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C'est avec effarement que votre journal a reçu, le 22 juin dernier en fin d'après-midi, un indigeste communiqué portant «avertissement aux directeurs de publication des journaux «La Météo» et «L'Anecdote». Le document (voir page 11) signé du président du Conseil national de la communication (Cnc) himself, Joseph Befe Ateba, avec ampliations au Sg/Pm et au Mincom (et pas curieusement au Minatd, la vraie autorité de la presse écrite), fait référence «à l’atteinte répétée à la vie privée de certains citoyens de la République».
De quelle vie privée s'agit-il, concernant La Météo? Mystère. S'ensuit un vaporeux cours de déontologie, et, pour finir, l'évêque de Kribi (à ses heures perdues) enfonce une porte largement ouverte: «Le Cameroun a besoin de paix, les médias ne doivent pas créer des frustrations et des suspicions déshonorantes parmi les populations»: La Météo fait-elle partie des médias qui en appellent à la division et à la déstabilisation du Cameroun? Je comprends bien que Mgr Joseph Befe Ateba n'est pas à un délire près. Et déjà, ils sont nombreux, ceux des Camerounais qui soutiennent que le président du Cnc s'est fourvoyé. Plus grave, cette tentative d'intimidation relève visiblement de la seule initiative d'un évêque despote à jeter en enfer un journal sérieux, et non d'une intention régulatrice issue de l'ensemble des membres de l'institution, qui selon l'orthodoxie auraient préalablement entendu et confondu le mis en cause dont je suis. Visiblement, Mgr Befe Ateba confond une institution républicaine à une église où un prêtre vocifère, et ses ouailles répondent en chœur: «Amen!»
Qu'est-ce qui pourrait bien nous valoir l'ire du prélat? Voici une dizaine de jours, votre bihebdomadaire reçoit une convocation du président du Cnc, avec en pièces jointes un document portant en objet: «Diffamation». Le document, qui émane d'un certain Laurent Kouo Ngangué (qui se présente bruyamment comme «ingénieur général agroéconomiste»), est copié à la Dgre, la Semil, le Cnc... A préciser qu'un curriculum vitae, très détaillé, du sieur Kouo Ngangué et une coupure de l'édition de La Météo, sont annexés à la convocation du président. Cette coupure de votre journal tire la sonnette d'alarme quant à la gestion du susnommé, secrétaire permanent de la cellule en charge du suivi des fonds Pays pauvres très endettés (Ppte) au ministère des Finances.
Convoqué en vue d'apporter ma «version des faits» sur les écrits querellés, je me présente au cabinet du président du Cnc, mercredi dernier à 10h, comme convenu. Mgr Befe Ateba, qui doit avoir bien ruminé son coup, s'est mystérieusement porté absent. Par contre, je me retrouve face au «directeur de cabinet» du président du Cnc, imbu de sa petite personne et plus inquisiteur que le roi Grégoire IX. «Alors, c'est vous M. Mveng, vous embêtez un haut fonctionnaire, vous méritez une suspension!», tranche bruyamment l'imposteur.
Choqué par autant de mépris, je suis retourné à mes occupations en espérant, au moins, une excuse du président du Cnc quant au comportement insultant de son chef de cabinet. Mais voilà que, vendredi dernier, Mgr Befe Ateba tombe lui-même le masque comme le metteur en scène de cette parodie de procès. Que M. Kouo Ngangué et son ami, l'évêque, sachent que La Météo ne se laissera jamais intimider par qui que ce soit. D'ailleurs, le communiqué du président du Cnc, vide de tout sens parce que visiblement rédigé à la hâte et en violation flagrante des textes qui régissent l'institution, ne vaut pas un clou. A mes yeux, c'est un non événement, point barre.
Pour la gouverne de nos lecteurs, ce que le Dp de La Météo entendait dire au président du Cnc, c'est:
1- qu'il attend toujours le droit de réponse de M. Kouo Nguangué;
2- qu'il est étonné des pressions exercées sur lui par de multiples intermédiaires se réclamant de M. Kouo Ngangué, qui veulent contraindre La Météo à rédiger lui-même un article pour blanchir le secrétaire permanent;
3- que le document à lui adressé, jusqu'à ce jour par sieur Kouo Ngangué, est non pas un droit de réponse, mais une page dactylographiée portant la mention «Diffamation» bourrée d'injures et d'accusations gratuites;
4- que les écrits de son journal n'ont pas vocation à dire pour nuire ou à taire pour plaire.
5- que, parlant de diffamation, la mauvaise littérature du sieur Kouo Ngangué a plutôt emprunté une direction malvenue.
Au final, je me pose cette question: qui ne veut pas de paix dans ce pays? Contrairement aux injonctions inutiles du président du Cnc, La Météo, pour sa part, prend l'opinion publique à témoin quant à la posture citoyenne observée depuis sa création: défendre les intérêts de notre pays, dénoncer les prédateurs de la fortune publique, donner la parole aux plus faibles, servir de vigie à notre société en vue d'accompagner notre pays vers la modernité et la liberté, et, évidemment, soutenir le chef de l'Etat dans sa politique des «Grandes réalisations».
Des compatriotes de touts bords et des lecteurs du monde entier, qui connaissent notre combat citoyen, n'arrêtent pas de nous expédier des messages d'encouragement depuis cette sortie déshonorante du président du Cnc à qui je demande gentiment de ne plus jamais me provoquer.
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