
Jean-Marie Moukam
Photo: © JMM
Depuis lors, tous les lobbies obscurs du régime agonisant de Yaoundé se livrent à un déferlement d’injures, de propos tranchés, de passions primaires, de fatwa sur l’illustre professeur, allant même jusqu’à le qualifier de « bandit politique »de «candidat des bamilékés» et que sais-je encore…
Un tel acharnement médiatique est symptomatique de l’ethnicisme d’Etat instauré par le régime autocratique et gérontocratique incarné par l’homme du 06 novembre 1982, créditant ainsi la thèse selon laquelle le chauvinisme ethnique d’Etat est endémique au Biyaïsme.
Dès lors, une question fondamentale se pose : Comment repenser la gouvernabilité dans un environnement où l’ethnophobie est érigée en éthique politique ?
Disserter sur la question n’est pas facile. C’est un sujet sensible et même délicat, pourtant, elle est au cœur même de la gestion du pouvoir politique au Cameroun.
Dans cette perspective, que devrait être l’attitude d’un citoyen appartenant à un pays dont la gouvernance depuis 30 ans est caractérisée à tous les remaniements ministériels par la sur- représentativité de l’ethnie du chef de l’Etat ?
On redoute les travers d’un tel débat et pourtant, nous sommes là devant un problème préoccupant de justice sociale et politique doublé d’une « villagisation » du Léviathan (Hobbes).
Y a-t-il des ethnies proscrites de toute conquête du pouvoir politique au Cameroun ?
La haine viscérale vouée par les cercles du pouvoir au professeur Kamto appelle un autre problème tout aussi essentiel : La manière de gérer les sociétés multiethniques de façon à garantir l’intégration de toutes les composantes de le société, à assurer la visibilité des minorités, à éviter la sur- représentativité de certains groupes au détriment d’autres ; car il n’ya de république que s’il ya égalité , et il n’ya d’engagement politique noble et digne que si celle-ci est contrainte par la recherche de la justice sociale.
Le renouveau national l’a royalement ignoré pendant 30 ans et a obtenu des résultats à l’envers de la rigueur, de la moralisation et du libéralisme communautaire qu’il nous avait présenté comme feuille de route en 1982.
Inverser cette tendance exige tant de passer d’une simple alternance au pouvoir à une alternance politique crédible que de trouver un homme et un programme qui le peuvent après le Renouveau national.
Jean-Marie Moukam
Président CCL-LIBERATION