Afrique - Football/Claude Le Roy: «Je regrette que Hayatou ne soit pas parti de lui-même»

Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 18-Mar-2017   47964 1
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Sergydukamer   132017-03-18 13:42
#1
Très belle analyse.
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Claude Le Roy Archives
L’ancien sélectionneur des Lions indomptables (1985-1988, 1998) indique que le Camerounais Issa Hayatou qui a perdu les élections à la présidence de la CAF le 16 mars dernier n’avait pas vraiment préparé cette élection, et qu’il n’a pas été très conseillé.

«Ses proches n’avaient semble-t-il pas pris la mesure de l’activisme du camp adverse. Je regrette que Hayatou, que j’ai connu au Cameroun quand j’étais le sélectionneur des Lions – il a été notamment Secrétaire général puis président de la fédération – ne soit pas parti de lui-même. Cela aurait été mieux pour lui que d’endurer une lourde défaite», a déclaré Claude Le Roy vendredi dans une interview accordée à Jeune Afrique, ajoutant qu’il ne croyait pas à une victoire du malgache Ahmad, «même si j’avais cru comprendre qu’Ahmad Ahmad, que je ne connais pas, était soutenu par Gianni Infantino, le président de la FIFA, lequel voulait se débarrasser de Hayatou».

Le «sorcier blanc» reconnait que beaucoup de choses ont été faites pendant le séjour d’Hayatou à la CAF: «Le nombre de places pour l’Afrique en phase finale de Coupe du Monde, le format de la CAN et des compétitions de club, la création du CHAN notamment. La CAF est en bonne santé financière, parce qu’il a su attirer des sponsors importants. En presque trente ans de présence, il a fait progresser le foot africain de manière évidente. Tout le monde, même ses détracteurs, peut s’en rendre compte».

Claude Le Roy attend du nouveau président qu’il agisse, «car tout n’a pas été fait par le passé». Notamment s’attaquer au problème de l’âge des joueurs, dans certains pays. «Au niveau international, l’Afrique est capable de gagner des titres chez les jeunes, mais pas chez les seniors. Il y a quelque chose qui ne va pas. Autre urgence: obliger les clubs de Division 1 en Afrique à avoir au moins deux équipes de jeunes engagées dans des championnats de jeunes. Il faut aussi mettre l’accent sur la formation des entraîneurs. On nous parle de Florent Ibenge (RD Congo) ou d’Aliou Cissé (Sénégal), mais ils ont été formés en France. Je sais que toutes ces politiques ont un coût, mais la progression du football africain passera par là», fait-il savoir.

Claude Le Roy souhaite que le nouveau président de la CAF développe un professionnalisme à l’africaine. Ainsi, «cela évitera à des milliers de jeunes Africains de tenter de rejoindre l’Europe ou l’Asie, et parfois au péril de leur vie, pour gagner trois francs six sous».

«Si on leur propose de bonnes conditions de travail dans leur pays, avec un contrat type, ils resteront. Pas tous, mais beaucoup. Il y a aussi quelque chose qui n’est pas viable : à 90 %, les sélections nationales dépendent totalement de l’État, y compris dans des pays comme le Sénégal ou la RD Congo. Ce n’est pas normal. Les fédérations doivent pouvoir trouver des sponsors. Que l’État aide, d’accord, mais dans des proportions moindres qu’actuellement. Il n’est pas normal que des sélections nationales ne puissent pas s’engager dans des qualifications pour la CAN ou la Coupe du Monde, car elles on ne leur donne pas les moyens de se déplacer», conclut celui qui a déjà passé près de 20 ans à la tête de 8 sélections africaines.

Auteur:
Otric NGON
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