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Concours: 8700 élèves-maîtres à recruter
Le Messager
Douala, le 14 Mai 2003
© Alexandre T. Djimeli | Le Messager
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L’Education nationale veut de nouveau recruter des citoyens à former pour la profession d’instituteur. Mais le concours est boudé par ceux qui estiment que cette formation n’a plus d’issue professionnelle fiable.
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Concours: 8700 élèves-maîtres à recruter
Le Messager
Douala, le 14 Mai 2003
© Alexandre T. Djimeli | Le Messager
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L’Education nationale veut de nouveau recruter des citoyens à former pour la profession d’instituteur. Mais le concours est boudé par ceux qui estiment que cette formation n’a plus d’issue professionnelle fiable.
Le ministre de l’Éducation nationale a signé, fin avril, une “décision portant ouverture d’un concours d’entrée dans les écoles normales d’instituteurs de l’enseignement général (Enieg)”. A l’issue de la compétition qui se déroulera “le 10 juillet 2003 dans les dix chefs-lieux” de provinces du pays, 8.700 élèves-maîtres seront recrutés dans les Enieg pour le compte de l’année scolaire 2003/2004. Comme d’ordinaire, ce concours intéresse les “jeunes Camerounais des deux sexes âgés de 17 ans au moins et de 32 ans au plus (...)” titulaires du baccalauréat ou du Gce Advanced Level, du Certificat de probation ou du Bepc. Le dossier dont les frais s’élèvent à environ 13.000 Fcfa est reçu dans les délégations provinciales de l’Éducation nationale jusqu’au 6 juin 2003. Et ceux qui font acte de candidature seront examinés en dictée/question (niveau Bepc), étude de texte (Probatoire), dissertation philosophique ou littéraire (bac), mathématiques (tous les niveaux), deuxième langue : anglais/français (tous les niveaux). La décision du ministre n’indique pas la date de publication des résultats, mais précise qu’ils seront “publiés par communiqué de presse et de radio”.

On aurait pu s’imaginer que les enseignants et les parents accueilleraient cette “bonne nouvelle” avec beaucoup de joie. Mais force est de remarquer qu’ils jettent plutôt l’anathème sur cet avis de concours. Pour Pierre Roger Doungué, ancien normalien et commerçant à Bafoussam, “il s’agit d’une agitation pour rien. Car l’école normale n’est plus un endroit où quelqu’un peut envoyer son enfant en formation. C’est un perd temps”. Il n’est pas seul à le penser ainsi. Elong Jean-Baptiste, professeur de l’enseignement normal, estime qu’il “ne sert à rien de former des gens sans se soucier de leur avenir professionnel”. A Douala, cet avis de concours ne semble pas émouvoir les citoyens outre mesure, comme c’est souvent le cas pour les autres concours. Madame Deume habitant le quartier Bépanda, s’adressant à son époux qui aurait souhaité qu’elle “tente ce concours pour fuir la maison”, a répondu à ce dernier : “je ne peux pas aller faire une formation sans savoir où je vais avec çà”. Ainsi, le malaise est perceptible et on se demande bien comment on en est arrivé à déprécier cette école qui forme les formateurs du Cameroun de demain.


L’Enieg, un pis-aller

“Le malheur des Enieg aujourd’hui est de former des enseignants qui ne sont plus professionnellement intégrés”, affirmait Joseph Dongmo, instituteur principal, dans les colonnes de L’Étoile Educative en février 2001. Selon le décret organique qui régit les écoles normales d’instituteurs (Eni) et qui date de 1982, les élèves qui y entraient étaient d’office fonctionnaires de l’État. Entre 1990 et 1995, ces écoles ont fermé, sur la pression des bailleurs de fonds qui exigeaient la réduction des effectifs de la Fonction publique. Fin 95, par une instruction du Mineduc, ces écoles ont été ouvertes “aux instituteurs du secteur privé”, alors que l’État accusait un déficit de plus de 30.000 maîtres dans les écoles publiques. Aujourd’hui, environ 20.000 instituteurs ont déjà été formés. 1.700 sont intégrés en catégorie B1 de la Fonction publique, mais tous ne sont pas encore pris en solde. Environ 8.000 d’entre eux servent comme vacataires et touchent un pécule de 60.000 Fcfa / mois payé pendant 10 mois sur 12. Le reste, jeté dans la rue, “se cherche autrement”.

Alors que quelques-uns travaillent dans les écoles privées “où on ne paie pas du tout bien”, beaucoup sont devenus policiers ou vendeurs à la sauvette. Certains se sont reconvertis dans la couture, la coiffure, etc. L’année dernière, le concours de recrutement a reçu moins de postulants que de postes disponibles. En conséquence, “on peut avoir des premières années de 20, 12, voir 6 élèves (...) pour un encadrement assuré par au moins une trentaine de professeurs et agents administratifs payés par l’État et mobilisés pour les suivre pendant trois ans”, dénonce un délégué du Mineduc. Et “le gros des effectifs est constitué, aux quatre cinquièmes, de filles et de femmes mariées”, constate le rapport d’une Ong. Ainsi, la quarantaine d’Enieg réparties dans tout le Cameroun, semblent être le repaire des femmes qui ont tout tenté dans leur vie, avant d’y échouer. Mais “à la sortie, elles semblent privilégiées pour le recrutement. (...) à cause de la pression que leurs époux exercent sur les délégués (chargés de faire les recrutements de vacataires), par autorités diverses interposées”. C’est ainsi que le jeune homme qui devrait être recruté et exploité à bon escient est rejeté. “Cela décourage les gens qui ne veulent plus s’engager pour cette formation”, conclut M. Elong. Ainsi, malgré l’espoir suscité par le recrutement de 30.000 instituteurs annoncé par le chef de l’État, les jeunes ne semblent pas très motivés à présenter le concours d’entrée à l’Enieg.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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