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Richard Bona, présenté comme l'un des trois meilleurs bassistes du monde, a promis d'entrer en communion avec les siens le 27 décembre dernier, dans le cadre du festival musical Yaoundé en fête (Ya-fe), dont il est l'invité spécial, pour cette troisième édition. Bona ne s'est pas contenté de tirer son spectacle sur plus de deux heures comme il l'avait également promis. D'ailleurs, à la fin de son spectacle, vers 23h, Richard Bona offrira au public une autre dernière chanson. Une causerie avec le public qu'il n'a cessé de glorifier, estimant que les Camerounais sont les plus forts. Et comment ne peut admirer cette symphonie entre la qualité du son et celle des instruments, ainsi que cette voix qui peut alterner entre la forte et grave du chanteur de Jazz et la langoureuse du chanteur de Blues.
Le public n'avait presque pas besoin de reconnaître ces chansons connues, peu connues ou tout simplement inconnues. Richard Bona, invité par l'opérateur de téléphonie mobile Mtn " nous a fait oublier certains spectacles tirés par les cheveux au Cameroun ", s'est réjoui Alain Boula, un mélomane sorti avec son épouse et son fils d'un an. Un jeune, passant presque rapidement pour regagner la sortie vers la fin du spectacle, pouvait lancer : " Richard Bona dépasse Michael Jackson ". Sa complicité avec le public est plus marquante lorsque le public demande au bassiste d'exécuter Lady Ponce, la vedette de la musique camerounaise de l'heure. Richard Bona qui venait d'exécuter un Mangambeu peut sourire.
Mais, celui qui venait présenter son dernière trouvaille, un album live enregistré lors d'un concert à Budapest en Hongrie et intitulé " Bona make you swear " (Bona vous fait transpirer), trouve néanmoins une inspiration subite, lui qui offre en moyenne 160 spectacles par an, pour faire transpirer le public, apparemment plus nombreux à l'extérieur de l'enceinte du festival. Parmi eux, les vendeurs des disques compacts (Cd) piratés ont investi la chaussée du boulevard du 20 Mai, proposant en prime les produits dans lesquels l'on pouvait retrouver la vedette de la soirée Richard Bona.
" Je crois que je vais m'offrir un Cd de Richard Bona. J'entendais parler de lui à la télévision. J'écoute souvent ses chansons à la radio. Mais, comme c'est le Jazz, je ne l'avais pas chez moi. Je vais désormais l'écouter ", a confié Eric Fosseu, un mélomane. Pour d'autres personnes ayant fait le déplacement, Richard Bona a offert au public un rêve. " Je venais surtout regarder P.Square qui s'est produit lundi dernier. Mais, Richard Bona m'a offert plus de plaisir ", a avoué Nina Stella. Certains ont même commencé à supputer sur l'hôtel où séjourne le chanteur camerounais, qui est attendu le 20 janvier prochain à la Maison blanche à Washington, dans le cadre de l'investiture de Barack Obama, le nouveau président américain.
Justin Blaise Akono
Festival : Yaoundé fait son jazz
Le rendez-vous annuel entamé le 27 décembre dernier s'achève aujourd'hui.
La onzième édition du festival de musique " Yaoundé Jazz Festival " (Ya-Jazz) s'achève ce soir à Maeva, un cabaret de la ville de Yaoundé, par un méga concert réunissant sur le même plateau plusieurs groupes. Parmi les artistes, Baïs Cooper et bien d'autres invités surprises, selon Stéphane Mauger, l'organisateur. Déjà en ouverture samedi dernier, les mélomanes ont pu retrouver et apprécier les Jingles du Yaounde Jazz Band. Un groupe chapeauté par le doyen en la matière, Francis Kingué, qui dirige également l'orchestre national. Ses jingles et autres effets ont émerveillé les mélomanes qui s'apprêtaient à aller consommer Richard Bona au boulevard du 20 mai. Adala Gildo était aussi là, pour afficher ses prouesses et les secrets de sa longue expérience dans le domaine. Adala Gildo qui évolue en quartet, a offert un Jazz fusion entre le jazz moderne et la musique du terroir.
La onzième édition placée cette année sous le thème de " Jazz et rythme d'Afrique " a accueilli cette année, bien sûr comme lors des précédentes éditions, un groupe étranger. Notamment le Full Vao Band venu de Madagascar, dans l'océan indien. " Compte tenu de ses multiples sollicitations, le groupe malgache ne se produira plus ce soir comme prévu ", a expliqué Stéphane Mauger, le directeur exécutif du festival. Pour le thème, "il s'agit d'indiquer déjà qu'il y a une diversité de genres. A l'instar de l'Afro Jazz. Il est aussi question de rappeler que le Jazz vient d'Afrique. Une sorte de retour aux sources du Jazz", a souligné Stéphane Mauger. Et, les deux soirées consacrées à l'histoire du Jazz à travers les projections cinématographiques permettront, jusqu'à ce soir, de retracer l'évolution de cette musique et sa diversité. Notamment l'histoire des légendes du Jazz tels que Louis Armstrong, Earl Klugh, Miles Davis, Ella Fitzgerald ou George Benson.
Contrairement aux années précédentes, cette édition, est engluée dans les fêtes alors qu'elle se tient généralement au mois de novembre. L'organisateur évoque des raisons financières pour un rendez-vous soutenu par l'organisation internationale de la Francophonie. Et l'absence de grands noms du jazz sur le plan local tels que Baba Moussa ou Ted Mekoulou en est peut-être une illustration. "Ted Mekoulou est encore dans la musique. Baba Moussa est devenu Imam et ses responsabilités l'éloignent un peu de ces espaces ", se défend l'organisateur. Il relève par ailleurs qu' "on ne peut pas programmer tout le monde ou les mêmes à chaque édition"
Et pourtant, le Ya-Jazz a servi de rampe de lancement aux talents tels que Brice Wassi, Caillou, Guy Nsangué, le saxophoniste Ngassa aujourd'hui en Allemagne. Tous rêve de devenir comme des artistes devenus des références dans le monde à l'instar de Manu Dibango ou Richard Bona, tous au pays natal en ce moment. A travers les spectacles que certains mélomanes ont qualifiés de spectacles de qualité, le promoteur dit avoir une ambition : continuer à sensibiliser le public camerounais. "Lorsque quelqu'un me dit qu'il n'aime pas le jazz et qu'il aime la musique de Richard Bona, je comprends que les Camerounais aiment le jazz sans savoir que c'est le jazz ", constate Stéphane Mauger. C'est peut-être la raison pour laquelle le festival de jazz est moins populaire que les Camerounais qui se sont illustrés dans le domaine depuis plus de trois décennies, à l'instar de Manu Dibango, Vincent Nguini, Justin Bowen.
Justin Blaise Akono
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