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Gaz domestique SCTM: Entre pénurie, surenchère et controverse sur les bouteilles
Le Messager
DOUALA - 02 AOUT 2012
© Souley ONOHIOLO | Le Messager
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Au calvaire que vivent les ménages dans la recherche effrénée du gaz domestique (eu égard à la pénurie qui s’intensifie), une spéculation de mauvais aloi vient de rajouter un autre supplice qui consiste à faire payer des sommes supplémentaires allant de 3000fcfa à 4000fcfa, au titre de dommages sur les bouteilles défectueuses ou celle présentant quelques anomalies. Enquête.
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Gaz domestique SCTM: Entre pénurie, surenchère et controverse sur les bouteilles
Le Messager
DOUALA - 02 AOUT 2012
© Souley ONOHIOLO | Le Messager
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Au calvaire que vivent les ménages dans la recherche effrénée du gaz domestique (eu égard à la pénurie qui s’intensifie), une spéculation de mauvais aloi vient de rajouter un autre supplice qui consiste à faire payer des sommes supplémentaires allant de 3000fcfa à 4000fcfa, au titre de dommages sur les bouteilles défectueuses ou celle présentant quelques anomalies. Enquête.
Au calvaire que vivent les ménages dans la recherche effrénée du gaz domestique (eu égard à la pénurie qui s’intensifie), une spéculation de mauvais aloi vient de rajouter un autre supplice qui consiste à faire payer des sommes supplémentaires allant de 3000fcfa à 4000fcfa, au titre de dommages sur les bouteilles défectueuses ou celle présentant quelques anomalies. Enquête.

Samedi, 28 juillet 2012 ; il est 15 h 30 minutes, au quartier dit « Fougerole ». Emmanuelle Abedena, qui traîne difficilement sa grossesse, aperçoit une dame qui vient de faire une provision en gaz domestique de Sctm. Elle accélère le pas et s’informe auprès de « l’heureuse élue », sur les astuces qu’elle a pu utiliser pour acquérir le précieux « sésame ». « Va vite à Éleveur. Un camion est en train de livrer du gaz domestique Sctm, mais il y a un rang fou. Il faut te dépêcher. Sinon… » Martèle sa vis-à-vis. Informée du lieu, elle fonce au carrefour «éleveur», mais peine perdue. Arrivée au lieu de commerce qui lui a été conseillé, elle est médusée quand elle constate que la centaine des bouteilles de gaz domestique pleines, version Sctm à peine livrée, a été achetée. « Tout est vendu. Les rares bouteilles que vous voyez, sont des commandes passées par nos clients fidèles, qui ont préalablement laissé leurs bouteilles ici en restant aux aguets » confesse la vendeuse. Sans toutefois rassurer Emmanuelle Abedena, qui y perçoit une entourloupe, pire une stratégie de diversion désormais utilisée, pour faire la spéculation.

Déçue et désarçonnée par l’absence du gaz, Emmanuelle Abedena est sur le point de regagner son domicile, lorsqu’on lui souffle qu’à deux km de là, on attend impatiemment, une livraison de gaz domestique. Elle prend en course un conducteur de mototaxi, pour l’amener à la quête de l’objet qui cause tant de délire. « Il y a deux camions qui font le tour de certaines surfaces de commerce pour approvisionner les ménages. Les quantités étant insuffisantes, ils font dans le rationnement. Seuls les plus chanceux accèdent au bonheur » explique le vendeur qui vient de recevoir une faible quantité de 35 bouteilles. D’espoir fou en amère illusion, Emmanuelle Abedena qui occupe le 30ème rang, se voit refuser le gaz ; au motif que le socle de sa bouteille orange, est défectueux. En plus de la somme de 6.000Fcfa, on lui demande 4.000Fcfa. Une somme qu’elle n’a pas. Elle doit rebrousser chemin, sans sa provision de gaz ; après une longue attente et d’énormes sacrifices d’énergies. Par un ressentiment profond et un désenchantement affligeant, l’infortunée ménagère s’indigne et maudit les pouvoirs publics qu’elle tient pour responsables de la mélancolie et des souffrances des populations. « Il y a près de deux semaines que malgré moi, j’ai échangé une bouteille de gaz neuve, contre celle-ci. Mon problème après de longues attentes était d’avoir du gaz. Je ne m’explique pas comment, on en est arrivé à la facturation des bouteilles dites défectueuses » rumine-t-elle.


Une «taxe» de trop

Emmanuelle Abedena n’a pas été la seule à connaître le désagrément et le désarroi samedi 28 juillet 2012. D’autres chercheurs de la bouteille orange de gaz ont connu des frustrations, soit parce que le chapeau de la bouteille était amorti ou simplement parce que le tuyau de la bouteille présentait quelques anomalies. Dans l’un des deux cas, face à la course au gaz, il fallait augmenter une somme de 3.000Fcfa. « Il s’agit là d’une hausse des prix qui ne dit pas son nom. Non seulement les ménages doivent affronter les pénuries artificielles, créées de toutes pièces, il y a également ce genre d’astuce. Et pourtant tout le monde sait que l’acheteur de gaz, n’endommage pas volontairement la bouteille de gaz; il se contente de consommer le produit. Ce sont les multiples manipulations de gaz à l’usine et lors des transports qui causent des dommages sur les bouteilles» s’inquiète Robert Andela. «Nous ne sommes pas à l’origine de ces nouvelles mesures.Nous avons reçu une note de la maison Sctm qui annonce une croisade contre les bouteilles défectueuses. La société a décidé de facturer les différentes anomalies aux prix de 3.000Fcfa pour tuyau abimé et chapeau défectueux et 4.000Fcfa pour les dommages sur le socle» répond le détaillant, en brandissant la note de service à qui il veut la lire.

Au moment où, les désagréments et les frustrations diverses prennent de l’ampleur, l’on peut s’interroger sur la nature d’une telle note signée par les responsables de Sctm. Aucun ménage ne fabrique les bouteilles de gaz. «Sctm veut progressivement retirer du marché, les anciennes bouteilles avec des chapeaux. Pour ce faire, l’entreprise veut amortir les frais de fabrication des bouteilles nouvelles en prenant un peu dans la bourse des clients» témoigne un grossiste. Les différents ménages qui consomment du gaz domestique, font d’énormes efforts, pour se munir d’une bouteille vide de gaz (le prix oscille entre 20.000Fcfa et 22.000fcfa). Un sacrifice supplémentaire peut être interprété comme un « hold-up ».

Souley ONOHIOLO


A Yaoundé…: Les responsables de Sctm aux abonnés absents

Il y avait grand monde hier, mercredi 1er août 2012 à la base Sctm de Yaoundé-Mvan. Près d’un demi milliers de « candidats » à la recherche du gaz se sont mobilisés, chacun avec sa bouteille «orange », à l’effet de se procurer le précieux sésame. Ils sont venus de toutes les villes environnantes de Yaoundé. « Depuis deux semaines, il n’y a pas de gaz à Mbalmayo, ni à Ebolowa. La seule chose à faire c’était de faire le déplacement de Yaoundé. Cela fait deux jours qu’on vient faire la queue ici, mais il n’y a rien. Aujourd’hui, on voit le gaz, mais le service ne suit pas » explique Rose Ngono. Rien qu’à voir la foule en furie, les agitations et l’indignation des « chercheurs » de gaz, on a frôlé une rixe. La situation a atteint son comble avec la colère de la vingtaine des hommes d’armée, vexés de la grande attente. « Nous sommes là depuis 5 heures du matin, mais pas toujours servis » rumine un adjudant chef, en service à la garde présidentielle. Mêmes les assurances des contrôleurs envoyés par le ministère du Commerce, n’ont pas persuadé les chercheurs de gaz.

Selon certaines sources, beaucoup de gérants des dépôts de gaz, ont créé une pénurie artificielle, dans l’attente de la hausse des prix qu’ils savaient imminente. « Depuis que l’information sur la suppression des subventions fait l’objet de la propagande médiatique dans les organes de presse publics, les fournisseurs, cupides pour la majorité, dans le but de faire de gros bénéfices, font la surenchère et la spéculation en bloquant les stocks. Ce 1er août était très attendu. Si le gouvernement avait décidé de l’augmentation du prix du gaz, il n’y aurait pas de pénurie», lance dans la foule, un agent du Mincommerce.
Mais comment comprendre que les responsables de la base régionale Sctm de Yaoundé-Mvan, restent silencieux sur la question ? Comment expliquer que les approvisionnements en gaz se fassent avec densité et de manière récurrente dans la nuit ? « Le responsable n’est pas là en ce moment. Revenez lundi prochain, on va voir s’il peut vous recevoir ». L’air visiblement vexé, le ton grave et impertinent, le vigile qui tamise les entrées et sorties à la base régionale Sctm de Yaoundé-Mvan, est un véritable cerbère. Il ne laisse même pas au visiteur le soin de se faire identifier, ni même de présenter ce pourquoi, il est là. « Le responsable est en réunion, il ne reçoit pas. Non, il n’est pas là, on ne sait pas quand il arrivera. Il n’y a que lui pour donner les informations aux journalistes. D’ailleurs en ce moment, on gère les problèmes du manque de gaz et du ravitaillement des petits stocks disponibles » répond le policier en service à la Sctm.

A l’entendre, difficile de savoir, si le responsable en question n’a pas d’adjoint, ni même s’il est absent ou s’il ne s’agit que de la rétention de l’information. Et pourtant, hier, lorsque que par deux fois de suite nous approchons la guérite de la base Sctm de Yaoundé-Mvan, c’était davantage pour nous enquérir de la situation des frais supplémentaires à débourser au cas où, les bouteilles sont défectueuses. Mais face au mutisme doublé du jeu de cache-cache des responsables de Sctm de Yaoundé-Mvan, difficile d’en savoir davantage. Hors la note existe et circule dans les services de dépôt de gaz et cause des ennuis graves aux nombreux ménages appelés à s’approvisionner en gaz domestique.

Souley ONOHIOLO


A Douala…: On crie à la surenchère

C’est ce qui se dit à la Société camerounaise de transformation métallique (Sctm). Rendu mardi 31 juillet 2012à la direction générale à Bonabéri à Douala, on déclare ne pas avoir vent d’une telle situation. Et que le prix du gaz domestique, plus précisément la bouteille de 12,5 kg vaut toujours 6000 Fcfa. «Nous sommes dans un secteur où les prix sont homologués étant donné que nous bénéficions des subventions de l’Etat. Il nous est impossible de modifier le prix de notre propre chef», renseigne une source bien introduite au service commercial. Et de poursuivre : «Les prix peuvent varier en fonction des localités, mais la marge n’est pas grande et ce sont les prix déjà connus que nous appliquons. Nous n’avons pas augmenté les cours, il s’agit ni plus ni moins que d’une rumeur que je déments formellement».

Pour la source, les concernés font tout simplement de la surenchère à cause de la rareté du gaz. Ce que confirme le directeur d’exploitation. Joint au téléphone, Gérémi Dassi a plutôt l’air surpris «cette information ne nous est pas encore parvenue. Nous exerçons sous la coordination des agents du ministère du Commerce. Nous n’avons pas augmenté les prix.» Il propose des mesures répressives à l’endroit de ces vendeurs. «Ces cas doivent être signalés. Il nous faut juste identifier ces points de vente, d’informer le directeur d’agence de Yaoundé, parce que nous allons les faire arrêter.» S’agissant de l’éventuelle changement de leur bouteille, l’informateur est on ne peut plus formel : «La bouteille est une marque déposée. On ne change pas la marque ainsi. Nous sommes dans un secteur très réglementé, ce qui fait en sorte qu’on ne peut se lever un beau matin et décider de changer de bouteille. Nous travaillons par rapport à la norme camerounaise des bouteilles.»

V.T. (Stagiaire)

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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