
Alain Blaise Batongue
Photo: © LNE
Alain Blaise Batongue, Directeur de publication du quotidien Mutations, est depuis hier le secrétaire exécutif du Groupement inter patronal du Cameroun, le principal syndicat des entrepreneurs au Cameroun. Il devient ainsi le troisième journaliste, après Emmanuel Noubissie Ngankam, directeur de publication de Dikalo (conseiller du président Siaka, poste qui faisait de lui le vrai patron de la structure), Martin Abega patron du magazine Banques d’Afrique (secrétaire exécutif sous André Siaka, puis sous Olivier Behle), à prendre le contrôle de cette organisation patronal, connue comme le principal interlocuteur du gouvernement dans le cadre du dialogue public privé pour l’amélioration du climat des affaires.
Au sein de la famille médiatique, il aura eu une carrière pleine et enviable. Reporter à la radio FM 94 à Yaoundé, puis à Mutations, fonctionnaire au ministère de la communication. Un des moments forts de sa carrière aura été son passage au secrétariat permanent de la commission de la carte de presse jeune organisme créé par la primature pour assainir le secteur médiatique. ABB, comme ses confrères l’appellent, en démissionnera peu après, probablement lassé par la mauvaise volonté des parties (autorités et hommes des médias), en matière d’assainissement du corps de métier. Lors de la grave crise qui naît au sein de la South media corporation avec le départ de son ami Haman Mana (désormais patron du quotidien le JOUR), ABB choisit de suivre Protais Ayangma, assureur bien connu, et accessoirement patron de presse. Cette fois, c’est Protais Ayangma, qui va souffrir du départ d’un de ses meilleurs hommes. Pour certains, en prenant le contrôle de l’administration du Gicam Alain Blaise Batongue, pion essentiel dans le dispositif de contrôle de la South Media Corporation par l’assureur, fait un pied de nez inattendu à son mentor, qui a récemment créé une organisation patronale «concurrente» au Gicam.
Président de la section Camerounais de l’Union de la presse francophone et vice président mondiale, Alain Balsie Batongue commence à prendre ses distances avec un métier qui lui a pourtant valu de nombreuses distinctions. Parmi les plus marquantes, il y a le prix de la «Meilleure enquête» en 2006 du Cameroon press award décerné par un jury indépendant de La Nouvelle Expression. Plus récemment, il a été fait chevalier des Arts et lettres par la république française. En lui remettant ses insignes lors d’une cérémonie solennelle le 17 janvier 2012 à la résidence de France à Yaoundé S.E. M. Bruno Gain, Ambassadeur de France au Cameroun ne tarissait pas d’éloges sur la carrière de cette belle plume de 47 ans: «Votre parcours professionnel montre au fond ce que disait naguère l’un de nos présidents de la République: «il n’y a pas de meilleurs défenseurs de la liberté de la presse que ceux qui la pratiquent avec le souci de dire très modestement mais très sûrement la vérité (…) ; mais l’honneur du journaliste, c’est aussi de faire partager ses doutes, de se poser des questions et de ne pas céder à la précipitation. Je dirai pour conclure ce bref survol de votre brillante carrière que par votre talent, votre intelligence, vos qualités de plume, vous incarnez une conception très haute et très noble du métier de journaliste. Vous témoignez aussi d’une volonté permanente d’ouverture, notamment vers le monde francophone, avec un constant souci d’écoute, de rigueur et d’excellence; et ce sont précisément tous ces mérites que la France a voulu honorer en vous nommant dans Chevalier l’Ordre des Arts et des Lettres».
Il faut bien le rappeler, Alain Blaise Batongue vient remplacer Martin Abéga démissionnaire, selon certaines sources proches du Gicam , depuis le mois de novembre 2011.