Cameroun - Affaire Bicec: Les deux directeurs généraux fuyards seront-ils livrés à la Justice camerounaise ?

Par Wiliam TCHANGO | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 14-Sep-2017   3506
BICEC Cameroun Archives
Un conseil d’administration «délicat» de cette entreprise, filiale du groupe français Banque populaire Caisse d’Epargne (BPCE), se tient ce jeudi 14 septembre 2017.

Jean Baptiste Bokam, Président du Conseil d’Administration de la Banque internationale du Cameroun pour l’Epargne et le Crédit (BICEC) préside ce jeudi 14 septembre 2017, une session « délicate » du Conseil d’administration de l’institution bancaire. Selon le quotidien La Nouvelle Expression du mercredi 13 septembre 2017, il s’agit d’un conseil tenu secret  au cours duquel des sujets d’une importance capitale et même certains qui fâchent  seront débattus par ses neuf membres dont sept français et deux camerounais.

Parmi ces sujets, le sort qui sera réservé à Pascal Rebillard et Pierre Mahe, deux ex directeurs généraux de la banque française qui étaient partis du Cameroun à la suite d’un scandale financier dans cette institution. « Il est avéré que la Bicec a été victime pendant de nombreuses années  (au moins depuis 2003) de détournements de fonds significatifs impliquant des prestataires externes avec des complicités internes, principalement à travers la comptabilisations et de prestations fictives. Au 31/12/2017, les corrections déjà comptabilisées au titre des exercices antérieurs s’élèvent à 8,6 milliards FCFA », déclarait la banque dans son rapport annuel de 2015. Or, lorsque la Commission bancaire d’Afrique Centrale (COBAC), le gendarme des banques de la Sous-région, recommande la l’inventaire des immobilisations à la Bicec, indique la Nouvelle Expression, ce travail est confié à l’entreprise Seaca, dirigée par l’expert comptable Benoit Ekoka.

L’entreprise constate au terme de sa mission que les fonds des immobilisations s’élèvent à 9 milliards de FCFA. Des résultats que conteste Alain Ripert, le nouveau directeur général de la Banque qui accuse les responsables de Seaca de fraude. L’on s’étonne qu’aujourd’hui, la Bicec ait encaissé cet argent dans ses fonds propres, sans remettre en cause l’accusation de vis-à-vis de Seaca dont on pourrait estimer finalement qu’elle a effectué un travail propre. « La justice voudrait qu’en pareille circonstance, si l’on ne peut pas se condamner soi-même pour faux témoignage, qu’on présente au moins des excuses suivies des réparations », écrit La Nouvelle Expression qui regrette que les responsables de Seaca continuent de croupir dans la prison de New-Bell quand bien même les chefs d’accusation s’effondrent d’eux-mêmes.

Les observateurs s’attendent de toutes les façons à ce que la maison mère limoge ses sept administrateurs français pour faute lourde, et même de trahison. Les deux directeurs généraux susmentionnés, ordonnateurs des dépenses querellées devraient aussi passer à la trappe. « Les boucs émissaires qui n’étaient que des exécutants à l’instar du directeur général adjoint Innocent Ondoa Nkou et Samuel Nagando Mpondo, sont arrêtés et écroués à la prison de New-Bell à Douala jusqu’à ce jour. Il faut donc que, en toute honnêteté et justice, le conseil d’administration au perchoir duquel trône le camerounais Jean Baptiste Bokam, livre ces fuyards à la justice camerounaise. Et cela sera justice », Martèle une source haut placée dans l’administration camerounaise qui s’est confiée à La Nouvelle Expression.

Auteur:
Wiliam TCHANGO
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