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Avec la bienveillance du gouvernement.A la veille du lancement de la campagne pour l’élection présidentielle du 9 octobre 2011 au Cameroun, nous avons reçu à la Rédaction de la Nouvelle Expression un tract. Mais les termes, à notre sens incendiaires, ne nous autorisaient pas à relayer de tels appels à l’insurrection, susceptibles de mettre à mal la paix dans note pays. L’entame du tract est tonitruant: «Campagne nationale Biya dégage. Trop c’est trop. Plus de 29 ans de pouvoir, c’est la dictature. La République n’est pas la monarchie des vieux». Le plan d’action de ce «révolutionnaire» à l’intention des camerounais est donné dans la première partie de son texte: «boycott total de l’élection présidentielle de 09 octobre 2011 ou allez voter bulletin nul, car la fraude en faveur de vieux dictateur Biya a déjà eu lieu par Elecam une véritable section du Rdpc. Surtout, détruire les matériaux électoraux et bureaux électoraux partout dans le pays». Ce programme d’action doit être suivis «tous les lundi à partir du mois d’octobre». Avec comme exécution sur le terrain «action populaire citoyenne, blocage de tous les carrefours et routes principales du pays de 5 heures à 19 heures; laissez faire les forces armées et milices du dictateur chaque fois qu’ils veulent retirer les barricades mais, les remettre aussitôt après leur départ; si un milicien ou un membre des forces armées du dictateur tue ou maltraite un manifestant, riposter en tuant ou en maltraitant un membre de sa famille; si une autorité administrative ou politique donne l’ordre de tuer ou maltraiter le peuple, ripostez en tuant ou en maltraitant ce dernier ou les membres de sa famille».
L’auteur de ces extrais s’appelle Bertin Kisob, qui se surnomme «Barack Obama camerounais», l’un des innombrables candidats à l’élection présidentielle de 2011 mais dont le dossier avait été rejeté par la Cour suprême. Comme pour confirmer qu’il joint l’acte à la parole, c’est lui qui avait revendiqué cette attaque qu’un militaire avait perpétré sur le pont du Wouri au petit matin du 29 septembre 2011, à quelque jour de la présidentielle du 9 octobre 2011. Et qui avait plongé la capitale économique dans la psychose de déstabilisation du Cameroun à l’occasion de l’élection présidentielle.
Le 9 octobre, jour du scrutin présidentiel, une patrouille de quatre éléments de la gendarmerie camerounaise est attaquée par des inconnus armés dans la localité de Isanguele, dans la péninsule de Bakassi en début de matinée. Deux des gendarmes sont tués. Et leurs corps retrouvés sur les lieux de l’attaque. Deux autres compagnons d’infortune sont portés disparus, ainsi que leurs armes et leurs motocyclettes. Le préfet du Ndian, Peter Tieh Nde confirme l’information, sans donner de précision pour les autres éléments de la patrouille. Ces gendarmes sont manifestement tombés dans une embuscade de leurs bourreaux qui ont observé leurs mouvements dans la région. Bertin Kisop annonce être une fois de plus le commanditaire de cette tuerie de vaillants éléments de nos forces de défense nationale tombés sur le champ d’honneur. Son auteur, Bertin Kisob que nous avons contacté, par curiosité à partir de l’un des numéros indiqués dans son document, décrochait au premier appel. Et ne s’inquiétait point que les forces de sécurité ne le repèrent à partir de son portable. Plus tard, on apprend, vaguement, que l’auteur de toutes ces actions terroristes a été interpellé par les forces de l’ordre
Il a fallu attendre le 3 février dernier. Les journalistes n’en croyaient pas leurs yeux, lorsqu’ils ont répondu à une invitation à une conférence de presse à Bamenda le 3 février 2012. Lorsqu’ils se sont rendus compte que c’est Bertin Kisob, en personne, qui organisait la rencontre, autorisée par l’autorité administrative compétente de la ville. Et en présence de l’adjoint au préfet de la Mezam (cf LNE du 6 février 2012). Quelques extraits de ses déclarations à la presse: «Comme vous venez de suivre après lecture de l’autorisation, n’ayez pas peur, c’est officiel, le gouvernement est au courant de notre présence ici. Je dois d’abord remercier spécialement le représentant du préfet. Je suis libre, je suis fier d’être ici. Avant cet événement, beaucoup sont ceux qui pensaient ne plus me revoir. Ceci est la preuve que mon parti, le parti social pour la justice camerounaise et le gouvernement n’ont aucun problème», déclare t-il, serein. «Je voudrais vous dire quelque chose à propos des événements sur le pont du Wouri, de Bakassi etc.… même si ce n’est pas l’objet de notre présence ici, s’il s’agissait d’une manipulation; la vérité est que, je me suis retrouvé dans un jeu où je n’étais pas l’organisateur. Il y a des individus qui sont venus vers moi me disant qu’ils sont des experts en communication politique. A ce moment, j’avais grandement besoin de quelqu’un puisque ma candidature à la présidentielle du 09 octobre 2011 était rejetée. A vrai dire, je ne savais pas qu’il y’avait un autre agenda derrière cette proposition. Une fois dedans, j’ai découvert qu’il était question d’une révolution».
Au lendemain de sa conférence de presse, nous l’avons contacté. Il menait tranquillement «ses activités politiques» dans la ville de Douala. Comme si l’attaque du pont sur le Wouri, ses dégâts, et la mort des gendarmes tués à Bakassi ne le concernaient aucunement. Qui en sont donc les auteurs ?
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