
A sa sortie de prison, Lapiro et Madame
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En avril 2011, Pierre Roger Lambo Sandjo, plus connu sous l’appellation de Lapiro de Mbanga, quittait la prison centrale de Douala sous une forte escorte policière. Après avoir passé 03 ans dans cette geôle, c’est à son domicile de Mbanga que l’artiste musicien recevait, des mains du régisseur, son bulletin de levée d’écrou… un jour avant la date officielle de sa sortie de prison. 09 mois plus tard, votre journal est reparti à la rencontre de l’artiste, dans son fief. Il n’affiche pas très bonne mine, mais revient néanmoins sur son quotidien, sur ses nombreux voyages à l’étranger, sur sa carrière artistique, la sortie annoncée de son livre, le récent scrutin présidentiel, les élections législatives et municipales à venir, ses relations avec le Social Democratic Front (Sdf) et la politique camerounaise, en général. «Ndinga Man» évoque aussi de la chefferie traditionnelle, ses procès, son nouveau combat, la condition des détenus de l’«Opération épervier», de l’«affaire Albatros». Il avoue avoir du mal à se réinsérer dans la société, dont il a été sevré pendant 03 ans, et annonce une plainte contre l’Etat du Cameroun. Lapiro ne se considère toutefois pas encore comme libre. La raison ? Il refuse de payer les 280 millions Fcfa d’amende à lui infligée dans l’affaire des émeutes de février 2008. L’affaire est encore pendante à la Cour suprême, et il risque 05 ans d’emprisonnement s’il est reconnu coupable.
09 mois après sa sortie de prison, comment Lapiro de Mbanga s’occupe-t-il au quotidien?
Je ne peux pas dire que je m’occupe. Je n’ai toujours pas fait le pas entre la prison et la liberté. Il est prévu, dans les textes de l’administration pénitentiaire, un volet consacré à la réinsertion des détenus. Lorsqu’une personne a été privée de liberté pendant un certain temps, lorsqu’elle a déjà purgé les 2/3 de sa peine, elle doit bénéficier de la réinsertion sociale. De ce fait, j’ai été condamné à 03 ans. J’ai passé 02 années en prison, et, pendant la 3è année de détention, je devais sortir le matin, revenir le soir afin de m’habituer au milieu extérieur duquel j’ai été coupé. Cette période de réinsertion dure le tiers de la peine de tout détenu. J’avais 03 ans de prison, j’en ai purgé la totalité sans avoir eu à bénéficier de la réinsertion. Quand je me retrouve dehors, comme cela a été le cas, dans les circonstances où j’ai été éjecté de prison, je n’ai plus de repères. C’est donc cette réinsertion que je me tue à faire aujourd’hui. J’essaie de trouver mes marques dans la société. Fort heureusement, j’ai la chance d’être très célèbre, populaire, je n’ai pas pris de rides dans ma carrière ni dans mon métier. Le public a certes été sevré, à tort, de ma personne et de mes spectacles pendant un certain nombre d’années, mais cela va s’arranger.
Vous n’êtes pas très stable et voyagez très souvent à destination de pays européens…
Pour le moment, c’est le public européen qui s’est beaucoup plus manifesté et m’a sollicité pour des spectacles. Et c’est ce qui a justifié que je voyage énormément pour aller en Europe. C’était pour me produire en spectacle. C’est très récemment qu’il m’est revenu que les autorités administratives avaient, officieusement, pour consigne de ne pas laisser Lapiro de Mbanga prester au Cameroun. Je l’ai su lorsque je suis allé à Kumba, parce que je figurais parmi les artistes qui devaient se poursuite à la foire municipale de la ville. Le préfet a purement et simplement barré mon nom de la liste des artistes invités.
C’est aussi vrai qu’il n’y a pas eu beaucoup de spectacles au Cameroun, si ce ne sont ceux organisés par des proches au pouvoir. Et ce ne sont pas ces gens qui vont inviter Lapiro, surtout que nous étions dans une période post électorale et que Lapiro était capable de mobiliser les foules contre la campagne de leur candidat.
Votre passage à la prison centrale de Douala a donc contribué à davantage vous faire connaître sur le plan international…
Ça c’est vrai, et ce pour plusieurs raisons. J’étais le détenu le plus célèbre de la prison, mais il y a des gens là-bas, aujourd’hui, qui commencent à acquérir une certaine popularité parce que l’opinion sait qu’elles sont en prison pour rien. Parmi ces gens, il y a Paul Eric Kinguè, Yves Michel Fotso et bien d’autres qui sont injustement détenus.
On s’attendait à ce que, après la prison, Lapiro de Mbanga sorte un album. Voici déjà 09 mois et toujours rien…
Je ne suis pas un artiste temporel. Lapiro de Mbanga est un artiste connu de tous sur le plan national et international. La preuve, j’ai eu énormément de pages d’interviewes dans les journaux étrangers tels que Libération, Le Nouvel observateur, Le Monde, Fraternité Matin (en Côte d’Ivoire). Lapiro de Mbanga ne cherche plus se faire découvrir, c’est un label connu pour son combat, qui dure depuis plus d’une vingtaine d’années pour la défense des droits de l’homme et celui contre les inégalités sociales. A quoi cela sert-il, aujourd’hui, de faire un disque si, dès que sa sortie est annoncée, les pirates vont commander des conteneurs de CD vierges pour pirater mon oeuvre, me volant ainsi mon oeuvre de l’esprit et l’investissement financier que cela exige ? Faire un disque, et en faire cadeau aux pirates ? Je vais encore vraiment y réfléchir, mais je ne suis pas très pressé de faire cadeau de mes investissements aux pirates.
Vous avez également annoncé, à votre sortie de prison, la sortie d’un livre. A l’époque, tout semblait presque prêt. Qu’est ce qui a bloqué?
Mon livre est quasiment terminé. Mais sa sortie a été retardée par l’élection présidentielle, qui était en cours, et surtout par les procédures encore pendantes devant plusieurs juridictions camerounaises. Dans ce livre, je parle de mes procès et je ne suis pas encore au bout desdits procès. Si je publie le livre maintenant, il ne serait pas terminé. Cet ouvrage s’inscrit aussi dans la logique de mon combat, qui est celui de dénoncer les injustices sociales du fait de la justice.
Que reprochez-vous à la justice camerounaise?
La justice est rendue au nom du peuple camerounais. En ce qui concerne mon procès, la justice a été rendue au nom du peuple camerounais, mais mal rendue parce que, malheureusement, les juges ont trafiqué, altéré et détourné la justice pour me mettre en prison. Aujourd’hui, nous sommes au niveau de la Cour suprême et ce dossier souffre toujours. Comme les dossiers de plusieurs autres détenus à l’instar de celui du colonel Edouard Etondè Ekoto, dans l’affaire du Port autonome de Douala (Pad). Nos dossiers sont tous partis au même moment à la Cour suprême et, jusqu’aujourd’hui, rien n’est fait. Pourtant, nous avons payé des sommes énormes. En ce qui me concerne, j’ai dépensé pas moins de 350.000 Fcfa pour mon dossier. Ce qui est contraire aux dispositions du Code de procédure pénale (Cpp), qui stipule que c’est le président de la Cour suprême qui multiple les dossiers pour les transmettre au parquet. Le colonel Etondè Ekoto a dépensé pas moins de 2 millions de Fcfa, lui seul comme individu, pour photocopier ses dossiers. Me Abessolo, lui aussi détenu, a dépensé au moins 1 million Fcfa. Chacune des personnes de l’affaire Pad a dépensé plus de cette somme pour multiplier les documents, qui sont depuis longtemps à la Cour suprême.
Les gens veulent conaître leur sort. Et ils ne peuvent même pas bénéficier de la liberté provisoire ou surveillée en attendant voir si, un jour, on pense à appeler leur dossier ! Pourquoi la Cour suprême choisit-elle d’être le mouroir, la morgue des dossiers ? C’est aussi mon combat, et c’est tout ce qui bloque mon livre car je dénonce la manière dont le premier président de la Cour suprême, Alexis Dipanda Mouelle, gère mon dossier. Il n’a pas été élu, et se trouve là par le bon vouloir du président de la République. J’ai porté plainte contre les magistrats de Nkongsamba pour suppression et fabrication de preuves. Le Cpp stipule que, si une partie est lésée, elle saisit le premier président de la Cour suprême et, tout ce qu’il a à faire, c’est de désigner un magistrat pour instruire l’affaire et trois autres pour la juger ainsi que la ville où devra se faire le jugement. Mais, au lieu de le faire, il m’écrit en me disant qu’il parait que ma plainte est prématurée. C’est une honte ! Personne ne lui donne la latitude de juger le timing de ma plainte. Je ne suis pas son subalterne, pour qu’il me fasse un courrier confidentiel!
L’élection présidentielle du 09 octobre 2011 a consacré la réélection du sortant, Paul Biya. Comment avez-vous trouvé ce scrutin?
(Rire). J’étais, moi aussi, en campagne pour le vote du bulletin nul. Et je suis convaincu que le président de la République qui a été déclaré élu sait que c’est moi le vainqueur de cette élection, au regard du taux d’abstention élevé. Elecam a dit que 9 millions de Camerounais étaient en âge de voter, et s’est fixé le défi de faire inscrire toutes ces personnes sur les listes électorales. Au regard du taux d’abstention élevé – pour plusieurs raisons –, si le président est élu avec 03 millions d’électeurs sur les 09 millions possibles, donc seulement le tiers le l’électorat, je crois que le vainqueur c’est moi. Maintenant, son gouvernement et lui sont-ils fiers de gérer seulement le tiers des électeurs ? Je ne sais pas. Mais je constate que les Camerounais ont dit non à M. Biya et à tout un système.
Vous avez annoncé votre démission du Sdf à votre sortie de prison. Maintenez vous votre décision?
J’étais candidat aux municipales de 2007 à Mbanga, pas pour le bon vouloir du Sdf mais parce que les populations de Mbanga, le Rdpc y compris, avaient voulu que je sois maire de Mbanga. Pour la raison que, quand le Rdpc fait des élections à Mbanga et vote des personnes, dès que cette liste va au comité central du Rdpc à Yaoundé, à son retour, elle revient avec des noms de personnes inconnues à Mbanga ou avec ceux de gens terriblement impopulaires. Les populations en avaient marre, et se sont dit : pourquoi ne pas prendre quelqu’un de neutre ? C’est pourquoi j’ai été choisi, et je suis allé dans le Sdf pour les besoins de la cause. C’est cette population qui a fait une quête symbolique pour m’acheter une carte du parti. Aujourd’hui, ils ne m’ont pas encore fait de proposition, je reste tranquille. Je n’en n’ai pas besoin. Honnêtement, cela ne m’apporte rien du tout. Surtout que, même lorsqu’un parti de l’opposition gagne une élection dans une localité, le gouvernement fait tout pour que le développement de cette localité et le quotidien de ses populations ne changent pas. Je connais des endroits où il y a des maires issus des partis de l’opposition, mais rien ne change.
Avez-vous, quand même, été approché par certains partis politiques pour les représenter comme candidat à la présidentielle passée ou aux élections à venir?
C’est tous les jours. Des partis politiques sont venus me voir pour que je sois candidat à la présidentielle. J’ai décliné leur offre. Depuis lors, mon téléphone ne cesse de sonner et des propositions continuent d’être faites. Les responsables de ces partis politiques sont convaincus qu’avec Lapiro, c’est une voie sûre à Mbanga pour aller au Parlement. Mais je dis: aller au Parlement faire quoi? Qu’est-ce que je dois aller y faire, si je ne peux même pas faire passer un projet de loi? A quoi cela sert-il?
Le peuple camerounais a un problème: il faut qu’il reprenne son pouvoir. Le peuple n’a jamais donné le pouvoir à qui que ce soit. Ce n’est pas ce peuple qui a donné le pouvoir au président Ahidjo, et ce n’est pas lui non plus qui l’a donné à Paul Biya, c’est Ahidjo. Et cela continue à être vrai aujourd’hui, au regard du taux d’abstention très élevé. Ce n’est qu’à la suite de ce micmac électoral que l’on a pu avoir 03 millions d’électeurs. Tant que les politiques vont se mettre ensemble et nous imposer qu’il n’y ait pas de candidatures indépendantes, et qu’ils font semblant d’être en guerre le jour et se retrouvent la nuit pour voir comment ils vont se diviser le pouvoir, le peuple camerounais sera toujours mal parti. Et je préfère ne pas me joindre à ces personnes-là.
Le drapeau vert-rouge-jaune, qui attestait que vous êtes chef traditionnel, ne flotte plus à votre domicile…
C’est tout à fait normal. C’est aussi les populations du Quartier 12 qui avaient décidé de faire de moi leur chef à Mbanga. C’est l’occasion, pour moi, d’interroger mes désormais ex-collègues chefs traditionnels : à quoi servent-ils ? Ils ne servent à rien. On les appelle simplement auxiliaires de l’administration. Ils ne sont pas pris en compte par le pouvoir de Yaoundé, au moment de prendre des décisions qui concernent leurs populations. Cela ne sert à rien. Autre chose. Chef de mon état, je suis arrêté et mis en prison. Pourquoi est-ce que mon ministère de tutelle ne m’a pas assisté, tout au moins pour que je bénéficie de cette présomption d’innocence ? Cela montre encore, s’il en était besoin, que c’est le pouvoir qui m’a mis en prison. Le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd) aurait dû m’assister, pas pour que je gagne le procès, mais pour dire au moins: voici un chef qui est arrêté pendant l’exercice de ses fonctions, alors qu’il tente de calmer les foules. Si on m’arrête ainsi et qu’ils ne font rien, il ne me reste plus qu’à démissionner une fois libre. Surtout que, pendant que j’étais chef, je n’ai jamais reçu le moindre salaire. Je dis donc au Minatd que j’ai certes démissionné, mais si j’avais droit au per diem, c’est l’occasion de compter tout mon argent et de me le donner parce que j’ai travaillé ainsi pendant plus d’une décennie.
Vous avez porté plainte contre le médecin chef de la prison centrale de Douala pour tentative d’assassinat et refus d’un service dû. Vous l’accusez de vous avoir empêché de sortie de la prison pour bénéficier de vos séances de massages. Vous dites que ce mal a repris: que comptez vous faire?
Mon état de santé s’est dégradé parce que Amougou Ello Germain, que je ne considère pas comme un médecin, monnaye la santé des détenus à la prison centrale de Douala. Des détenus peuvent être à l’hôpital, alors qu’ils sont en santé: ils ont payé, ils séjournent officiellement à l’hôpital depuis des années. Quel est ce malade qui passe 04 ans à l’hôpital et qui ne guérit pas, qui ne meurt pas ? Parce que ces détenus, ces soi-disant malades, payent. Amougou les laisse séjourner à l’hôpital, même s’ils habitent chez eux et dorment chez eux. Pourtant, les gens décèdent à la prison tous les jours, faute de soins. Allez à la prison, faites une enquête et vous allez voir que, tous les jours, dans les environs de 16h ou 17h, il y a toujours un cadavre qui en sort pour aller à la morgue. C’est triste.
Suite à ce refus de me permettre de bénéficier des soins, mon état de santé s’est dégradé et, aujourd’hui, mon état de santé est très grave. J’ai perdu du poids. Je ne sais pas de quoi demain sera fait. Quand je suis allé en France, j’ai fait des examens médicaux et il ressort que c’est parce que je n’ai pas pris des soins que ma maladie s’est aggravée. Mon mal aurait dû s’arrêter depuis longtemps. Si je décède, je le mets sur le compte de Amougou Ello Germain, qui sûrement avait une mission dans ce sens.
Vous avez passé 03 ans en prison. Peut-on dire, 09 mois après votre sortie, que la prison vous manque?
Dire que la prison me manque, ce n’est pas vrai. Personne ne peut aimer la prison. Mais j’ai toujours beaucoup de regrets pour ceux que j’ai laissé là-bas, et je suis convaincu qu’ils n’y sont pour rien. J’ai beaucoup de peine pour ceux dont les dossiers sont à la Cour suprême et qui, en temps normal, devraient être chez eux en attendant que la Cour suprême, en dernier ressort, décide de leur sort tout en sachant qu’ils peuvent être libérés comme cela a été le cas avec le Dr Mbangué, qui a été acquitté en appel. Qui va payer tout ce temps que le Dr Mbanguè et sa suite ont passé en prison ? Aussi, j’interpelle M. Akere Muna : s’il sait que ce qui arrive aux autres aujourd’hui peut lui arriver demain, qu’il aille décharger Yves Michel Fotso au sujet de l’affaire de l’avion présidentiel. Ce problème est déjà réglé. Yves Michel Fotso ne saurait être interpellé devant la justice aujourd’hui dans cette affaire. C’est un bâtisseur, et des gens ceux-là, on en a pas à la pelle au Cameroun. Le Cameroun a été compensé dans cette affaire, et c’est Akere Muna, avocat du Cameroun, qui signe les documents. Pourquoi ne va-t-il pas voir le juge d’instruction pour décharger Yves Michel Fotso dans cette affaire?
Concernant Paul Eric Kinguè et l’histoire du détournement de 1,4 million Fcfa, ce n’est pas seulement lui qui est concerné dans cette affaire. Il y a 05 personnes dans ce dossier Comment 05 personnes peuvent-elles détourner 1,4 million Fcfa. Aucune preuve attestant qu’il a signé pour cet argent n’a été apportée au tribunal.
Maintenant que vous êtes en liberté, avez-vous de nouveaux combats?
Au lieu de produire un disque pour faire cadeau aux pirates, je préfère me consacrer aux combats pour la défense des droits de l’homme car je suis aussi un défenseur des droits de l’homme. Les gardes prisonniers se plaignent. C’est ce qui justifie d’ailleurs le fait que les armes entrent en prison à tout moment. Ils ont leur statut qui a été signé, mais n’a pas été appliqué. Ils se considèrent comme des mendiants. Ceux de Douala et de Yaoundé trouvent leur compte. Mais ceux de Mbanga et de Nkongsamba mangent la même nourriture, mal faite, que les détenus. Voilà mon nouveau combat.
Qu’en est-il de vos procès et de toutes les procédures pendantes?
Je ne suis pas encore libre. Si j’ai purgé la peine privative de liberté, j’ai 280 millions Fcfa qui pèsent sur mon crâne. Tant que je ne les paye pas, je vais encore aller en prison pour 05 ans. Et, pour que je les paye, il faudrait que le procureur général près la Cour suprême décide, de par sa magnanimité et son bon vouloir, d’introduire mon dossier pour qu’il soit introduit à la Cour suprême afin que je sois donc jugé en dernier ressort. Si je suis reconnu coupable, je vais payer les 280 millions Fcfa et si je suis innocent, je serai libéré purement et simplement. A ce moment-là, l’Etat du Cameroun va m’entendre! J’ai une plainte pendante aux Nations Unies à Genève. Mes avocats américains ont porté plainte contre l’Etat du Cameroun pour les abus commis à mon procès. J’ai été mis en prison parce qu’on m’accuse d’avoir incité la population à tout casser, lors des émeutes de février 2008 et qu’un rapport a été fait par les jeunes du village Mouyuka, à Mbanga. Ces jeunes ont été entendus et ont dit n’avoir jamais fait de rapport. Bien plus, ils affirment avoir vu ce rapport pour la première fois dans le bureau du juge. C’est ce qui fait peur à l’Etat du Cameroun et au procureur de la Cour suprême, qui ne veulent pas sortir mon dossier. Si mon ce dossier sort, mes avocats n’ont pas 05mn pour rétablir la vérité.