Afrique: Aucune mise en examen des soldats français accusés de viol en Centrafrique

Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 03-Jan-2017   44909
Opération Sangaris Archives
Les juges français ont terminé leurs investigations sur les accusations de viols sur des mineurs portées à partir de 2014 contre des soldats de la force Sangaris alors déployée en Centrafrique, mais l'enquête n'a débouché sur aucune mise en examen.

Depuis mai 2015, trois juges d'instruction enquêtaient sur des accusations de viols commis dans le camp de déplacés de M'Poko, près de l'aéroport de Bangui, entre décembre 2013 et juin 2014, et visant au départ quatorze militaires français.

La force Sangaris, qui n'était pas sous commandement de l'ONU, était alors déployée depuis décembre 2013 pour restaurer la sécurité dans ce pays en proie au chaos, aux violences sexuelles et aux massacres entre communautés chrétienne et musulmane. L'opération française a pris fin en octobre.

L'affaire était restée secrète jusqu'à ce que le journal britannique The Guardian révèle fin avril 2015 l'existence d'une note confidentielle des Nations unies contenant les accusations d'enfants centrafricains faisant état d'abus sexuels en échange de nourriture ou de petites sommes d'argent.

Informé dès juillet 2014, le ministère français de la Défense avait saisi le parquet de Paris qui avait ouvert une enquête préliminaire avant de confier une information judiciaire à des juges.

 «Les juges français ont terminé leurs investigations sur les accusations de viols sur des mineurs portées à partir de 2014 contre des soldats de la force Sangaris alors déployée en Centrafrique, mais l'enquête n'a débouché sur aucune mise en examen», rapporte mardi l’AFP.

Six militaires désignés comme pouvant être les agresseurs des enfants ont été entendus, mais aucun n'a été mis en examen. Ils ont affirmé avoir donné des rations alimentaires, mais nié tout abus sexuel.

Toujours selon l’agence de presse, deux autres enquêtes, portant également sur des allégations d'abus sexuels qui auraient été commis par des militaires français déployés dans le pays, ont été ouvertes parallèlement sous l'autorité du parquet de Paris: l'une a été classée sans suite le 25 novembre et l'autre est toujours en cours.

Dans l'information judiciaire, il appartient désormais au parquet de Paris de prendre ses réquisitions avant une décision définitive des juges. Mais faute de personnes mises en examen, le dossier pourrait s'acheminer vers un non-lieu, apprend-on.

Auteur:
Otric NGON
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