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15 heures 40 minutes à la salle d’audience principale du palais de justice de Yaoundé-Centre administratif. Le tocsin retentit. Un trio de magistrates apparait à l’assistance. Ce sont les trois nouvelles juges de l’affaire, Etat du Cameroun contre Titus Edzoa et Michel Thierry Atangana pour détournement de deniers publics, tentative de détournements et trafic d’influence. La mine serrée et l’air grave, la présidente de cette collégialité prend la parole. Toutes les parties sont suspendues à ses lèvres. Car 12 jours avant le tribunal autrement constitué, annonçait que le verdict de l’affaire ouverte depuis trois ans est rabattu. Consciente de cela, Madame Nomo Zanga présente ses collègues avant d’annoncer un tantinet dépité que: «selon la loi, les débats continueront. Nous instruirons et nous arriverons là où nous sommes arrivés la dernière fois. Peut être en revenant particulièrement là où on avait pas été éclairci». Après ces mots, des gémissements sont perçus dans la salle. Des signes de protestations sont visibles.
Les premières sont exprimées par le parquet. C’est d’ailleurs le chef de l’accusation, le magistrat Soh qui prend la parole. «Madame la présidente, il ne s’agit pas de recommencer les débats. Les nouveaux membres de la collégialité peuvent simplement consulter les notes qui sont faites pour être consultées. On peut encore reprendre les réquisitions. Mais pas tous les débats», se plaint-il. Malgré le bémol apporté aux discussions par Maître Ngo Minyogo, avocate de l’Etat du Cameroun qui note l’absence de l’avocat de Dieudonné Mapouna, un des accusés, Charles Tchoungang, avocat de Michel Thierry Atangana sonne à nouveau la charge de la contestation. L’ex-bâtonnier estime qu’il est impossible et même inhumain de recommencer les débats. Car pendant trois ans la défense a produit 2000 pièces et 4000 pages de documents. Au surplus, il invite les nouveaux juges à fixer la défense sur le nouveau « process » qui doit guider la suite de l’affaire. Une dernière préoccupation à laquelle Madame Nomo Zanga ne juge pas utile de répondre. Car pour elle, en l’absence de l’avocat de Dieudonné Mapouna, il est impossible de parvenir à un accord de prétoire qui est désormais la seule issue après le flou de procédure né de l’affectation de Madame Etong, ex-membre du tribunal qui a connu l’affaire depuis son départ. Les parties se retrouveront vendredi, 3 août 2012 pour trouver le fameux modus vivendi.
En rappel, la collégialité formant le tribunal pour l’affaire Edzoa et Atangana est complété par Madame Atangana Nazé et Madame Mengang Hermenegilde. Ces magistrates remplacent respectivement M. Batoum – changé pour des raisons inconnues de la défense- et Madame Etong, notifié d’une affectation à la chancellerie. Mais les avocats de la défense se disent inquiets de l’arrivée des deux nouvelles magistrates qui appartenaient encore au parquet jusqu’au 18 avril 2012.
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