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Bien que cela soit quelque peu passé inaperçu, le fait est suffisamment marquant pour être relevé: pour la première fois pratiquement, René Emmanuel Sadi n'a pas fait partie de la suite officielle du président de la République lors d'un déplacement intérieur du chef de l'Etat. Non seulement le nom de l'actuel ministre de l'Administration territoriale et de la décentralisation ne figurait pas sur la liste des personnalités faisant partie de la suite officielle du chef de l'Etat à l'occasion de la visite officielle qu'a effectuée le président de la République dans la région du Sud et particulièrement à Nyabizan pour la pose de la première pierre du barrage hydroélectrique de Memve'ele, mais aussi René Emmanuel Sadi n'a pas été aperçu sur le bord du fleuve Ntem ce vendredi 15 juin 2012. Pourtant 48 heures avant le déplacement du chef de l'Etat, l'actuel ministre de l'Administration territoriale et de la décentralisation avait effectué, sur haute instruction de la présidence de la République, une mission avancée pour préparer la dimension administrative et populaire de la visite du président de la République.
Selon des sources bien introduites, le Minatd qui était à la tête d'une délégation qui comprenait non seulement ses proches collaborateurs, mais aussi les responsables locaux de l'administration et des forces de maintien de l'ordre, devait se rendre compte du niveau pratique de la mobilisation des populations et des forces vives pour l'accueil du chef de l'Etat, non seulement sur le site de Nyabizan, mais aussi à Ebolowa, capitale de la région du Sud, où devait se poursuivre la visite officielle du président de la République. Normalement donc, ayant été mis en mission par la présidence de la République pour les préparatifs de cet évènement, naturellement on ne pouvait que s'attendre à ce que le Minatd fasse partie de la suite officielle du chef de l'Etat. Mais ce ne fut pas le cas. Bien plus, René Sadi n'a même pas fait le déplacement de Nyabizan. Son invitation comme membre du gouvernement lui serait parvenu à quelques heures seulement du début de la cérémonie. Du coup, au sein du sérail politique national, les commentaires et les spéculations sur cette absence remarquée de l'ancien secrétaire général du Rassemblement démocratique du peuple camerounais à Nyabizan, sont allés dans tous les sens.
A la une de Jeune Afrique
Selon nos informations, l'environnement de cette situation qui semble dessiner de manière ostensible les bases d'une brouille prochaine entre René Emmanuel Sadi et son mentor Paul Biya, serait vraisemblablement la résultante d'une machination à la fois intrigante et ténébreuse des faucons du régime, dont certains seraient à en croire nos sources, des proches collaborateurs du président de la République. Au courant de l'instruction présidentielle, René Emmanuel Sadi et ses collaborateurs pensent alors quitter Yaoundé pour la région du Sud en début de semaine, soit le 11 juin 2012. Il s'y apprête effectivement lorsqu'un évènement médiatique vient troubler la quiétude de l'entourage du Minatd. En effet, l'ancien secrétaire général du comité central du Rdpc fait la «Une» de Jeune Afrique. On peut lire «René Sadi: Et si c'était lui...». L'article du journal revient sur le parcours de ce fils de la tribu minoritaire vuté de Yoko, qui a travaillé aux côtés de deux présidents du Cameroun et qui a le meilleur profil pour remplacer le président Paul Biya à la tête de l'Etat. Tout semble élogieux pour René Sadi dans cet article au point où l'on pourrait croire qu'il s'agirait d'une commande dans Jeune Afrique à l'effet de soigner son image en vue d'un positionnement pour la succession à Paul Biya.
Après la lecture de cet article, les téléphones ont crépité. Très vite, les commentaires sont allés bon train au sein du sérail. On sifflote et on chuchote. Dans l'entourage de René Emmanuel Sadi la panique est générale. Certains se tiennent la tête des deux mains et se demandent d'où peut venir un tel scoop et à ce moment précis où le système fait déjà face aux effets fibrilleux des déclarations tonitruantes de l'ancien ministre d'Etat Marafa Hamidou Yaya. En fait, tous savent que, dans le système en général et chez Paul Biya en particulier, l'identification médiatique d'un probable dauphin pour succéder à l'actuel président du Cameroun conduit toujours à une perte politique. Personne n'a oublié ce qui est arrivé respectivement à Titus Edzoa, Jean Marie Atangana Mebara, Marafa Hamidou Yaya, et moins dramatiquement à Edouard Akame Mfoumou, Sadou Hayatou, David Abouem à Tchoyi et autres. Dans l'entourage de l'actuel Minatd on veut donc savoir quels sont les fondements de cet article de Jeune Afrique qui le met en orbite. Certains identifient les commanditaires: «Ce sont les pro-Marafa qui veulent semer la zizanie entre le président et le ministre Sadi. Le ministre Sadi est un fidèle parmi les fidèles du président; on lui prête des intentions présidentielles. Cela est sans fondement. Naturellement tout cela arrange ceux qui veulent le tuer politiquement», tranche nettement un cadre du Rdpc proche de l'ancien SG du parti au pouvoir.
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