof comment un racisme primaire insidieux, qu'on juge presque normal chez le Noir, sert à justifier sa propre médiocrité.

Le gouvernement d’union est un gouvernement non gouvernemental. Son but est d’empêcher le fonctionnement de l’Etat.

Mais non mais non, prof ! Le gouvernement d’union intervient quand le rapports de forces entre des entité politiques contradictoires est à somme égale et qu’on veut éviter l’explosion d’un pays ou d'un Etat. Mais d’où sort ce prof mboutoukou ? Or la situation actuelle au Zimbabwe requiert, pour peu qu'on ait un peu de patriotisme, l'acceptation d'un gouvernemnt d'union nationale.

Ce type me fatigue mal mal ! Je m’arrête là pour ne pas exploser.

Bonne soirée again, nti Edzimbi.


Babu, voici les réponses qui déjà ont été apportées. A mon avis, elles disent tout, de ce que les contributeurs qui ont daigné s'intéresser à ton post en pensent.

De plus, ce post pose clairement la question de la légitimité de certains relais de la pensée. Ici, tu as posté un article supposé être celui d'une ex-ministre devenue écrivaine, militante altermondialiste, puis l'interview d'un expert en conflicts, professeur de philosophie. Répondre à ton post ne doit pas empêcher l'esprit de faire le lien entre Mugabé et celui qui parle de Mugabé, comme c'est le cas ici dans ton post. J'ai la faiblesse de le penser, pour ma part. De plus, j'aurais été fort content de voir un post mien connaître une telle suite, très liée au sujet de départ: tu parles d'africanisation de Mugabe, etc, si tu dépasses le sentiment, légitime, que la manière , dite poétique pour toi, pourrait te laisser, les réponses, sans doute pas très directes, sont bien là: eviter le piège de la peau, comme le suggère Bernard Nanga, ne répond-il pas à ta question-ci:"Au nom de l'africanisation doit-on laisser mourir des millions d'innocents?".

Pour être franc, un homme de culture camerounais demandait, souvent, avant une de ses chansons, "White against black", à l'auditoire de bien vouloir lire entre les lignes.

Ainsi, à ta question de comprendre si Mugabé est un martyr mal compris, par exemple, voici encore une réponse déjà postée depuis, en plus de celle de Bekolo: Cette sortie du professeur de philo pourrait faire peur. Les accents emportés de son propos changent, il est vrai, de l'habituelle lourdeur des universitaires. On a l'impression de le comprendre plus facilement, et mieux. L'impression donne froid au dos, si l'on désire vraiment y comprendre quelque chose.

Monsieur Zasséli, spécialiste des conflits selon le journal, a peut-être très bien fait de ne pas se présenter comme autre chose. Professeur de philosophie, assez déjà pour susciter l'inquiétude. Pour lui, l'essentiel de la situation actuelle du Zimbabwé le doit aux Blancs: blancs zimbabwéens et blancs détenteurs de la force internationale. On peine à suivre le professeur de philosophie lorsqu'il manque de nuance entre plusieurs situations dont celles-ci:

- S'"enrôler" dans une formation créée par des Blancs dans un pays multiracial est-il en soi être vendu à des intérêts racistes?

- Quelle place le choléra a-t-il dans le plan d'élimination du Zimbabwé par les forces internationales?

- Existe-t-il une contradiction entre le fait de vouloir que le pays soit liquidé et les connivences alléguées entre le MDC et les forces internationales?

Cet article pourrait enseigner la méfiance envers la manipulation inconsidérée de certaine histoire par les hommes."


ou encore celle-ci, dans un autre post, qui aborde ton interrogation à propos de ceux qui s'accrochent au pouvoir, qui ressemblent aux autres dictateurs: Mugabé reconduit la même logique d'espoirs nés devant l'indépendance, formelle ou réelle d'un pays africain, suivis, très vite, de la conviction que le leader de la lutte pour l'indépendance est un chef de village et en tant que tel au-dessus de toute contradiction. Viendront après lui des bébés dirigeants, autant buveurs de sang nègre que leur Père de la Nation précédent. Un auteur zimbabwéen, depuis dix ans aujourd'hui, noir s'il faut le préciser, féru des cultures shona, ndébélé et même zoulou, n'arrête pas de mettre le monde en garde contre Mugabe. Passons: que vaut la parole d'un prétendu manieur de mots, quand c'est l'inculture assumée qui conquiert les meilleures parts de marché, sous les dehors du pragmatisme et du modernisme?

On ne peut parler de choses complexes avec oeillères et raccourcis. Le sujet que tu poses fourmille de tiroirs que toi-même n'as pas épuisés. Et nul ici n'aspire à être péremptoire, définitif.

Pour le reste, comme avant, comme au début, la manière a souvent engendré des réticences, des silences, mais, là est le lot de CIN, à mon avis: diaspora. Riche, mais pas toujours de générosité en priorité.


Last edited by Edzimbi on 05 Feb 2009 11:57, edited 1 time in total.

Top
 Profile  
 
 Post subject:
New postPosted: 04 Feb 2009 15:03 
Offline
Member

Joined: 31 Jan 2002 20:00
Posts: 825
''On voit avec ce prof comment un racisme primaire insidieux,qu'on trouve presque normal chez le noir,sert à justifier sa propre médiocrité.'' Tu as parlé d'africanisation dans cette affaire de la maison de pierre, babu. Le Zimbabwé.

L'article qui lance ton post fait parler un expert ivoirien. Celui-ci comprend la situation zimbabwéenne avec un outil particulier: la lutte du continent africain contre les continents euro-américains, partant, la lutte des Blancs contre les Noirs. Tu appelles cela l'africanisation. Un terme qui fait penser à la fameuse loi-cadre de Gaston Deferre. Etre Africain n'est pas avoir la peau noire,ceci dit. Mugabe a dit vouloir distribuer les terres exploitées par les fermiers zimbabwéens blancs de manière plus équitable. Initiative louable, si l'on voulait par là promouvoir une société zimbabwéenne riche de ses meilleurs talents, blancs et noirs. Un Zimbabwé plus apaisé, multiracial.
Or, il était pour cela nécessaire de rendre plus clairs les critères de sélection des Noirs à enrichir comme des Blancs à démunir. Ceci en ayant compris le bien-fondé d'une redistribution. J'en doute, pour ma part. Trop d'Africains insultent l'Afrique lorsqu'ils lui prêtent la paternité des comportements incohérents, irrationnels qu'ils voudraient dénoncer. Que penser du dirigeant qui donne priorité aux seules qualités d'appartenance tribale pour comprendre les lois du marché, la finance, la psychologie des foules? Ce procès-là de l'Afrique est inique. Il aboutit à rendre l'Afrique repoussoir.
Africaniser,si cela était le cas, ne vaudra jamais une vie, une seule.


Top
 Profile  
 
 Post subject:
New postPosted: 11 Feb 2009 11:23 
Offline
Senior Member

Joined: 11 Mar 2002 20:00
Posts: 2835
Espérons et sohiatons que ce sera aussi la fin de l'embargo économique dont les Zimbabwéens sont les principales victimes, jusqu'à preuve du comtraire...

Zimbabwe : le rival de Mugabe devient premier ministre
Flore Galaud (lefigaro.fr)
11/02/2009 |

L'ancien syndicaliste Morgan Tsvangirai a prêté serment mercredi devant le président, en vertu d'un accord de partage du pouvoir signé en septembre. La communauté internationale reste pour l'instant prudente sur ce nouveau gouvernement.

Un nouveau tournant dans l'histoire du Zimbabwe. Après dix années de lutte acharnée, Morgan Tsvangirai et Robert Mugabe devront désormais cohabiter. L'ex-syndicaliste a prêté serment mercredi comme Premier ministre devant son rival de toujours, le président Mugabe, en vertu d'un accord signé en septembre. Les deux hommes devront trouver le moyen de travailler ensemble à la reconstruction du pays, gravement touché par la crise économique mais aussi par une crise sanitaire, due à une épidémie de choléra.

A 56 ans, celui que les Zimbabwéens surnomment affectueusement « l'homme aux grosses joues » se voit enfin récompenser de sa victoire aux élections générales [législatives] du 29 mars 2008, où son parti, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) avait raflé le contrôle du Parlement. Morgan Tsvangirai était également arrivé largement en tête lors du premier tour du scrutin présidentiel, au mois de mai. En juin, pourtant, il avait du renoncer à la course à la présidence, cédant face aux violences exercés à l'encontre de ses partisans. Robert Mugabe, alors seul à concourir au second tour, avait été logiquement élu, malgré un boycott du MDC.

Le chef de l'opposition, déterminé à accéder au pouvoir, avait alors décidé de jouer la carte internationale, en sollicitant l'ouverture de négociations avec le président Mugabe sous l'égide de l'Afrique australe. Un pari qui s'était avéré payant puisque le 15 septembre, les deux hommes signaient le fameux accord historique de partage de pouvoir : Mugabe restait président, et Tsvangirai deviendrait premier Ministre, poste qui jusqu'ici n'existait pas au sein du gouvernement.

Trouver des donateurs internationaux


Le gouvernement d'union, conformément aux souhaits de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) devrait être officiellement formé vendredi. Tendai Biti, secrétaire général du MDC connu pour ses discours enflammés, entrera également en fonction au gouvernement en tant que ministre des Finances. Un poste-clé, vu l'état du pays : Tendai Biti aura notamment en charge de convaincre les donateurs internationaux de délivrer des milliards de dollars pour aider à la reconstruction de l'Etat.

La communauté internationale préfère toutefois rester prudente face à cette nouvelle coalition. La délégation de l'Union européenne a pour le moment seulement expliqué dans un communiqué « se tenir prête à soutenir le rétablissement économique et social du Zimbabwe une fois que le gouvernement montrera des signes de respect pour les droits de l'Homme, l'Etat de droit et la stabilisation macro-économique ». Pour le SADC, Si Mugabe et Tsvangirai ne parviennent pas à travailler ensemble, des élections anticipées pourraient être mise en place. Mais Mugabe, bientôt 85 ans, a d'ores et déjà signifié qu'il n'avait pas l'intention de quitter la tête de l'Etat, qu'il dirige d'une main de fer depuis maintenant 29 ans.


Top
 Profile  
 
Display posts from previous:  Sort by  
Post new topic Reply to topic  [ 16 posts ]  Go to page 1, 2  Next

All times are UTC - 5 hours [ DST ]


Who is online

Users browsing this forum: No registered users and 3 guests



Search for:
Jump to:  

Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group & Cameroon-Info.Net