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La justice sud-coréenne a ordonné lundi, 30 janvier 2012, une perquisition au ministère des Affaires étrangères, dans le cadre de l'enquête sur un scandale boursier autour de la mine de diamant de Mobilong, localité située dans la région de l’Est au Cameroun. Selon une dépêche de l’Agence France Presse (Afp) publiée hier en fin d’après-midi, la police coréenne a saisi des disques durs d'ordinateurs et des documents diplomatiques échangés entre le Cameroun et la Corée du Sud dans le bureau de Kim Eun-Seok, ancien ambassadeur responsable de l'Energie et du Développement des ressources, et dans les locaux de certains responsables en charge des relations publiques au ministère coréen des affaires étrangères. Après cette perquisition, le soir à la télévision nationale, le ministre des Affaires étrangères s’est excusé pour ce scandale qui éclabousse des dirigeants sud-coréens.
Le premier d’entre eux, Kim Eun-Seok, avant la perquisition de son bureau lundi dernier, a été démis de ses fonctions la semaine dernière, mais reste dans les effectifs du ministère jusqu'à son passage devant un comité de discipline prévu pour la semaine prochaine. Selon le Conseil de l'audit et de l'inspection (BAI) de la Corée du Sud, ce diplomate a joué un rôle crucial dans un scandale boursier en décembre 2010.
Ce mois-là, en effet, le ministère sud-coréen des Affaires étrangères avait annoncé que le gouvernement camerounais avait délivré à la société C&K Mining, filiale camerounaise de la société sud-coréenne C&; un permis d’exploitation de la réserve diamantifère de Mobilong (Cameroun) alors présentée comme étant la plus importante au monde.
Ce communiqué du ministère Sud-coréen des Affaires étrangères indiquait que le volume des réserves estimées de la mine s'élevait à 420 millions de carats, soit 2,5 fois le total de la production mondiale de diamants en 2007. L'annonce avait provoqué une envolée des cours du titre de la société exploitante, C K International&K International, à la bourse de Séoul. L’on découvrira par la suite que le volume estimé de cette réserve diamantifère de l’Est-Cameroun avait été surévalué (il avait été multiplié par dix-sept), avait alors reconnu début 2011 un député du parti au pouvoir devant un comité parlementaire.
Comptes bancaires suspects
L'enquête ouverte en novembre dernier par le BAI va révéler que Kim Eun-Seok avait encouragé ses proches à acheter des actions de cette entreprise juste avant la publication du communiqué dont il avait encadré la rédaction. Grâce à la revente des titres, lui et ses proches ont empoché des gains substantiels.
Selon l’Afp, Kim Eun-Seok clame son innocence dans cette affaire de surévaluation des réserves de diamant du Cameroun à des fins de spéculation boursière, pour laquelle le gouvernement Sud-Coréen, selon certaines sources, a pensé un moment saisir la cour d’arbitrage de l’Onu contre l’Etat du Cameroun. Même si l’on perçoit difficilement le bien fondé d’une telle démarche, les recherches ayant été conduites sur le terrain par la société sud-coréenne, qui avait alors simplement présenté les résultats de ses opérations d’exploration au gouvernement camerounais.
Lequel s’était au demeurant montré très peu triomphaliste sur les estimations trop optimistes de C&K Mining. «Nous attendons la confirmation des estimations présentées par les Coréens», avait déclaré le ministre camerounais des Mines d’alors, Badel Ndanga Ndinga. C’était au lendemain de l’annonce par C&K Mining, de la découverte au Cameroun du prétendu plus important gisement de diamant au monde.
En tout cas, selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, en plus de Kim Eun-Seok, un ancien vice-président et un ex-vice ministre de l'Economie sont également soupçonnés d'avoir joué un rôle dans ce scandale, réalisant pour leurs comptes d'importants profits. Hier, l’on a appris dans cette affaire de perquisition qui a fait la Une de tous les journaux à Séoul, que la police épluche actuellement 59 comptes bancaires suspects appartenant à des responsables de C&K International et à de hautes personnalités de l’administration sud-coréenne.
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