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On connaissait la torpeur de la diplomatie camerounaise, et les compatriotes s’en gaussaient, pour ne pas avoir à pleurer tous les jours des revers de leur pays sur le plan international. Mais les échecs collectionnés à Brazzaville lors du sommet de la Cemac du 25 juillet dernier pourraient difficilement laisser indifférent nos frères blasés par les nombreux camouflets déjà encaissés dans la sous région. Car le Cameroun a littéralement mordu la poussière lors de ce sommet au cours duquel les autres pays de la région, se sont partagé les postes les plus importants à la tête des institutions de la sous-région et gardé pour eux le plus grand nombre de fonctions. Pendant ce temps, le Cameroun, désormais ex-géant diplomatique de la région, se distingue par un lourde défaite : le départ sans gloire d’Antoine Ntsimi dernier camerounais à la tête de la commission de la Cemac, poste qui était pourtant dédié au Cameroun, avant la mise à mort du consensus de Fort Lamy qui consacrait la répartition des postes par pays dans la zone, celle-ci étant remplacée par le principe de rotation. Précision utile, la présidence de la Cemac, quoi qu’en diront les Biyaolâtres, était une position importante pour le Cameroun, ne serait-ce qu’au regard du poids démographique du pays dans la zone (plus de 20 millions d’habitants pour un peu mois de 40 millions d’habitants dans l’ensemble de la zone). C’est en échange de cette fonction prestigieuse que le Cameroun avait concédé d’autres postes importants aux autres Etats. Tout logiquement donc, la perte de la présidence de la commission aurait dû s’accompagner d’une juste compensation qualitative et quantitative à la tête des autres institutions de la sous-région. C’est pourtant tout le contraire qui s’est produit. Le Cameroun, après le sommet de Brazzaville, se retrouve quasi-spectateur de la gestion de la Cemac : dépouillé, simplement.
Plus grave, les chefs d’Etat ont adopté une clause qui voudrait que les pays, qui abritent le siège d’une institution ne puissent pas en fournir le principal dirigeant. Résultat de cette clause qui manifestement vise le Cameroun, tel que l’avoue le chef de l’Etat camerounais lui-même, le son pays ne pourra jamais avoir la direction de la banque centrale sous prétexte qu’il en abrite le siège. Autre cas de figure, plus dramatique : dans la perspective de l’unification des deux bourses selon le schéma proposé par la Banque Africaine de développement et désormais accepté par les chefs d’Etat, le siège de la bourse régionale devrait donc être à Douala, où opère l’actuelle bourse nationale. Une fois que la bouse régionale sera à Douala, en terre camerounais, le nouvelle logique voudrait donc que son contrôle échappe aux autorités et personnalités camerounaise, alors même que le Cameroun fournir l’essentiel des dépôts bancaires, abrite le plus grand nombre de banques, et le plus grand volume d’entreprise susceptibles de faire vivre la bourse. Il n’est pas banal dans le contexte économique actuel de songer à une direction de la bourse, qui veillerait aux intérêts des entreprises nationales, et partant de l’économie camerounaise. Car on a vu avec quelle facilité la commission bancaire de l’Afrique centrale dirigée par des ressortissants d’autres pays de la sous-région installent des directions intérimaires à la tête de banques camerounaises, dépouillent des actionnaires nationaux au premier prétexte au mépris des intérêts desdits actionnaires et au bénéfice des groupes groupe étrangers. Cette même commission bancaire qui, mise en difficulté par la cour de justice de la Cemac, veut continuer à prétendre à une compétence régionale, tout en privant ses victimes de recourir à la justice communautaire.
Bien entendu, le pire dans cette humiliation subie par le Cameroun, c’est que la délégation camerounaise était conduite par Paul Biya lui-même, président du pays le plus puissant économiquement dans la sous région, qui représente près de la moitié de la population de la région, qui abrite la moitié des banques et des entreprises de la région et dont la diplomaties est si ruinée que, malgré ces atouts elle ne récolte même pas le dixième des fonctions importantes à la tête des institutions chargées de la gestion de la sous-région.
Sommet de Brazzaville
Désignation aux postes dans la sous-région par pays
1. Commission de la CEMAC:
Président, Congo ;
Vice-Président, Guinée Equatoriale ;
2. Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale
Vice-Président, République Centrafricaine
3. Commission Bancaire d’Afrique Centrale
Secrétaire Général, Tchad ;
Secrétaire Général Adjoint, Cameroun.
4. Commission de Surveillance des Marchés Financiers (COSUMAF)
Président, Guinée Equatoriale
5. Groupe d’Actions contre le Blanchiment d’Argent en Afrique Centrale (GABAC)
Secrétaire Permanent, Cameroun
6. Communauté Economique du Bétail, de la Viande et des Ressources Halieutiques (CEBEVIRHA)
Directeur Général, Gabon ;
Directeur Général Adjoint, Congo.
7. Organisation pour la Coordination de la Lutte contre les Endémies en Afrique Centrale (OCEAC)
Secrétaire Général, Gabon.
8. Institut Sous-régional Multisectoriel de Technologies Appliquées, de Planification et d’Evaluation des Projets (ISTA)
Directeur Général, Guinée Equatoriale
Directeur Général Adjoint, Tchad.
9. Ecole d’Hôtellerie et de Tourisme de la CEMAC
Directeur Général, Centrafrique
10. Ecole Inter-Etats des Douanes (EIED)
Directeur Général, Gabon.
11. Pôle Régional de Recherche Appliquée au Développement des Systèmes Agricoles d’Afrique Centrale (PRASAC)
Directeur Général, Centrafrique.
12. Institut Sous-régional de Statistique et d’Economie Appliquée (ISSEA)
Directeur Général, Tchad
13. A l’Institut de l’Economie et des Finances (IEF-Pôle Régional)
Directeur Général, Guinée Equatoriale
14. Air CEMAC
Directeur Général, Centrafrique.
15. A l’Agence de supervision de la sécurité aérienne en Afrique Centrale (ASSA-AC).
Directeur Général, Cameroun.
16. Au Comité Inter-Etats des Pesticides d’Afrique Centrale (CPAC).
Directeur Général, Centrafrique.
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