|
L'élite de la Lékié qui porte plusieurs casquettes était de retour de son village, une localité dénommée Nlong Onambélé. Il y occupe les postes de président de la Sous-section Rdpc et vice-président du Conseil paroissial. A l'occasion du lancement du tournoi de football pour la période vacancière 2012, il s'y était rendu pour, entre autres, présider cette célébration. C'était au terme d'une messe, en ce dimanche 03 juillet 2012. Il est alors environ 22 heures, lorsqu'il prend congé de ses familles, amis et sympathisans. Au voyage qui le ramène à Monatélé, son véhicule de marque Rav 4 signale la crevaison d'une roue. S'étant subséquemment arrêté à l'effet de procéder à son remplacement et aidé par son épouse, une moto roulant à vive allure vient brusquement s'immobiliser à sa hauteur. Trois occupants s'y trouvent perchés, dont l'un déclare: "les voilà", s'avançant vers le couple, l'œil mauvais. Armé d'un fusil d'assaut de marque Kalachnikov, le premier se charge de le neutraliser, tandis que le second, machette au point, tient en joue son épouse. Quand au troisième, une autre arme d'assaut à la marque non identifiée bien accrochée en bandoulière assure le contrôle des alentours.
De l'autre côté de la route, une famille veille sur la tombe d'un jeune homme décédé à l'âge de 15 ans. Le théâtre de cette odieuse scène se situe au lieu-dit Ezezan, environ à deux kilomètres du carrefour Emana sur l'axe routier Yaoundé - Bafoussam. En cette nuit noire, les veilleurs apeurés n'osent s'aventurer vers une spectaculaire agression, au risque d'y subir de déplorables effets collatéraux. Ils abandonnent ainsi le couple à son triste sort. Commence alors une fouille systématique. Impudiques, ils plongeront leurs battoirs tenant lieu de mains, dans le corsage de l'épouse et en extrairont la somme de 200 000Fcfa qu'elle avait reçue de sa tontine le même jour, avant de s'emparer d'une autre somme de 150000 FCFA que possédait le délégué départemental. Au terme d'une minutieuse inspection, ils emporteront téléphones portables, autres objets de valeurs, clés du véhicule et en prime, le montant global de 350 000 FCFA. Ce n'est qu'après la réalisation de cet exploit, que les brigands abandonneront leurs proies, non sans leur avoir intimé l'ordre de ne rien révéler de cette tragédie, sous peine d'autres représailles, celles-là plus féroces encore.
Mais un crime, dit-on, n'est jamais parfait. L'un des trois assaillants, celui qui tenait en respect l'épouse, sera reconnu dans la ville de Monatélé moins de 48 heures plus tard. Alerté, le commandant de la brigade de gendarmerie lui tendra un traquenard dont il n'échappera point. C'est ainsi qu'un certain Mani se trouve en cours d'exploitation dans les services de sécurité, à l'effet de faciliter la capture de ses compagnons avant d'aller répondre de leur forfait par-devant les tribunaux compétents.
Cet énième braquage vient remettre au goût du jour la problématique de la prolifération des armes à feu, détenues par des criminels au Cameroun. Le phénomène qui a manifestement atteint la côte d'alerte interpelle les responsables concernés, la pratique prenant le visage glauque d'un terrorisme autant virulent que la pose des explosifs.
En attendant que le brigand Mani, révèle la provenance de leur armement, les pauvres populations quant à elles restent tétanisées, face à l'angoissante appréhension de telles crapuleries.
|