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Paix à l''âme des disparus!
Pour avoir vécu dans le coin et ayant plusieurs fois ecouté des témoignages des victimes sur les modes d'operatoires de ces Zarguinas, comme on les appelle dans le septentrion, je ne peux que saluer la bravoure de ce chauffeur. Il y a eu perte en vie certe, ce que nous regrettons, mais ces voyous operent avec des methodes barbares qui depassent meme l'entendement du commun des mortels dans leur cruauté. Et le plus souvent, leurs auteurs font partie de la meme communauté ou des villes ou villages avoisinants, donc connus de tous, d'où le port de cagoulés.
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L’axe Kousseri-Maroua est décidément bien loin de retrouver sa quiétude. Car, depuis quelques semaines il ne se passe plus une journée sans que ne soit signalé une opération de ces brigands qui écument les citoyens qui ont le malheur de se retrouver sur leur chemin. Le dernier acte en date étant, l’opération musclée de lundi dernier menée par une dizaine de brigands cagoulés. Opération conduite autour de 13h à quelques encablures du poste de péage de la cité touristique de Waza et qui a à ce jour entraîné la mort de trois personnes. Selon Abdoul Aziz Babadjara, propriétaire du premier véhicule à être tombé dans l’embuscade des coupeurs de route, «je me rendais en fait à Maroua après avoir ramené ma sœur à Kousseri. A bord de ma Nissan primera, j’étais en compagnie d’un policier et d’une femme dans mon véhicule. Quand nous sommes allés après trois kilomètres du péage de Waza, on a aperçu une meute de personnes en tenue du Bataillon d’intervention rapide (Bir). Mais quelques mètres plutôt on a été surpris par des coups de feu. J’ai tenté de faire marche arrière, mais on était en plein dans une embuscade. Ils nous ont fait descendre, ils nous ont tabassé, nous ont fouillé et ont emporté de l’argent» raconte t-il.
Vive allure
Les coupeurs de route ont par la suite intimé l’ordre à Abdoul Aziz de conduire le véhicule Nissan Primera dans un ravin attenant, avant que les trois infortunés ne soient immobilisés à plat ventre. Et c’est au cours de cette séquence qui a duré une quarantaine de minutes que, trois autres véhicules sont tombés dans l’embuscade tendue. Parmi lesquels, le bus de l’agence de Voyage Danay Express.
Un car de transport en commun dont un des passagers que nous avons rencontré hier en fin d’après-midi à Maroua affirme que le chauffeur allait à vive allure ; faisant ainsi échec aux ultimatums donnés par les coupeurs de route.
C’est ainsi que regroupés de part et d’autre de la chaussée, ils vont selon Abdoul Aziz Babadjara, «ouvrir le feu de manière intense. Le chauffeur ne s’est pas arrêté.» Le passager que nous avons rencontré et qui a requis l’anonymat explique que «c’était terrible. Nous suivions des coups de feu. Et c’est ainsi qu’un des passagers a été atteint à la tête, il est mort sur le champ.
De nombreux passagers ont été atteints à la cuisse, au pied…le chauffeur a reçu une balle au tibia. Mais nous avons continué à filer. Nous nous sommes arrêtés près de cinq kilomètres après.» Quelques blessés ont par la suite été conduits à la formation hospitalière de Waza. Alors même que deux passagers trouvaient eux aussi la mort du fait des pertes immenses de sang. Entre temps, les assaillants ont pris la poudre d’escampette laissant au bord de la nationale N°1, les premières personnes immobilisées. Et c’est à ce moment là seulement que les éléments du Bataillon d’intervention rapide sont arrivés. «Ils ne nous ont rien demandé et nous ont laissé nous débrouiller» s’offusque Abdoul Aziz Babadjara.
La recrudescence de ces attaques suscite de nombreuses interrogations, après une bien longue période d’accalmie sur cet axe routier. Les experts des questions de sécurité qui arrivent cet après-midi à Maroua dans le cadre de la commission mixte de sécurité Tchad-Cameroun, se pencheront d’après nos sources sur cette question à travers l’évaluation du système actuel de défense et de riposte du Cameroun au niveau des frontières.
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